Les gaz incolores sont suspendus Deux mille trois cents scrupules Neige des sources Les sourires sont admis Philippe Soupault André Breton Les champs magnétiques Logés dans la coquille de l’inconscient freudien Deux pagures s’abandonnent à l’écriture sans fin à toute vitesse et à quatre mains. Ils sont jeunes, ils ont faim. C’est le printemps premier après la guerre atroce Des nuits durant ils ont arpenté le boulmich Laissant aller la langue des mots libérés de servitude volontaire. Et maintenant, en avant l’écriture « automantique ! » Avec des arrêts, des lectures en sourdine, Des reprises vrombissantes, des cris et chuchotements, Des moments où la nuit devient l’aube hallucinée. Les rires étaient admis avec la subversion, le dialogue intérieur, le vice de construction, Toutes les graines ensemençant encore nos Champs Magnétiques !
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J’AI CRIS & FIRMAMENTS
J’écris dans l’éphémère cherchant le permanent
J’écris de thébaïdes et d’archipels ancrés dans l’irréel
J’écris glanant éclisses et firmament
J’écris brindilles et branches charpentières
J’écris dans l’espace que m’octroie le temps intemporel
J’écris à l’épreuve de maints coups de martels
J’écris Orion de Bételgeuse et de Rigel
J’écris dans les pas d’un chasseur des Vigies
Qui ne sait jamais d’où va venir
Le mot qui tue ou régénère
RATURES & RAYURES
Ratures et rayures
Faute de mieux
Tu fais le zèbre
Sur cette page
Où tu peines
Entre traces et biffures
Ta main qui écrit se désespère
Rompt le ronron
Se désinspire
Degré zéro de ton algèbre
Cette carte à gratter le temps perdu
Tu la déchires
Ratures et rayures Faute de mieux Tu fais le zèbre
Sur cette page Où tu peines Entre traces et biffures
Ta main qui écrit se désespère Rompt le ronron Se désinspire
Degré zéro de ton algèbre Cette carte à gratter le temps perdu Tu la déchires
MOURIR
Mourir la moue le verbe boudé jusqu’au bout
Mourir l’amour au temps des encriers des conjugaisons aux odeurs de violettes
Mourir la mourre au hasard des cinq doigts soufflant le chaud et le froid
Mourir l’amer la pointe rouge d’un phare le leurre des bougies aux cornes d’un troupeau d’animaux de paroles
Mourir fantôme dans un livre d’heures où tous les mots se brouillent dans un corps qui aspire au grand repos
PRESQUE RIEN
Presque rien on dirait
Ce je-ne-sais-quoi
D’un philosophe prolixe
Presque rien comme un sketch
D’un humoriste marxiste
(tendance Groucho)
Presque rien je te porte
Cette nuit sous la vague d’Hokusai
Ce fou de dessins qui porta -dit-on-
une centaine de noms
Presque rien je m’attarde
Sur cette forme vague
Évoquant un vers de Jadis
Mais je ne m’en chaut guère
Presque rien on dirait Ce je-ne-sais-quoi D’un philosophe prolixe
Presque rien comme un sketch D’un humoriste marxiste (tendance Groucho)
Presque rien je te porte Cette nuit sous la vague d’Hokusai
Ce fou de dessins qui porta -dit-on- une centaine de noms
Presque rien je m’attarde Sur cette forme vague Évoquant un vers de Jadis
Mais je ne m’en chaut guère