Vers léger comme en apesanteur, à la créativité proche de l’Enfance de l’Art, avant les coups portés à notre mémoire. Vers et vents qui nous poussent ou nous contrarient. Nous faséyons, l’âme flottante, l’esprit perdu sans sa gouverne : le corps pensant. Vers léger verlainien, Laissons- le s’apaiser de la bonne tempête. Vers et revers, légèreté et pesanteur, La plume écrit "inachevé" Laissant dans l’énigme son lecteur.
LA POÉSIE N’A PAS DE PRIX reprise du poème 8
En ce monde étiré, parcouru en tous sens, volubile et affairiste, la poésie survit, langue de sable, déploration surannée, etc. Gaston Puel La poésie n'a pas de prix. Elle se donne pour rien. Hors des marchands des cuistres et des théoriciens, qui se font mousser avec les mots des insurgés. La poésie n'a pas de prix. C'est un peu d'air qui est passé sur cette colline, sur cette rue. Ce ru de figures invisibles qui bouillonnent, moitié pierre, moitié écume. La poésie n'a pas de prix. Trésor caché des nuits Elle lève ses barricades mystérieuses au carrefour des rêves et des réalités. La poésie n'a pas de prix. Inapte à ses marchés où ceux qui inscrivent « poète » sur leur carte d'identité plastifiée, troquent l'or du temps pour leur petite monnaie de signes. Innocente, dérangeante, pauvre et sans prix, Poésie n'est pas un nom facile à porter. Elle est pourtant l'humaine mesure, Un cami compartit Un chemin partagé Qui relie maille après maille ses lecteurs dispersés. Joie et douleur mêlées Dans un simple poème Qui ne fait que passer.
MOLAKANA coudre le monde
MÉCHANTS PROPOS SUR LA POÉSIE À QUI ON DONNE DES PRIX (reprise du poème 7)
Je lis les poètes qui ont reçu des prix Et oui des prix de poésie Dotés de noms d’anciens Dont tout le monde a, pour le moins, entendu parler à l’École de la République La petite entreprise déposée sous le nom " le printemps des poètes" en recense une bonne trentaine, « liste non exhaustive » ont-ils le culot de préciser Non, je n’aurai pas la cruauté de donner cette liste de lauréats dont les noms à côté d’Apollinaire ou de Mallarmé sont tout à fait inconnus du public… « du Grand » s’entend… Mais non du petit cénacle de disciples, cercle, aréopage, chapelle, clan, coterie, club, groupe, assemblée, conventicule, qui se réunissent dans des salles assimilées à la Cène, au Calvaire, aux cafés de Saint Germain des Prés, dans les sous-sols des hôtels borgnes, les arrière-cours d’éditeurs célèbres, sous la coupole de Richelieu, dans l’ombilic des limbes, etc Tout ce petit monde, pour résumer, qui se connaissent et se tiennent par la barbichette, la moustache de la Joconde, les jarretelles de madame X, Tous ces grands chantres et ardents musiciens, tirant toutes et tous, et chacun pour sa gloire anthume, sur l’unique cordeau des trompettes marines…
SONNET DU LIT SOLITAIRE
Cinq heures. Un lit solitaire Non glacé. Tout se tairait Sans le bruit des acouphènes. L’air est blanc comme les murs. À mes côtés se réveille Le grand Sphinx du deuil profond, Démesuré, qui m’affecte. Personne d’autre que moi N’est en mesure de dire Cet élan mystérieux En manque du mot absent Qui tombe en vers réguliers Sur l’énigme du Néant. Lecteurs, essuyez vos yeux.