Assez d’actions des mots ! Tracés à l’encre sympathique Sur les tombeaux des poètes Avides De laisser un message ultime Enfin débarrassés de leurs tics et retics : Textes sans e (sans eux, sans elles) Sonnets de voyous transformés en voyelles Rimes équivoquées Muse sans cesse invoquée Avec des Ô Et des métaphores filées Albatros fracassés sur le pont de vaisseaux fantômes Poèmes maudits planqués dans leur tiroir Ou dans une malle Pessoa Et même- pour en finir avec le jugement des dieux lecteurs - le tic suprême : juste avant leur dernier Grand Couac où ils mirent à l’encan anaphores, hypozeuxes, hyperbates (ou rallonges) , asyndètes, chiasmes… et autres tropes que les derniers saltimbanques des Figures ajouteront d’instinct à cette liste pour l’étrangler !
Author Archives: Jean Jacques Dorio
FAITES DE LA MUSIQUE
PERSONNE N’ATTEND CES PENTASYLLABES

PENTASYLLABES QUE PERSONNE N’ATTEND Personne n’attend Mes pentasyllabes Qui bouclent le mai Deux mille dix huit Personne sauf moi Moi moi moi moi moi Six mois mais lequel Vais-je activer ? Le moi haïssable ? Le moi adorable ? Le moi cancre las ? Le moi jeune enfant ? Le moi cogito ? Le moi égaré ? Poser la question C’est tous les briser Ces vers de cinq pieds Se feront sans moi Sans naïveté Sans faire d’histoires À dormir debout Assis dans son lit En suçant sa plume Témoin du refus De monomanie De monoculture Voilà c’est venu Graines dispersées De nos rêveries Les vers ont filé Voilà le dernier
CINQ QUATRAINS MALADROITS
Parler pour ne rien dire Ou parler comme on peut Tourner autour du pot Sans y laisser sa peau Faire et laisser dire Faire la part du feu À l’écart en a parte Accoucher d’un quatrain Quatre à quatre tourner Les pages du Littré Et soudain s’arrêter Sur une citation, scotché Qui ce qu’il aime plus regarde Plus allume son cœur et l’arde 1 Qui a écrit ce texte maladroit Range à présent ses flèches Dans son carquois 1 Roman de la Rose (orthographe actualisé)
ENFIN ON RESPIRE !
J’ai passé ma vie de lecteur (de 7 à 77 ans) à fuir Proust. Et puis, allez savoir pourquoi, alors que je fêtais mes 77 printemps, je suis tombé dans la marmite de Marcel. Lors, il n’est pas un jour où je ne prends pas le temps de touiller et de trouver dans l’œuvre reine de la littérature une inspiration décuplée. Telle cette grand-mère qui dans le jardin vide et fouetté par l’averse, relevant ses mèches désordonnées et grises pour que son front s’imbibât mieux de la salubrité du vent et de la pluie disait : Enfin on respire !