AVENTURES DE NUIT / AMNÉSIE

JJ DORIO pour Sketchbookproject
textes et tableautins : JE PEINS LE PASSAGE

"Je ne peins pas l'être. Je peins le passage : 
non un passage d'âge en autre...
mais de jour en jour,
de minute en minute.
Il faut accommoder mon histoire
à l'heure".

Michel de Montaigne

petit air provençal de 10 heures du soir

L’EMPIRE DES SIGNES

l’empire des signes




hypnose hypnose hypnose hypnose

hymalaya hymalaya hymalaya hymalaya

musique de la mer sereine

sur les roches du Baou Tailla

répétititive et continue

au contraire de ces lignes

qui flottent

le corps assis

comme aboli

tel quel 7×7 caractères tracées comme en « hypnose »

Ils sont beaux tes caractères
et pas un n'est semblable à un autre.
7x7 comme 49 identités mêlées
de personnes rencontrées dans ta vie.

C'était le 30 mars 2016 que tu les as "exécutés"
comme on dit d'une symphonie,
ou d'une pièce écrite pour le piano.
Et cette nuit tu les ressors
et leur ajoute une note a parte
ce 17 juillet 2020.

Franchement tu n'y comprends rien.

Tu te demandes comment tout cela peut exister,
sur le papier,
et en dehors de tout espace textuel.

C'est comme une arche de Noé
où tu as embarqué tous tes animaux,
les tristes et les joyeux.

Sans compter les absents,
que l'on a jeté par-dessus bord,
parce qu'ils étaient entrain de corrompre
l'empire des signes.

D'ailleurs tu en sors quelques uns du néant cette nuit,
noir sur vert,
comme un art en miroir
de tes chimères.








POÉSIE PURE PARI PERDU ?

tel quel 16/07/2020
Poésie pure. Un pari. 

Dans l'oubli des conventions et des assurances tout-risques
contractées au fil de recueils et de "poèmes de toiles"
que nul ne lit - à part celles et ceux
qui dans leurs têtes les récrivent.

Poésies jetées à la mer, dans des bouteilles biodégradables, 
sur du papier accordéon, en longs rubans verdoyants,
roulant "des pensers qu'on ignore".

Poèmes du bout des lèvres, levant les lièvres, 
courant sur les plages désertes, jusqu'à épuisement.

Poésies d'un vie quelconque et singulière, de babils du berceau, 
en babels du tombeau, déclinés dans un lit où la nuit tire au clair
le silence assourdi d'une foule sans voix,qui a brûlé tous ses livres
de poésie.




 
poésie en absence (détail)
un ajout pour Estourelle et Maria-D
Qui poursuivent mes pages
De "rêves indistincts"


La

Bibli

Othèque

L’art

D’acco

Moder

Les restes

Certes

Mais pas

La Muse

Et le poète

Mesurés

Au centimètre près

Par le douanier

Rousseau

Jean Jacques

Le bateleur

Des petits métiers

Oubliés

L’homme-orchestre

Le cœur attaché

À ses grelots

Une main

Sur l’archet

L’autre sur

La trompette

Bouchée

Et la troisième

Sur la manivelle

De l’orgue de

Barbarie

Le pied

Sur la grosse

Caisse

Zim boum boum

Qu’est-ce ?

C’est le rez

De jardin

De la BNF

La bibli

Othèque

Des cher

Cheuses

De  poux

Qui mettent

Du sel

Sur les plaies

Des écrits

Et closent

Leurs chapitres

De rêves indistincts

JE COUDS JE COURS SUR LA PAGE

tel quel 15/07/2020




Je taille. Je couds. Je cours sur la page.

Puis je m’arrête. Je ne suis pas pressé

de trouver la suite…trantran ou sortilège.





Je tourne autour d’une histoire vécue

que j’ai oubliée, mais que ma plume,

allant de bonds en sauts, cherche à retrouver,

pour la réinventer.





Les livres que je lis, en alternance,

me tendent des miroirs,

m’incitent à poursuivre, à ma manière,

leurs récits. En évitant, si je le puis,

d’être ce badin de la farce, évoqué

par l’auteur des Essais.





Bercé par mes imperfections, me voilà,

perdant le fil, confondant l’un et l’autre,

essayant, chemin faisant, de m’extraire

du grand Escogriffe.





Et puis revient Bonne Fortune, de manière inespérée.

Les chiffres indiquent, 4.44, c’est l’heure.

Trois quatre sont sortis, comme au jeu de dés.

Quatre phases de la lune, quatre points cardinaux,

quatre saisons.

Ceci pour le côté carré.





Mais il y a des extensions.

La cinquième saison est l’une d’entre elle.

Celle que vivent ceux et celles qui ont atteint

« le grand âge », qui prolonge l’existence,

qui aurait dû s’achever, et qui impose aux humains,

sous peine de naufrage, de se réinventer.


	

UNE PAGE SUR PAPIER VERT

écrit tel quel 14/07/2020




Je m’égare sur ce papier vert, pailleté, que je remplis, au gré de ces pages.

Les pages d’un cahier rare, qui arbore toutes les couleurs.

Ici le vert, là le bleu, l’orange, le rouge.

Sauf le noir. J’ignore pourquoi.





Épicurien, Épidémie, Étymologie.

J’effeuille le dictionnaire à part moi.

Curieux de ce que je ne sais pas, non les définitions, qu’il suffit de lire,

mais ce qui cache derrière elles.





Le temps a changé paraboles en paroles.

Je les fais enfin s’envoler sans craindre de les  » peindre » (perdre…1° version).

Focs deviennent colombes.

Et cris du soir qui tombe, martinets.





Le temps a laissé son manteau…

Vers d’un de nos plus anciens poètes,

un quart de siècle prisonnier des Anglois,

et qui trouva en Poésie cette folie qui nous nourrit

de déchirures et de broderies.





Ardente et glacée. Utile et futile. Puérile et alambiquée.

La plume a glissé peu à peu au bas de la page.

Et la mer maintenant la recouvre…





14 juillet 2020