JE FAIS LE SAUT PAR LA FENÊTRE





Faute de mieux, mes vers tournant

en rond,

Je fais le saut par la fenêtre.

Sur le pavé je rebondis,

comme le singe grammairien

dont on se moquait dans les revues textuelles,

naguère.





Faute de mieux, je fais le sot,

l’idiot inutile de la vieille métrique,

Métro, boulot dodo,

le dernier empaillé peut se voir dans une vitrine

du Museum d’Oxford (je crois).





Je crois en l’autre, je crois sans croix

et sans manière.

Je regarde par la fenêtre,

cet homme coupé en deux,

qu’affectionnait Breton.





Il aurait dû signer André.e.

                                                                                                                            

SAUVER L’HIVER

Jacqueline Saint-Jean
"apaise les paupières
accueille l'oubli
C'est l'heure sans bords
où l'horizon s'allège"
Faites venir chez vous son dernier recueil qui vient de paraître
et glissez-le sous votre arbre de Noël
Encres Vives
2 Allée des Allobroges
31770 Colomiers
6,10 €




lecture jj dorio
vue de mon jardin 13/12/2020
pour jacqueline saint-jean

AVANT LE PREMIER MOT LE POÈME EST ÉCRIT





Avant le premier mot le poème est écrit

Il a tourné ta langue t’a donné l’impulsion

Dans une tête vide Sans aucun des feuillets

qui composent un livre – paradoxe insolite





(Maintenant tu les comptes Tes quatre alexandrins

ont fait 8+10+8+6 trent’deux)





Paradoxe insolent tu fais de ta tortue

la témoin attentive de toutes tes battues

Batucadas impromptues près du fleuve Amazone

La tortue à l’époque s’appelait Morocoy

Elle servait de siège aux indiens fatigués

D’avoir passé la nuit en chants hallucinés





Ce poème aux cent mots il faut vite l’oublier


	

SOLIDARITAIRE suivi d’un ABÉCÉDAIRE CAPRICIEUX

solidaritaire un mot-valise qui me va comme un gant
le dictionnaire capricieux : gérard genette marcel proust
solidaritaire
un abécédaire capricieux
les Noms et l’inconnaissable Marcel Proust

L’OCTOSYLLABE ÇA REPOSE





L’octosyllabe ça repose

-ici j’ai marqué une pause-

S’arrêter avant de lancer

la machine d’un fier poème

C’est humain mais c’est pas malin





Bon maintenant j’y suis je pense

Je passe sur le pont de Cé

-où c’est Cé ? c’est où vous voudrez-

Un livre ancien dans ma besace

Vie ordinaire de Perros

En vers de huit pieds s’il vous plaît





L’octosyllabe ça repose

Mais faut pas trop lui demander

Ainsi j’ai souvent remarqué

-pensée plus ou moins tourmentée-

Que poésies qui vont le monde

S’égarent souvent dans sa prose

Combien de femmes dans une rose

Et combien d’hommes dans un homme ?*





*Georges Perros Une vie d’homme