Je ne me suis jamais rongé les ongles Je ne me suis jamais étendu sur un divan Je ne me suis jamais couché de bonne heure Je ne me suis jamais surpris à me rouler les pouces Je ne me suis jamais dit qu’il fallait que je me secouasse les puces Je ne me suis jamais pris les pieds dans un tapis de Casino Barrière Je ne me suis jamais incliné devant SAS 1 Je n’ai jamais crié en mer SOS Je n’ai jamais écrit un roman commençant par Aujourd’hui maman est morte Ou peut-être hier 2 Je n’ai jamais eu la foi du charbonnier Je n’ai jamais tué, jamais violé non plus 3 Je n’ai jamais imaginé Sisyphe heureux Je n’ai jamais couru deux lièvres à la fois Je n’ai jamais signé un livre à la Foire de Francfort Je l’affirme mais -sait-on jamais- je ne le signe pas 1 Son Altesse Sérénissime 2 Albert Camus L’étranger 3 Georges Brassens Le Mécréant
Author Archives: Jean Jacques Dorio
CHANSON GRISE (une esquisse)
Ce bijou d’un sou Ligne de Verlaine Faisant de la rime Son souffre-douleur Halte à la rime Qui nous assassine Seule la nuance Faisait son bonheur Musique en transe Murmure intérieur Ce bijou d’un sou A repris ses aises On dirait Boileau En son vieux françois Égrenant les vers En critique acerbe Non on dirait pas Ici l’on charbonne On s’moque que Mal Herbe vint enfin ! Quoique c’est bien A Musant de relire Ces vieux rossignols Chantant pour les marquises Stop à ma chanson grise !
SOS COVID
SOS Covid SOS se vident Le stade et l’arène Le forum La fête foraine SOS Covid SOS on peine à reprendre la main en parlant dans un masque pour sonner le tocsin Persona per sonare SOS Covid Personne pour guérir La vie des Trépassés L’amour des traits passés Sur un bristol de deuil Sur les feuilles de nuit Écrites au galop Comme un malade SOS Covid SOS Maladeta Sur les chemins de pierre Où les cœurs essoufflés Se ferment et se bronzent SOS Covid Trop d’egos Trop de vide Dans les paroles Des gens de télé Et des spécialistes SOS Covid Le vide et l’énergie Le lâcher prise Le savoir de ne pas savoir Le retrait L’indicible
RADEAU DE PAPIER
Il faut essayer Voir ce que ça donne Radeau de papier Qui vous aiguillonne Vous embrouillamine Rameaux et ramilles On s’amuse même Avec Jean Philippe Les Indes galantes Les Forêts paisibles Le Baroque en fête Le luth le théorbe Cornet à bouquin On danse soudain Puis le cœur s’apaise Fibres vibratiles Diastole systole En bon équilibre Ça ne veut rien dire Note le docteur Il ne saisit pas La vague du texte Qui a fait voguer Radeau de papier

MARQUISE
-Alors Madame la Marquise
Vous sortez toujours à cinq heures du soir
Et tout va toujours très bien ?
-Faut croire cher Monsieur
Puisque vous l’écrivez.
-Et faut-il toujours croire ce turlupin
Qui prétendait sur l’air des lampions
Madame la marquise m’a foutu des morpions !
-Un plaisantin ce monsieur Brassens
C’était juste un coup de trompette
Pour exciter le peuple et les folliculaires
-Ah ! la la ! et ce vilain Corneille
qui sur ses vieux jours crut vous séduire
en prétendant que vous alliez vite faner
comme les roses de Ronsard.
-Tous deux ont trépassé mon cher
Et moi je me porte toujours comme un Ange.