ILUMINACIONES



À certains moments, longs ou brefs, répétés ou isolés,
tous les poètes qui le sont vraiment entendent
l’autre voix. Elle est étrangère et c’est la leur,
elle est à tous et à personne.
Octavio Paz
 



A veces un hombre raro,
una mujer a "la sonrisa ancha"*
lo iluminan todo

Pasan, no más, pasan
dando el impulso vital

Y al poco tiempo desaparecen
Dejándonos un verso ultimo : 

Como una mariposa escondida
Una pajarita de papel

Volando siempre volando...

* Te recuerdo Amanda
Victor Jara

https://www.youtube.com/watch?v=ywilRl7z2hU


POÈME PERDU

Poème perdu comme l'on dit du bon pain
Qui a la fin devient rassis
Et qu'il faut réveiller avec du lait d'ânesse

Poème égaré dans la ciguë de Socrate
Le boute-selle de la guerre
Et qu'il faut raviver d'un vers d'Apollinaire

Poème dépensier généreux et candide
Hardi mais qui tient par sa plume
Qu'il faut laisser aller mais sans en être l'otage



POÉSIE MODE D’EMPLOI ACROSTICHE





ACROSTICHE





Poésie

Où es-tu

En quel endroit

Secret

Irradies-tu

Encor





Mise h

Ors jeu

Décapitée

Engluée

Dans le monde marchand





En évoquant ta perte

Me revient ce chant

Précieux qui décline

Les mille endroits du monde

Où l’on écrit ton nom

Il n’y a pas de liberté sans toi





couverture ornée par mes soins
face à la mer la mer de Poésie
toujours menacée et toujours recommencée

Quand le précieux poète-chercheur Octavio Paz
suggérait aux journaux
de publier un poème par jour
laissant l'initiative aux lecteurs de s'en nourrir
ou de le rejeter
le journal "Le Monde" avait encore un critique
qui s'intéressait à la parution de certains livres de poésie
c'est fini ni ni 

le pire est qu'éditeurs poètes et revues spécialisées
semblent en avoir pris le parti que les poèmes fleurs nouvelles
même vouées à rapidement s'effacer
ne soient plus lus dans l'espace public

Bon vent cependant
à Jean-Marie Corbusier
poète attentif au(x) livre(s)
des oublis et des veilles 
(un de ses titres)
qui sera le rédacteur en chef
du prochain 
Journal des Poètes


MONTAIGNE

Que sais-je?

Tout change sans cesse, rien n’est stable.

À n’importe quelle opinion, aussi certaine qu’elle paraisse,

on peut en opposer une autre toute aussi certaine.





C’est un plaisir toujours renouvelé que de savoir jouir de nos lectures.

Celle du fils de Pierre Eyquem, qui s’inventa le nom de Michel de Montaigne,

devient peu à peu, les ans passant, une de mes préférées.

Beaucoup de passages me sont obscurs faits de « pièces décousues »

comme il disait, non sans malice, mais j’y reviens, je les relis et les relies

à celles pour qui j’ai plus de facilité à suivre son «allure poétique »,

fût-ce, à sauts et à gambades.





Je le parcours à sa manière, naturelle et ordinaire, sans contention,

mais je ne le lis jamais sans éprouver le besoin de passer à mon tour,  

à une écriture qui « tient registre » de mes instants, d’une vie bien à moi,

qui en est « la matière ».





Une écriture, qui ne va jamais de soi, faite d’ajouts, de reprises et de pertes.

Mais qui me tient et « m’engage, à (ce) registre de durée », sans fin…et sans reproches.





« Et quand personne ne me lira », écrivait, ou dictait depuis sa tour « librairie », Montaigne.

Formule évidemment qui hameçonne son lecteur, mais que je reprends ici, volontiers,

en ces temps où le « numérique » me permet de dévoiler pour autrui mes fantaisies,

sous forme de poèmes, « essais » avec un « e » minuscule, « dictionnaire à part moi »…  

dont je ne cherche aucune faveur dans le monde littéraire, mais dont je sais gré

à quelques lecteurs et lectrices bienveillantes de les accompagner

de leurs prolongements passagers.





Adieu donc, à Martigues ce 26 juin 2020

(patchwork in progress)





« C’est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être.

Nous cherchons d’autres conditions, pour n’entendre l’usage des nôtres, et sortons

hors de nous, pour ne savoir quel y fait.

Si, avons-nous beau monter sur des échasses, car sur des échasses

encore faut-il marcher sur nos jambes.

Et au plus élevé trône du monde, si ne sommes assis que sur notre cul. »

Michel de Montaigne