Ma vie sans moi
Ah ! quel beau titre
À plus d’un titre
Ma vie sans mézigue
Mais dans une figue
Une noix un coing
Ma vie de clandestin
Passager d’une page-poésie
Non traduite
Ma vie sans toi
Qui est partie
À pas légers
titre Armand Robin (1912-1961)
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Ma vie sans moi
Ah ! quel beau titre
À plus d’un titre
Ma vie sans mézigue
Mais dans une figue
Une noix un coing
Ma vie de clandestin
Passager d’une page-poésie
Non traduite
Ma vie sans toi
Qui est partie
À pas légers
titre Armand Robin (1912-1961)
Covid ou Corona le temps est à l’angoisse
Dans les bars plus un chat et dans les rues on s’masque
Opération survie moi je lis Lao Tseu
Plus on va loin moins on connaît
C’est le moment de pas bouger
Corona ou Covid je chine dans mon grenier
Mes Fantômas surgissent dans le silence
Robert le Diable allonge son ombre immense
Fantômas qui êtes aux cieux
Sauvez la poésie
Covid ou Corona moi je prends la tangente
dans les livres secrets que rien ne décourage
Je lis et fais ces vers mâchés
Par mille ans de poésie françoise
D’équerre ou de guingois
Ils passent…Nul ne les voit
citation Fantômas Ernst Moerman (1933)
Mots de poètes qu’on ne lit plus :
les frondaisons
l’ache
les philtres d’amour
l’épilobe en fleurs
le serpolet
Quant au bonheur :
Il a filé !*
* Paul Fort
Le prince des Poètes
Marianne Renoir Anna Karina Jean Luc Godard
Demandez le programme de Pierrot le Fou
Du peintre Auguste Renoir et de son fils Jean
Qui tourna Nana (1926) Bovary (1933) Toni (1935)
Qui se passe pendant la construction du pont
de chemin de fer qui enjambe le chenal de Caronte
aux Martigues où l’inconnu qui prose ces lignes habite
C’est fou d’écrire ça non ? « C’est bien plus fou que ça »
dit une autre Marianne Renoir à Octave Milton
qui s’empresse de le transférer par conversion numérique
à son ancienne amante amie mentor Livia Colangeli*
Mais foin de Cinéma et de Littérature (tout le reste)
La cavalerie de l’armée du vers**
Passe et repasse sur ma page
Cette énergie engendrée par le rythme
et la rime de mille ans de poésie française
que plus personne à présent réellement ne lit
Personne pourtant ce n’est pas rien
C’est le héros de l’Odyssée
Complètement timbré
De vouloir revoir sa Pénélope Renoir
Après la Guerre de Troie
(Au fait a-t-elle bien eu lieu ?)
Et « personne » c’est le masque du Covid
notre actuelle tragicomédie
« Per Sonare » croit-on en vain
la fin de la pandémie
(à suivre)
*Lise Charles (La demoiselle à cœur ouvert) 2020
*Jacques Réda (Quel avenir pour la cavalerie ?
Une histoire naturelle du vers français) 2019
Sale temps pour grenadiers et voltigeurs de vers
Grenadiers ?
Ceux et celles qui dégoupillèrent la parole
sur les murs de Mai 68 :
Je suis un minoritaire né. Les plus forts, je suis contre.
Voltigeurs ?
De nos affects et de nos émotions, mises en mots,
mis en maux, avec tous les charmes voués à la forme.
Du vers ?
Toujours en mouvement,
si l’on ne veut pas qu’il nous étouffe,
mais jamais ignorant nos phares dans la nuit,
de Marot à Hugo, de Verlaine à Valéry.
Ainsi du sale temps je n’en ai cure
Et du vers je parcours son champ illimité.
(Oublions ces deux vers empreints de gravité)
Sous les pavés ma plage, de sable et de graviers,
Il n’y a pas d’avant-garde, il n’y a que des gens en retard.
italiques Jacques Réda, Romain Gary, anonyme Mai 68.