SOIS DANS LA SOLITUDE UNE FOULE À TOI-MÊME




Croiser et décroiser, les pensées, les paroles et les doigts
Croiser et décroiser, un petit écart cependant,
une virgule ou un mot de travers,
et nous voilà ailleurs,
là où les autres ne sont pas allés…


Ici et maintenant,
Où l’on écoute un air de la moitié du siècle XX

Où l’on revisite « Solitude » d’Ellington
c’est doux mais non doucereux,
c’est Johnny Hodges et Paul Gonsalves.

Et pour le même titre,
on se plaît à suivre les gloses de Montaigne,
croisant et décroisant ses lignes
avec un poète latin qu’il récitait ainsi :


Sois dans la solitude une foule à toi même.

SALLE DES POÈMES PERDUS

Tu grignotes dans la nuit ce biscuit inactuel 

que l’on appelle encor – semble-t-il ? – un poème

Avec la craie qui le traça sur le tableau noir de l’enfance
Avec le stylo feutre bleu qui enjambe les ponts et les refrains présents
Avec tes doigts de vieux copiste aimant les lettres illuminées
Ensuite c’est la grande inconnue

Salle des poèmes perdus