Pareil à un homme qui danse au milieu des ténèbres
Ainsi écrit celui dont nul ne lira les poèmes
Ovide
Pour Jean-Marie Corbusier
du Journal des Poètes
Les poètes sont souvent de la Revue
Éphémères fut en 1967 l’une d’entre elles
Le Journal des Poètes vient de boucler
ce mois de décembre 2023
sa 92° année
Les poètes chez Littré sont « ceux qui s’adonnent à la poésie »
Et l’Émile ajoute :
« il se dit aussi des femmes : Madame Deshoulières était un poète aimable »
Les poètes du bar Le Catalan
16 rue des Grands Augustins
payaient leur repas
en écrivant un poème inédit
sur les nappes en papier
Les poètes d’avant-guerre fréquentaient Le panier fleuri
un bordel sis 13 rue Grégoire de Tours à Paris
Les poètes ivres de trop de vin ne cessent de parler d’eux-mêmes afin de livrer à leurs frères humains cette image de poètes maudits « qui n’auraient pas dû naître » (sic)
Les poètes n’aiment pas l’argent : il n’a aucune valeur et doit circuler.
Leur poésie n’a pas de prix.
Les poètes aiment l’insignifiance :
Il ne s’agit pas seulement de la reconnaître,
il faut l’aimer, l’insignifiance,
il faut l’apprendre à l’aimer.
Milan Kundera
Les poètes ne font jamais que semblant de mourir
Les poètes... (à compléter)
Martigues 22 décembre 2023
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PH֠ŒNIX DE PAPIER
Ainsi toute ma vie jusqu’à ce jour aurait pu et n’aurait pas pu être résumée sous le titre : une vocation.
Marcel Proust (Le temps retrouvé)
Il est un jour proche où je vais fermer la porte à toute poésie nouvelle dûment estampillée par les revues « à l’ancienne », qui continuent ici et là à paraître, telles des phœnix de papier, contre vents et marées.
J’en ai assez
J’en ai trop
Dans mes tiroirs
Mes abris de jardins
Mes planches de hêtre
(et mes anciens frigos)
Il est un temps pour cueillir
(lire vient de legere :
cueillir par les yeux)
il est un temps pour faire le tri
brûler, jeter, donner, oublier
et faire le départ
entre les lectures qui nous maintiennent dans les ténèbres
et celles, à la semblance de l’amour,
qui sont plus fortes que la mort.
Phœnix n° 37 vient de paraître
JE FAIS LE SAUT PAR LA FENÊTRE
Faute de mieux, mes vers tournant
en rond,
Je fais le saut par la fenêtre.
Sur le pavé je rebondis,
comme le singe grammairien
dont on se moquait dans les revues textuelles,
naguère.
Faute de mieux, je fais le sot,
l’idiot inutile de la vieille métrique,
Métro, boulot dodo,
le dernier empaillé peut se voir dans une vitrine
du Museum d’Oxford (je crois).
Je crois en l’autre, je crois sans croix
et sans manière.
Je regarde par la fenêtre,
cet homme coupé en deux,
qu’affectionnait Breton.
Il aurait dû signer André.e.