Os antiguos invocavam as Musas Nós invocamo-nos a nós mesmos. Alvaro de Campos alias Fernando Pessoa Les Anciens invoquaient les Muses Nous, c’est nous-mêmes que nous invoquons. de la vie de la mort de l’esprit et du corps naissance d’un poème de Rimbaud ma Bohème un pied près de mon cœur de Baudelaire aimer à loisir au pays qui n’existe que sur la page de l’Invitation au voyage Aimer et mourir Subsumer notre mort Dans la maison où souffle L’Éthique d’un poème : les mots pour le dire le sujet et ses hétéronymes le monde qui s’imagine
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MANIFESTER sa puissance d’agir
Nous ne naissons pas libres, nous le devenons. Si la liberté politique doit certes protéger de la violence et garantir certains droits, sa véritable fin est de permettre à chacun de développer et de manifester sa puissance d’agir. Jean François Billeter
Manifester sa joie Ce n’est/ qu’un début/ Continuons le/ Combat Manifester sa peine Et nos amours autant qu’il m’en souvienne Manifester en ce long moment hors temps de Mai 68 ou le rêve d’une grève générale réalisé.e Manifester en faisant les affiches collectives des Beauz’Arts qui faisaient dire aux peintres qui avaient quitté leurs ateliers L’art c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art Manifester dans son usine qui n’avait pas été occupée depuis 36 Manifester ce désir d’art de vivre non programmé Manifester nos paradigmes humanistes perdus et retrouvés Manifester nos solidaritudes avec les personnes vivantes – et bien vivantes- à nos côtés Manifester avec Edgar Morin (l’heureux centenaire) la mise à distance de ces fameux concepts mis à toutes les sauces et qui nous saoulent : L’abstraction formalisatrice a fini par se prendre pour la quintessence de la réalité alors qu’elle en est la déshydratation Manifester avec grand soin son autodérision souffrant d’insomnie échangerais mes écrits de plume contre un sommeil de plomb Manifester son goût du pastiche et du pastis de Marseille : le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur de Mariani Manifester son côté marxiste tendance Groucho : si votre esprit s’égare, plus tard vous le retrouverez, mieux ça vaudra Manifester son désarroi devant tout manifeste sans contenu latent : Si vous avez compris, vous avez sûrement tort Manifester cette anaphore qui donne le tournis Manifester ces caractères pendant les uns aux autres qui s’agrippent et s’engrènent dans un réseau réfractaire à celui-là même qui l’a sécrété Manifestez !

JE DIRAI QU’UN POÈME EST LE BON TEMPS DE LA VIE
Je dirai qu’un poème me donne des raisons de passer du bon temps
Je dirai que ces raisons n’ont rien à voir
avec l’idéologie patheuse
(du mot pathos)
Je dirai qu’un poème me donne l’occasion de régler mes mots
compte tenu des choses
sans rien céder à la suie des paroles
aux expressions toutes faites des informes mollusques :
les gens qui parlent à tort et à travers
Je dirai qu’un poème se construit dans le corps
Dans l’être obscur qu’il s’agit par essais successifs
De mettre à jour
Je dirai qu’un poème n’est jamais acquis
Je dirai qu’un poème écrit, donné à voir,
Pour chaque lecteur, est différent
L’un s’y reconnaît en partie
Et ça l’apaise
L’autre le repousse, mais le lit
Et ça le tracasse
Je dirai qu’un poème est fait pour être réécrit
Italiques Francis Ponge
LE SENS DU SENS
– Et le sens du sens dans tout ça ?
– J’essaie de le doubler, mais le diable me rattrape toujours au tournant.
– C’est le double sens ?
– La figure de style, la syllepse qui louvoie entre les sens multiples d’un même mot.
– Une fuite en avant ?
– Un jeu de qui perd gagne.
– Drôle de jeu.
– C’est le jeu de « la vie » :
l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort,
a dit le médecin Bichat.
– Ça biche en quelque sorte !
– Biche ô ma biche.*
Une chanson d’amoureux écrite au crayon bleu.
* Franck Alamo
Dialogues intérieurs XXIII
CARNETS DE MAUX ET DE RÉJOUISSANCES
Carnets de mots de poèmes initiés par des citations
Carnets de confusions
Bons à jeter
Mais on y tient on y revient
On relit ce qu’un autre soi-même a écrit
Il y a dix ans vingt ans
Trente ans…cinquante peut-être
N’en jetez plus !
Carnets de vie
Pas celle qu’on a vraiment vécue
Mais celle dont on se souvient
« pour la raconter »
Vivir par contarla
Titre choisi par Gabriel García Marquez
pour son livre autobiographique
La vida no es la que uno vivió, sino la que uno recuerda
y como la recuerda para contarla
« La vie n’est pas celle qu’un être a vécu,
mais celle dont un être se souvient,
pour la raconter. »
Carnets de maux et de réjouissances
Écrits qui nous laissent indifférents
Ou qui peuplent nos jours et nos nuits
de cent ans de solitude
Cien años de soledad GG Marquez