ET TON CLOWN COMMENT QUI VA ?





– Et ton clown comment qui va ?

– Il a attrapé le Covid, il est flagala.

– Ah ! si mauvais ça pour les galas !

– Mauvais tri mauvais, Reusement les galas sont interdits.

– Comment ça interdits ?

– Frappés d’interdiction.

– Et en attendant tu l’as mis où l’Auguste ?

– Pendu au clou ! Comme le hareng saur.

– ?

– On t’a pas appris à l’école ?

– ?

– Le hareng saur de Charles Cros, voyons !

Qui se balance au bout d’une ficelle,

Devant un grand mur blanc.

– Non c’était pas dans la liste de mes récitations.

– Tiens ton ignorance m’a donné l’idée de mon prochain spectacle.

Pour son entrée mon clown montera à l’échelle et toc toc toc

Et au bout de sa ficelle on verra se balancer

Une bouteille de Corona.





Dialogues intérieurs XII

CRIS ÉCRITS COUR DE RÉCRÉ





– Quels sont tes cris préférés ?

– Les cris d’enfants dans une cour de récré.

– Et les premiers cris qui t’ont secoué ?

– Le cochon qu’on égorge sur la maie.

– Quel est ton mois préféré ?

– Le mois de Mai 68, le vrai que j’ai vécu

et ceux que je revisite chaque année.

– Et ton mois détesté ?

– Mai pour le 25 de l’an 2014

Dont je ne sais pas faire mon deuil.

– Quelle est l’expression que tu préfères ?

– Je sais bien…mais quand même.

– Que cherches-tu en écrivant un poème ?

– À l’écrire…lancé par un débit sans fin.

À sortir des cris, des mois, des saisons et de moi,

À me disperser tout en faisant jouer

les ondes de choc des mots

sur les choses, sans rien perdre du cœur

qui bat sur la page de la géographie mentale,

et du passage de la lumière

sur une cour de récré pleine de cris d’enfants…









Dialogues intérieurs XI

UN DIALOGUE INTÉRIEUR PEUT EN CACHER UN AUTRE

Nous survenons en quelque sorte, au beau milieu d’une conversation qui est déjà commencée et dans laquelle nous essayons de nous orienter afin de pouvoir à notre tour y apporter notre contribution. Paul Ricœur





– Je te remercie de bien vouloir continuer à répondre à mes questions sur ce dialogue intérieur que nul ne lit.

– Mais c’est le concept non ?

– Je sais bien mais quand même il arrive que des journaux intimes soient édités.

– Journaux faussement intimes. En revanche pour nous deux, tu es bien placé pour le savoir, il s’agit de véritables dialogues intérieurs.

– Tu peux en donner une preuve au lecteur ?

– Bien sûr, quand nos dialogues intérieurs feront l’objet d’un livre, il serait inconcevable qu’un autre que toi m’interroge pour en parler à la télévision.





Dialogues intérieurs XXI

UN P’TIT COIN D’PARADIS





– Tu te souviens de je me souviens de Georges Perec ?

– Très bien, c’était en 1978. À l’automne j’ai rejoint ma belle aux Martigues,

dans notre nid douillet de Paradis Saint Roch.

– Ah bon tu as vécu au Paradis ?

Un ptit coin de parapluie

Contre un coin d’paradis

Ce refrain de Brassens m’a inspiré une chanson.

– Et on peut l’écouter ?

– Y a qu’à demander !

Dialogues intérieurs XXII

un ptit coin d’paradis paroles musique interprétation JJ Dorio
enregistrement 2016 studio Le Petit Mas Martigues

TU TE SOUVIENS DES PROBLÈMES DE TRAINS ?





– Tu te souviens des problèmes de trains ?

– Pas très bien.

– Mais oui rappelle-toi, c’était pour nous embrouiller quand nous naviguions de conserve à la petite école.

Ils partaient de deux villes éloignées, ils ne partaient évidemment pas à la même heure, ils roulaient à des vitesses différentes, ridicules antétégévé. Et la question était « À quelle heure doivent-ils se rencontrer ? ». Tu percutes ?

– Ça me fait penser à la rencontre accidentelle d’un poète et de son dernier lecteur. 

– Puis, après les trains, il y avait les problèmes des clous que l’on enfonçait dans des planches de différentes épaisseurs, pin, chêne ou épicéa, etc.

– Arrête tu vas me faire devenir marteau !





Dialogues intérieurs XVIII