J’ÉCRIS DE GAUCHE À DROITE





J’écris de gauche à droite

Je cherche à droite à gauche

La pierre qui roule

La mousse du temps





J’écris sur du papier

Parfois jaune souvent blanc

Je cherche et je me foule

Je bricole et j’enroule

Le mélange des sons

Qui font sens

Ou déraillent sévère





J’écris de haut en bas

J’enlyre quelques vers

Sens dessus dessous

Dans le secret des marges





Je persévère





Secret des Marges

JJ Dorio

Editions Rafael de Surtis

2011





Je suis et ne suis pas

Ces signes sur la page

L’instant ouvert au monde

Le murmure des mots

Tous proches du silence

Dans le secret des marges


	

DIRE DE LA POÉSIE

dire de la poésie
écrit tel quel 21/04/2021








SANS TITRE





Dire de la poésie…un petit feu pour maintenir

son souffle…c’est un sonnet dit

en pleine nature…au-dessus d’un lac

des Pyrénées ou des Andes…

c’est autour de minuit





Dire de la poésie…son corps immense…

faisant bouger ce qui a déjà été écrit…

hier…il y a cent ans…ou mille





Dire ce qui n’a jamais été dit…même

par celui ou celle qui…chemin faisant…

ont écrit ce sonnet raccourci…

qui saute la dernière ligne…

sans personne pour l’écouter…

sans titre





(une repasse sur le clavier avec quelques retouches)

S’il est impossible de voir « un kangourou tourner un moulin à café », il est encore possible de lire « la chanson du jardinier fou »









S’il est impossible de voir un kangourou tourner un moulin à café, il est encore possible de lire la chanson du jardinier fou, imaginée par Lewis Carroll et traduite de l’angliche.

S’il est impossibled’entendre la voix de Montaigne enregistrée sur bande magnétique, il est encore possible de le lire comme s’il parlait au papier.

S’il est impossible de sauver la planète bleue, il est encore possible de la peindre en vert.

S’il est impossible d’assister à son enterrement, il est encore possible d’en faire une répétition en invitant la fanfare des Quatr’z’arts.

S’il est impossible d’ouvrir la lame du couteau auquel il manque le manche, il est encore possible chaque dimanche d’offrir des roses blanches à sa jolie maman.

S’il est impossible que mes morts hâblent, il est encore possible, en utilisant une rime équivoquée,  d’écrire cet aphorisme mémorable.

S’il est impossible de coucher son malheur sur un cahier d’écolier, il est encore possible de se coucher bonne heure à la Recherche du temps perdu.


	

MÉMORABLE MAIS MORT HÂBLE





Mémorable

Mais mort hâble

Une rime équivoquée

Prisée par Victor





Hugo évoquait le fantôme

De ce pauvre marmot

Croqué par Ogrouski

L’ogre de Moscovie

Amoureux d’une fée

La maman du petit





Cette histoire a un titre

Bon conseil aux amants

On rit encore de la lire

Amoureux de la lyre

D’un barde échevelé

Écrivant sur vélin

Ce conte de vilain


	

JE ME SOUVIENS… MAIS J’AI OUBLIÉ

Agenda 12 au 18 avril 2021



Lundi 12/04/2021

 Je n’ai plus d’accords Je n’suis plus d’accord Avec mes chansonnettes Elles ont disparues Au coin de ma rue Et je suis resté…bête Le doux caboulot Plein de populo Les amis les amours mortes Chansons malaimées Chansons oubliées Que le diable les emporte

Mardi 13/04/2021

Je me souviens de ma première auto, une deuch, mais j’ai oublié où et quel jour je l’ai prise en main pour la première fois.

Mercredi 14/04/2021

 Je me souviens du professeur de mathématiques de l’école normale d’instituteurs d’Auch. Il avait été « gazé » en 14-18, ce qui occasionnait parfois des quintes de toux qui l’obligeaient à sortit précipitamment   de la salle de classe, mais j’ai oublié le nom de ce brave homme. 

Jeudi 15/04/2021

Je me souviens du corridor derrière la porte de la cuisine et devant la porte qui donnait sur l’étable des vaches et de la paire de bœufs nécessaire aux labours, mais j’ai oublié dans quelle arène j’ai assisté à ma première corrida et encore plus le nom des matadors d’alors. 

Vendredi 16/04/2021

Je me souviens des processions du « mois de Marie », des autels qui étaient dressés dans certaines rues du village pavées de fleurs, mais j’ai oublié pourquoi une année tout s’est arrêté.

Samedi 17/04/2021

Je me souviens que pour mes 20 ans, étudiant à Toulouse, je m’suis payé un beau chapeau, comme chantait Distel, mais j’ai oublié ce qu’il est devenu ; je ne l’ai pas mangé, mais il a disparu.

Dimanche 18/04/2021

Je me souviens du soufflet de forge de mon arrière-grand père Vidal, qui était forgeron ; il était immense par rapport au petit soufflet que l’on actionnait pour raviver les flammes de notre cheminée. On appelait ce dernier lé buffet (prononcer comme « fête »), qui venait de l’occitan bufa, « souffler » ; ça je ne l’ai pas oublié.