Giboulée de novembre Flamants se serrent sur l’étang Un arc-en-ciel soudain Un vol d’oiseau erratique Je songe à Mallarmé Déchiré par son Cygne Sur le motif J’aurai rêvé ma vie À l’instar de mes signes
CE QUE C’EST QUE DE VOIR
JE VOIS CE QUE TU NE VOIS PAS
Je vois le soleil de nuit dansant la sardane sur un mur de Miró
Je vois le couloir entre la cuisine où nous vivions et…l’étable des vaches
Je vois le corridor et ses carreaux à fleurs bleues entrelacées
où je jouais au palet à la marelle et à tous les jeux de Rabelais
Je vois le bateau et la neige et la fleur de souci
les beaux vers et que sais-je l’estragon de la nuit
l’attente des nénuphars quand Monet prend le frais
le cri des canotiers Pulchérie! Népomucène!
Je vois et n’y vois goutte
mes poches sont trouées
et nul frou-frou au ciel
Je vois le père Prévert sous l’œil de son copain Doisneau
avec son ballon de rouge et son toutou à ses pieds
sur le quai Saint Bernard près de la Seine
Je vois Sainte Victoire
Ligne incertaine
Vague chapeau de gendarme
Morceau de craie
Je vois des vaches s’envoler de leurs prés
changées en vautours ou en chevaux légers
Et c’est l’homme de maïs de Miguel Angel Asturias
qui approche et me dit titubant :
– Hermano tu es cette fleur jaune
dans le va-et-vient du temps.

je vois Mathis (7 ans) et Jean Jacques (77 ans) faire danser leurs personnages noirs
LE BEL OCCITAN
LE BEL OCCITAN Mes parents petits paysans voulant que leur rejeton -fils unique- réussît à l’école et qu’il s’éloignasse du maniement de la charrue et de l’élevage des bovins (avec le fumier qui s’ensuit), m’ont interdit d’apprendre leur langue première, le bel occitan qu’on leur avait persuadé de nommer « patois » (c’est pas toi !) Je l’entendis quand même et je le compris mais fut incapable de le transmettre à mes deux filles : c’est ainsi que meurt une langue.
https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi
SEUL DANS LA NUIT
Comme un art poétique une fantaisie Seul dans la nuit je suis perdu Mais si je l’écris ça va mieux C’est un moyen frappé d’instinct De convoquer nos petits dieux Sans en faire tout un tintouin Temps retrouvé ou Temps perdu Seul dans la nuit j’écris sans art Je laisse aller selon la plume Sans ornements sans métaphores Je prends des mots je les allume À la chandel de Bachelard Ou bien j’amorce l’anaphore Seul dans la nuit j’ai ébauché Pour l’étranger qui veille en moi Pour Poésie mode d’emploi 1 Ces quelques lignes maladroites Enfant qui agite son hochet Puis qui se rendort sous sa coite 1 Blog de JJ Dorio un poème par jour depuis le 8/01/2006
MISE EN LIGNE D’UN POÈME
Je prends le crayon dans la cheminée
Je pends l’inspiration à la crémaillère
Je prends un temps infini pour peser chaque vers
Ou tout au contraire je fais dans le burlesque
Et l’abracadabrantesque
Je prends patience sous le fouet cruel de l’Histoire
Et en fin de « conte » je prends la voix des airs
La voie libre des poèmes que l’on écrit par cœur