JE SUIS COMME JE SUIS UN AUTRE MON SEMBLABLE





Je suis comme je suis Juliette chantant Prévert

Je suis comme je suis ce maître chinois rêvant d’un papillon

Je suis comme je suis le scribe intégrant toutes les langues de Babel

Je suis comme je suis le singe grammairien sautant sur les sonnets du Rien

Je suis comme je suis l’adolescence Clémentine

Je suis comme je suis le propre et le figuré

Je suis comme je suis la voix de Schéhérazade

Je suis comme je suis le papillon qui rêve de Tchouang Tseu

Je suis comme je suis l’artiste dramatique assis sur son petit banc de tortue morocoy

qui dicte ses derniers mots à la mer de tous les récits





9 juin 2020 01h06

GRAPHIES





GRAPHIES

Ça dépend de mes stylos, de mon état corporel, de mon attention minutieuse aux caractères nés de l’aurore ou lancés dans des lignes emballées la nuit. Le contraire peut se produire.

Ça dépend de l’heure, du lieu : ceci par exemple est écrit au lit, appuyé à l’oreiller, le carnet sur mes cuisses repliées ; mais j’écris aussi, à la saison, dans le hamac, sur le petit espace de la table devant l’ordi, ou debout le papier sur l’imprimante ou sur mon dictionnaire de base, le Petit Robert ; j’écris dans le bois de pin, assis sur un arbre à l’horizontale que le vent ou la vieillesse déracinèrent ; j’écris assis au raz des vagues de la plage du Casino de Fos sur mer, le cul dans la petite chaise de toile, pour pas tomber de haut, comme disait Montaigne pour se moquer des rois…

Ça dépend du support, cahiers d’écolier, feuilles blanches A4, petites cartes de visite, ou bien de tous les formats, carrés, oblongs et de toutes les couleurs, on n’écrit pas sur du rouge comme sur du noir, blanc sur noir c’est extra; j’écris aussi sur presque tous les livres que j’épuce, par exemple sur l’Homère, de Pierre Judet de la Combe, que je viens de farcir de mille textes écrits en rouge dans la rumeur, kleos, de l’Odyssée ou en bleu quand par hasard un oiseau ou papillon venait interrompre les grands récits mythiques…

Ça dépend de bien d’autres choses, que je te laisse imaginer…

"Un dictionnaire à part moi"
(patchwork in progress)

il ne dit jamais rien de lui dans ses poèmes il raconte Achille il raconte Ulysse et les autres parfois il engueule un de ses héros quand il déraille ou va se faire idiotement tuer
poète est le travail de toute une vie on s’y attelle chaque jour avec le rythme les cadences des histoires réglées comme sur du papier musique ou qui parfois par incapacité de les relater tombent à l’eau

POUR SECOUER BRAISES ET CENDRES DE LA NUIT

double page sur carnet kraft A6




POUR SECOUER BRAISES ET CENDRES DE LA NUIT





J’ai repris mon papier Kraft et le format A6

Je vais essayer de l’étonner lui jouer des tours d’araignaies (sic)

-première erreur non volontaire d’orthographe

mais comme il est interdit ici de raturer

il n’est en revanche pas interdit d’en profiter

pour d’araignée faire une araigne –





Ce règne de l’écriture en pattes de mouches appliquées

afin de reprendre, l’exercice passé, le sommeil

J’ai repris mon carnet préféré d’insomnie

avec le stylo noir 0,7 médium ou 0,5 pointe fine

C’est parfait





Voilà

Le premier jet où le petit homme a laissé son cheval s’égayer

« à sauts et à gambades » comme celui du cavalier de Montaigne,

le premier jet est terminé





Il s’agit maintenant de faire plus mesuré

plus raisonné

mais toujours avec ces graines de folie

qui secouent braises et cendres de la nuit





8 juin 2020 3h56

diction

UN POÈME MAIGRELET

une page mise en scène de 25 personnages en quête de lecteurs




C’est un poème maigrelet

À mesure qu’on le lit

Il disparaît





Il sort des yeux comme l’on dit

De quelqu’un de fat

Ou d’un livre out





Et dans la bouche c’est la voix off

Au goût de cendres

Et de haillons





Inactuel et maigrelet

Il meurt il meurt

Et disparaît

C’EST UN GROS POÈME

tel quel 07/06/2020 3h du mat nb Eurydice devenue involontairement Euridyce m’a déjà pardonné
C'est un gros poème mais penchant plutôt  côté  prose
C'est le marker à grosse pointe qui l'a écrit
C'est un poème lourd de l'esprit d'un rêve pas marrant
Bien que la vérité sortant du puits d'Oedipe 
Ça ne m'a jamais fait prendre mon pied 
C'est un poème d'Orphée qui ne se retourne pas
et pour cause
Son Eurydice l'a précédé quand ils sortaient des Enfers
C'est un poème d'amoureux éternels

(question aux lecteurs 
lequel préférez-vous
du poème premier à la main 
ou du second au clavier

question subsidiaire :
et votre "gros poème"
si vous l'écriviez :
qu'est-ce qu'il donnerait?)



diction
Dorio
et la voix lointaine
mais belle et grave
de Montserrat Figueras
07/06/2020