UN NOUVEAU POÈME

J’hésite au seuil de ce nouveau poème

J’essaie les voix d’un chant fragile

Des images des paroles plus ou moins pures

J’écris je lâche les chevaux de la littérature

Ou symboliquement l’âne de la psychanalyse

Je noue le verbe d’un moi multiple

Avec le monde qui me tracasse

et à la limite me déchire

Mais il faut tenir il ne s’agit pas

De se défaire entre les lignes

De gâcher le travail du poème

Qui maintenant s’est écrit peu ou prou

Illusion créatrice ou commencement

qui n’en finit pas de nous étonner

UNE DERNIÈRE PAGE

C’est la dernière page de ce beau carnet rempli de mots chuchotés à mon oreille et que j’ai accueillis les yeux fermés : le feu, le sable, le corps, le cœur, la nuit, les songes, l’amour, la mer...

J’ai veillé à ce que chacun d’eux  s’insère dans un poème. Comme une forme minimale de rêverie éveillée à l’allure poétique, opposée à la bourrasque des mauvaises nouvelles ( et manières) du quotidien.

Et maintenant nouvelles plages d’écriture, nouveaux pavés, contre vents et marées, il faut continuer.

***

AUTRE CARNET

Face à la feuille de papier kraft – mer en deuil sur laquelle je flotte – Il y a la couverture de plastique noir C’est le carnet quatrième qui désormais va tel un crabe être épinglé sur la planche haute de ma bibliothèque Le carnet cinquième – ni tout à fait le même ni tout à fait un autre – s’ouvre sur ce vers inspiré par le poète du Tout-Monde Le laps des ans nous a paru d’éternité. Edouard Glissant 06 octobre 2015

UN POÈME EN SOUFFRANCE

Drôle d’objet verbal

Sorti d’un trou noir

Un hybride croisant

Spleen et idéal

Lumière et obscurité

Unissant avec l’oxymore

Le pointu et l’émoussé

L’esprit et la sottise

Il court il court le verset

Sur les terres brûlées

D’un poème en souffrance

Déployé sur la page

D’un livre ancien

Découpé au couteau

POÉSIE MODE D’EMPLOI

Autour de minuit la journée s’achève

« C’est l’heure de bloguer  sur poésie mode d’emploi  » affiche l ‘iPad sur lequel je prose ces quelques lignes

Cette poésie sans mode d’emploi (le titre du blog est un leurre)

Ce sera passé minuit maintenant un poème propulsé du bas vers le haut

Telle une flèche un javelot

Un poème contrarié au cours de son ascension par la gravité

Mais qui connaît l’instant insaisissable où il ne monte ni ne descend

En suspens

Un pur poème inexistant

POÉSIE MODE D’EMPLOI

Dix-huit ans d’obsession
Un texte chaque jour
Apparaître verbal
Sur ce blog de WordPress


Un texte à compléter
Un texte papillon
Comme un battement d’ailes
Pollinisant l’esprit


De l’Autre qui est en nous
Des autres qui le lisent
Dix-huit ans d’illusions
Et de belle utopie


Martigues 25 novembre 2024

ADIEU AUX POÈMES

Adieu au poème

Adieu toi que j’aime

Une fois dernière

Adieu à ta disparition

Adieu à ses lecteurs

disparus roulés dans

la farine des images

qui leur vident la tête

Adieu au don de soi

Donnant un nom

À toutes les choses

Qui ne font que passer

Adieu à l’art de trouver

Que sais-je À se sortir

des pièges d’un exilé

de l’intérieur

Adieu à la grande illusion

Adieu à l’assiette

Du rythme du monde

Du langage et du sujet

Adieu à la rêverie

À la chercherie

De l’espace du dedans

De la parole de l’arrière pays

Adieu basta ya

Tu as fait ton temps

Ça suffit

Vraiment ça suffit ?