Faire lever
comme un bon pain
des poèmes
des inédits
comme on dit
Ou bien
Pousser la porte
simplement
Sans attente d’images
Mais en revoyant
ému
Celles de ton jardin d’enfant
Et se souvenir
Que l’amour a été
Tout pleins d’été
Où l’on faisait
lever des poèmes
comme du bon pain
sans fin
UN RÊVE SUFFIT
Un rêve suffit
Un rêve de vert
dans le petit val
où l’on achève bien
les pioupious
Un rêve de rhythm and blues
de guitare électrique
mordue à pleines dents
dans le soleil couchant
Un rêve éveillé
Sur l'ardoise enchantée
Que j'ai longtemps hésité
à te confier
PAGES D’ÉCRITURE
Je me bats chaque jour avec mes pages d’écriture
Je parle comme disait Montaigne au papier
Je voyage dans les mots que je ne connaissais pas
(cette nuit c’est berloque et talharpa)
Je me frotte aux passages qui me fécondent :
sur la mémoire et l’oubli
la guerre et la paix
la dispersion et l’identité
les exercices de style
et le livre de l’intranquillité
Bercé au gré des longs courants
Qui serpentent entre les pages
Quand j’écris au galop
Je n’ose pas me relire
Et quand je me relis
J’entends un disque rayé
DON’T WORRY BE HAPPY
Couinements et grimaces
Petits cris syncopés
J’assiste à un concert jazzy
Je vois les musiciens
Autant que je les entends
Puis je fais comme eux
Qui en jouant ferment les yeux
Et c’est le miracle
la musique improvisée
entre en moi et me métamorphose
Ne t’en fais pas et sois heureux
D’UN TRAIT DE PLUME
D’un trait de plume
encore
J’illumine la nuit
de ma maison natale
Face à l’église qui sonne minuit
Ma maison disparue
ainsi que tous ceux qui l’habitèrent
de la cave au grenier
Et j’oublie les paroles
les images perdues
Juste cette rencontre
D’un trait de plume
encore
Qui me maintient en vie