OSCILLATIONS SURRÉALISTES

OSCILLATIONS SURRÉALISTES

Le père et l’antipère
L’ami et le frère ennemi
Les petits jeux du va-et-vient
et le Grand Jeu qu’on assassine
Les cyclistes et les cyclothymiques
Le tapage et l’occultation
L’outrance et l’outre vide
L’arcane 17 et l’arcane sans nom
Les amours jaunes et l’amour libre
Les champs magnétiques
Et les chants de Maldoror
Nadja et Rrose Sélavy
La fée Éry et Fata Morgana
Le mythe et la réalité
L’émotion et les motions
Les champs magnétiques
et le révolver à cheveux blancs
La griffe du lion et le sein de la vierge
Les balises et les balisiers
L’affirmation et l’effacement
Le groupe et le mouvement
Le crépuscule des dieux
L’aurore des paroles

& contre vents et marées
L’Amour la Poésie la Liberté

QUELQU’UN QUI PARLE DANS LA NUIT


Quelqu’un qui parle dans la nuit
En lisant des poèmes qu'il se donne l'illusion d'écrire
Que personne par conséquent n'a jamais lus

Des poèmes à qui il voudrait faire un sort
Et qu'il donne en pâture sur sa page
aux mots fourmis aux nuages à l’oubli

On ne saura jamais se dit-il qui les écrivit
Divisé mécontent sans espoir
Ou bien Uni dans la joie en chantant

Quelqu’un (croiront ses lecteurs peut-être)
Qui voulait renouveler le monde
De sa belle Utopie

Multipliant les mots de passe
Amont aval remous regrets
Remords râle gazouillis

Quelqu’un qui passe et disparaît
Quand tous les morts sont partis
Au grand bal des poésies

LE CHAT EST MAIGRE

Le chat est maigre 
Style Giacometti
Si vous voyez ce que je veux dire

C’est le chat des poésies
Qui rôde à minuit pile
Sur ma page stérile

Pas tout à fait cependant
Puisque ces lignes résonnent
Comme une corde métallique

Rien vous l’aurez compris
De l’ardente lyre de ce dimanche
Qui s’éternise sur la page

De la chanson du mal aimé
Rien d’un frémissement divin
Ou d’une extase languide

Et cependant maigres paroles
Ont fait mouvement filé la laine
De mon esprit et détendu mon corps

Mais personne n’est obligé de me croire

lundi 3 juin 2024 0h33

CENTON & MISCELLANÉES 51 à 55

CENTON Pièce faite de fragments d’étoffes rapiécés, si l’on veut. Ou bien l’étoffe se transforme en textes divers puisés dans nos livres et que l’on « colle » l’un après l’autre. Des ajoutages lit-on dans les notes accompagnant les paragraphes mis bout à bout, d’une œuvre qui n’en finit pas d’être rafistolée. Ou bien des miscellanées, du latin « miscellanea » : choses mêlées.

J’invite lectrices et lecteurs au gré de leurs lectures d’apporter à leur tour leurs petites pièces, leurs petits bouquets de citations.

JJ Dorio auteur du blog Poésie mode d’emploi

les citations, greffes capricieuses en apparence, impriment une magnifique éloquence au discours : les citations résidus culturels, s’incorporent de façon prodigieuse dans la structure car, au lieu de s’ajouter tranquillement au reste du texte, elles font en sorte que tous les deux s’entrechoquent, prennent une puissance imprévue et se transforment en un nouveau chapitre du livre.

Enrique Vila-Matas Paris no se acaba nunca Paris ne finit jamais

51

La poésie met le langage en état d’émergence.
La vie s’y désigne par sa vivacité.

52

Le mot OISEAU : il contient toutes les voyelles. Très bien, j’approuve.
Mais à la place de l’s, comme seule consonne, j’aurais préféré l’l de l’aile : OILEAU,
ou le v du bréchet, le v des ailés déployées, le v d’avis : OIVEAU.


53

Comme un couteau dans un fruit
Amène un glissant ravage
La mélodie au doux bruit
Fend le cœur et le partage
Et tendrement le détruit.


54

Ainsi se dessine l’utopie, la visée de ce blog intitulé,
un peu par provocation, un peu par dérision,
poésie mode d’emploi.
Ni modèle d’écriture toujours en mouvement,
ni, encore moins, modèle de vie,
mais, sans se bercer d’illusions,
incitation aux « extensions du domaine du don »,
sur les sentiers solitaires et solidaires
de la création.


55

Je veux rendre grâce au divin
Labyrinthe des effets et des causes
Pour la diversité des créatures
Qui composent le singulier univers
Pour Verlaine innocent comme les oiseaux
Pour le fait que le poème est inépuisable
Qu’il se confond avec la source des créations
Qu’il ne parviendra jamais au dernier vers.


51 Gaston Bachelard (27 juin 1884-30 avril 1962) 52 Francis Ponge (27 mars 1899-6 août 1983)
53 Anna de Noailles (15 novembre 1876-30 avril 1933) 54 Jean Jacques Dorio (24 mars 1945- ) 55 Jorge Luis Borges (24 août 1899-14 juin 1986)