Il faut essayer
Voir ce que ça donne
Radeau de papier
Qui vous aiguillonne
Vous embrouillamine
Rameaux et ramilles
On s’amuse même
Avec Jean Philippe
Les Indes galantes
Les Forêts paisibles
Le Baroque en fête
Le luth le théorbe
Cornet à bouquin
On danse soudain
Puis le cœur s’apaise
Fibres vibratiles
Diastole systole
En bon équilibre
Ça ne veut rien dire
Note le docteur
Il ne saisit pas
La vague du texte
Qui a fait voguer
Radeau de papier
manuscrit avec un ajout « sans plaisir il n’est pas d’art »
-Alors Madame la Marquise Vous sortez toujours à cinq heures du soir Et tout va toujours très bien ? -Faut croire cher Monsieur Puisque vous l’écrivez. -Et faut-il toujours croire ce turlupin Qui prétendait sur l’air des lampions Madame la marquise m’a foutu des morpions ! -Un plaisantin ce monsieur Brassens C’était juste un coup de trompette Pour exciter le peuple et les folliculaires -Ah ! la la ! et ce vilain Corneille qui sur ses vieux jours crut vous séduire en prétendant que vous alliez vite faner comme les roses de Ronsard. -Tous deux ont trépassé mon cher Et moi je me porte toujours comme un Ange.
Il était vieux, la vérité était devenue plus étrange encore que ses fictions…
Salman Rushdie Quichotte
Je tisse un canevas
De Commedia del Arte
Je lis Casanova
Franc-maçon libertin
Poursuivant sur Arte
Gentes dames et catins
Une fille sous le pont
Exalte la rime d’Hugo
Ô lavandière incendiaire
Dit-il frais barbouilleur
C’est léger gai et tendre
C’était du temps que j’étais jeune
Ecrit-il avec maladresse
Vieil homme Sois indulgent
Et si tu en es encor capable
Sur ta lettre à la bonne adresse
Ecris donc un post-scriptum
Faut pas en dire plus
Cacher les mots sous la cendre
Son crâne rempli de poèmes
(Une image de Maïakovski)
Faut dire adieu à la rime
À la vision crépusculaire
Rencontrée sur le boulevard du Crime
Faut dire Adieu à Nerval
Retrouvé pendu à un réverbère
Rue de la Vieille-Lanterne
Faut en finir avec la desdicha
-le mal/bonheur-
et le desassosego
-l’in/tranquillité-
Ou bien les consommer
Ni trop Ni peu
Vous qui avez du plomb dans la tête
Fondez-le pour en faire de l’or surréaliste
Le panneau ainsi rédigé
Apparaît sur mon écran
Ce 17/01/2022
À 19 heures pile
C’est un clin d’œil de ma fille
Qui me l’envoie depuis le MET 1
Qu’elle visite « en direct »
Du coup je m’y remets
Je reprends à pleine main
Cette corde raide de notre espoir 2
Qui me hisse vers le royaume
Des mots qui me viennent
Comme la limaille à l’aimant
Comme Poisson soluble 3 pour l’amante
Qui transperce le cœur du docteur Freud
À Vienne
Vous qui avez du plomb dans votre coquille d’œuf
Mettez-vous en mode pilotage automatique
Au milieu des arabesques et de ce tangage 3
Qui vous permet de voir derrière vous
Sans vous retourner
La bête aux écailles roses 3
Celle qui porte en ses entrailles
L’Or du Temps
1 Metropolitan Museum of Art in New York
2 Suzanne Césaire
3 André Breton
4 Julien Gracq