ENIVREZ-VOUS ! (suite)









Cet enfer marchand

Tout s’achète Tout se vend

La fricassée de l’âme

Avec son automobile





Cet enfer marchant

Sur l’éducation et la santé

L’art et la créativité

Métamorphosant les individus

En consommateurs zombis





Cet enfer du Tout Économique

Et de leurs hommes de main

Thuriféraires offrant l’encens

Aux dieux de la Bourse

Et du Produit Intérieur Brut





Cet enfer qui te prive

Des ressources infinies

De ton for intérieur

Qui t’interdit de goûter

L’art vivant du théâtre

Où les paroles sont plus fortes

Que tes actes privés





Tes actes privés d’amour de vin

De poésie de liesse et de l’ivresse

Baudelairienne…Enivrez-vous

Pour ne pas être les esclaves martyrisés

Du Temps…et du discours marchand !









Enivrez-vous JJ Dorio dit C. Baudelaire

	

CHOSES QUI FONT BATTRE LE CŒUR









La naissance des enfants

Et des petits faons





Les Constellations de Joan Miró

Peintes à la gouache

Et à l’essence sur papier





Les poésies de Charles d’Orléans

au puits profond de ma mélancolie





L’encre noire comme le sang

de nos nuits sans encrier





La Fraternisation

portée au plus haut point

En Mai 68





La Disparition

Ce livre sans eux





Et ce dernier vers

Pour Celle

Que la mort a fauché





Choses qui font battre le cœur

MAI 68 FLEUR ÉPHÉMÈRE D’ÉTERNITÉ





Écrire encor Mai 68 ?

Tu as bu tu abuses

Tu parcours les nuages de mots clés

Contestataires Enragés

et  – on l’a oublié- ceux et celles qui étaient

comme toi les Inorganisé.e.s





Écrire encor les vieilles lunes

Les crapules staliniennes

La Chinoise tournée par le plus con

des Suisses prochinois

La Chienlit du père De Gaulle

Assis sur son trône élyséen





Écrire encor la joie pure et désintéressée

Plutôt la vie Fraternité

La servitude volontaire moquée

Dix ans ça suffit

Les affiches collectives des Beauz’arts

Les rencontres sur les places

Et dans les rues sans hiérarchie sociale





Écrire encore tant que vyvrai

Avec l’énergie et le souffle

Sens dessus dessous

À la chandelle de la bougie Jankélévitch

Ce je-ne-sais-quoi et ce presque-rien





Écrire encor 68 pages sous les pavés

68 phrases bombées sur les murs

L’Art c’est ce qui rend la vie

Plus intéressante que l’Art

68 prises de paroles

Comme en 89 ils ont pris la Bastille





Écrire encor et toujours mai 68

Tu ne demandes rien à Personne

52 piges après Ça t’occupe

Ça te libère ça t’émoustille

Et le reste les Tristes Figures

Qui croient liquider le mouvement

de Mai

Hop ! Hop ! Hop ! Hop !

Tu leur chantes la chanson de Béranger





Vous n’aurez pas ma fleur

Celle qui me pousse à l’intérieur

Fleur cérébrale et fleur de cœur





Mai 68 Cosa mentale

Fleur éphémère d’éternité…





Citations sur l’Art Gérard Fromanger

Sur la Bastille Michel de Certeau

Le poète a dégoupillé la parole, annonçait un papillon de la Sorbonne. C’est un fait dont nous sommes témoins pour l’avoir vu et y avoir participé : une foule est devenue poétique. On s’est mis à discuter enfin de choses essentielles, de la société, du bonheur, du savoir, de l’art, de la politique. Une palabre permanente se répandait comme le feu…





Michel de Certeau

PAROLES SAUVAGES TEXTES RAFFINÉS









– Mais d’où tu parles ?

– Paroles sauvages, écrits raffinés,

je me lance, je croise

et ne suis jamais satisfait.

– Un exemple ?

– Agile Argile Fragile

S’agite ce texte

Dont j’ai perdu les clefs.

– Et alors ?

– Rien. Je ne me hâte pas de les retrouver.

J’aime naviguer dans le labyrinthe de l’obscurité,

Entrecoupé de rires et de fragments de récits d’explorations.

– Tu parles d’un chantier !

– Un champ de fouille, un atelier ; chacun.e

S’y attelle, s’y confronte, s’y conforte, s’y réfugie,

S’y reflète, s’y décale, s’y aventure, s’y rêve…

Et les voix s’entrecroisent multiples, profuses, futiles,

incoercibles et par-dessus tout…jouissives.





Dialogue intérieur XXV

NESSUN DORMA ou LA NUIT DES BARRICADES





Liesse : Joie collective

(vieilli, littéraire)

Nuit du dix au onze

Mai 68

Mai mais mais Paris mai





Roulez jeunesse

Dormez vieillesse

(À 22h De Gaulle va se coucher…

On n’osera le réveiller)





Rue Gay Lussac

Ô gué ô gué ô gué

C’est la divine comédie

On se passe les pavés

En chantant Pavarotti :

Nessun dorma (bis)

Que nul ne dorme !

Et ne s’endorme

Sur les lauriers

Des Enragés





Come di come di

La Comédie d’un jour





La Tragédie toujours





Avec Claude Nougaro, Pavarotti (un air de Puccini) et Paolo Conte