Je n’ai jamais concouru à un prix littéraire Je n’ai jamais couru le marathon de New York Je n’ai jamais trempé madeleine dans mon thé Je n’ai jamais attendu Madeleine pour l’amener au cinéma Je n’ai jamais pensé que la langue était fasciste Je n’ai jamais conduit de Ferrari ni de semi-remorque Je n’ai jamais extrait de gaz de schiste Je n’ai jamais écrit d’odelette à Odette Je n’ai jamais grimpé comme le gros Gustave sur les pyramides Je n’ai jamais donné un sou à un psychanalyste Mais c’est moi je l’avoue qui (peu ou prou) ait commis cette liste
Author Archives: Jean Jacques Dorio
LE TEMPS BIFURQUE
Le temps bifurque perpétuellement vers d’innombrables futurs. Borges. Dans l’un de ces futurs passés, vous lisez ce fragment, le jour du solstice d’hiver (ce 21/12/2020), dans un autre vous faites une partie d’échec avec Ts’ui Pên, qui gouverneur du Yunnan renonça au pouvoir temporel pour écrire un roman en forme de labyrinthe, dans un troisième, d’un pinceau minutieux, vous écrivez sur un papier jadis cramoisi, maintenant rose et quadrillé, comment être moderne en étant anachronique, catachronique, parachronique, achronique, etc… Daniel Oster 1938-1999 Rangements


DAHLIA
Sabres cachés dans les sables du Sahara Ah ! ça ira ah ! ça aura l’air d’un désert sans palmeraies pour prendre date J’ai reçu jadis une carte postale de Ghardaïa Sans un mot Avec juste la trace d’un doigt passé sur la terre ocre Et une signature Dalhia Je l’avais connue ailleurs Sous un manguier des Amériques Où les fruits sauvages laissaient des fils entre nos dents Dalhia ton nom n’en finit pas de hanter cette fable offerte Aux amoureux des lettres que l’on se remémore Mais que l’on a définitivement perdues
CRÉER SA PROPRE LANGUE
Créer sa propre langue c’est un truc de fou ça…de fou de littérature parti en des contrées indéterminées…des années durant nourrissant en secret ses nuits de mille et une pages…qu’il brûle la journée suivante…jusqu’au jour (une nuit magique) où la langue unique et singulière prend…sur un premier cahier que l’on nomme roman du côté de chez Swann…ou bien poèmes faisant bouquets de fleurs du mal…lors les phrases en prose ou les antiphrases écrites en vers…prennent leur envol créant la propre langue de ce forçat d’une écriture…qui bat et rebat les cartes d’un je multiple…jugé par les premiers critiques qui n’ont jamais lu rien de tel…de folie pure…
L’ŒIL MARRON AVEC UN PEU DE VERT
Je m’aperçois ce soir que mes travaux divers Ont omis du portrait de ce faiseur de vers Qu’il avait l’œil marron avec un peu de vert Plaisanterie à part le même entre deux verres Aimait pincer sa lyre sur un chant du Cap Vert Une morna sodade nostalgie au grand air Où l’on pleure et l’on rit comme faisaient trouvères Qui enchainaient leurs rimes, été, printemps, hiver.