Mon ange en miaulant s’assied sur mes genoux
Étrange dit Queneau
Être âne réplique Prévert
On a les deux pieds dans la fange
Il est temps de sortir une histoire de rechange

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Mon ange en miaulant s’assied sur mes genoux
Étrange dit Queneau
Être âne réplique Prévert
On a les deux pieds dans la fange
Il est temps de sortir une histoire de rechange

Aujourd'hui
Ce mot posé sur une feuille blanche
Et ma main remuant les cendres de l’Hier
À la recherche de sa dernière braise
Sur laquelle souffler
Aujourd’hui sans hésitation
Commençant pas à pas
Le chemin inconnu de ce poème
Que je découvre en l’écrivant
Plus lentement que n’allait Prévert
à l’enterrement de ses feuilles mortes
Ce Jour d’Hui
Vendredi 23 février
Deux mille vingt-quatre
AUJOURD’HUI
Ce mot posé sur ma feuille
comme la main remuant les cendres
pour souffler sur la braise de ce jour hésitant
Aujourd’hui sans hésitation
Refusant de prime abord
les rumeurs des radios du monde
Aujourd’hui commençant pas à pas
le chemin inconnu de ce poème
que je lis en l’écrivant
Plus lentement que n’allait Prévert
à l’enterrement de ses feuilles mortes
Au Jour d’Hui
JE VOIS CE QUE TU NE VOIS PAS
Je vois le soleil de nuit dansant la sardane sur un mur de Miró
Je vois le couloir entre la cuisine où nous vivions et…l’étable des vaches
Je vois le corridor et ses carreaux à fleurs bleues entrelacées
où je jouais au palet à la marelle et à tous les jeux de Rabelais
Je vois le bateau et la neige et la fleur de souci
les beaux vers et que sais-je l’estragon de la nuit
l’attente des nénuphars quand Monet prend le frais
le cri des canotiers Pulchérie! Népomucène!
Je vois et n’y vois goutte
mes poches sont trouées
et nul frou-frou au ciel
Je vois le père Prévert sous l’œil de son copain Doisneau
avec son ballon de rouge et son toutou à ses pieds
sur le quai Saint Bernard près de la Seine
Je vois Sainte Victoire
Ligne incertaine
Vague chapeau de gendarme
Morceau de craie
Je vois des vaches s’envoler de leurs prés
changées en vautours ou en chevaux légers
Et c’est l’homme de maïs de Miguel Angel Asturias
qui approche et me dit titubant :
– Hermano tu es cette fleur jaune
dans le va-et-vient du temps.

je vois Mathis (7 ans) et Jean Jacques (77 ans) faire danser leurs personnages noirs
l’air de rien refrain connu l’air venu j’enchaîne les paroles l’air le feu le souffle du fluide gazeux l’air la brise que brisent ifs et cyprès l’air qui donne cet air de famille d’une liste à la Prévert l’air sur l’aire qui sépare le bon grain de l’ivraie l’air délivré par ce pauvre hère tuberculeux l’air de Corbière poète maudit mort à trente ans de phtisie l’air de Tristan à sa jument Souris à Sir Bob à son chien Pope l’air de Titan satellite géant de Saturne l’air de Saturne morne et taciturne du père Brassens l’air d’un vanneur de blé aux vents 1 cependant que j’ahane cet air oublié que je te chantais 1 Joachim du Bellay