ÉNERGUMÈNES

ce "post" est dédié
à André Bellatorre
Maria-Dolores Cano
Dominique Ebrard
Guy Toubon
André Ughetto
Esprits bienveillants

texte en marge orné d’hypnographies




ÉNERGUMÈNES





Énergumènes

Croqués

À la plume

d’oie

Dans la marge

des esquisses

exquises

affinités

ébauches

allusions

énigmes

ellipses

Et quoi

encor ?

sur mon cahier d’écolier

ÉCRIRELIRE
 
J’écris le plus souvent en lisant
La table rase ? merci pour moi
En lisant des livres s’entend
De toutes formes et de toutes couleurs
de tout propos qui parlent déparlent
Me sortent des yeux et des mains
Où à l’inverse me pénètrent l’âme
Ce mot honni des grands Esprits
 
Mais ce matin après avoir écrit « Énergumènes »
Dans la marge d’une page de mes hypnographies
En feuilletant un abécédaire inspiré
J’ai fait cet ajout les yeux uniquement fixés
Sur la page quadrillée de ce cahier d’écolier
De la marque « Héraklès » 180 pages
Commencées –qui me croira ?- en septembre 1970
À La Bastide de Besplas (Ariège) après mon retour
de Coopération 1968-70 de Caracas (Venezuela)
La photo ci-jointe de la couverture
Atteste que le dieu maudit par l’épouse de Zeus
Dont pourtant il porte le nom Héra-klês (Gloire d’Héra)
A été croqué par le sculpteur Bourdelle
Le cahier contient 180 pages Les 23 lignes que je viens de
lui consacrer ne l’ont pas encore épuisé
 
(05/06/2020  07h15)


 
 
 
 
 
 
 
 
 
e la nave va !

TROIS PIÈCES MANQUANTES RETROUVÉES





TROIS PIÈCES MANQUANTES RETROUVÉES





Notre écriture se forme dans la mouvance des écrivains que nous découvrons.

Leur constellation unique façonne un puzzle dont nous sommes en quelque sorte

la pièce manquante.

Georges Perec





NOTRE INSTITUTRICE DE VIEILLE ROCHE





Sur l’ardoise ce coup de craie

Et toc toc toc cette musique

Que faisaient nos mains écolières

De l’aride calcul des pourcentages

À l’ardeur des dictées mentales





Encadrée d’un bois orné de nos noms

Et tenue par une ficelle

Elle était notre institutrice de vieille roche





Quel plaisir de relire cette formule

Qui perle

 Au gosier de Maître Ponge !





UN POÈME QUI NOUS MÈNE EN BATEAU





Le poème te mène en bateau

Ce sont les mots premiers

Qui me sont venus

Mais je ne les ai pas écrits





Bien d’autres entrées

Se sont heurtées

Au refus

Ou à l’indifférence





Poème en absence

Barque légère

Inquiète et têtue*

Montée par les ami.e.s

Du pont des poésies

Et du bon temps de la vie





                                                                *Francis Ponge





NOS MOTS FLOTTANTS DU GOUFFRE OBSCUR





Le poème doit beaucoup

à ses conditions d’existence :





Ce petit rectangle de carnet A6 Kraft

L’écriture au lit pendant la traversée des nuits

Mes lectures en pointillé

Et le stylo noir qui fait bruire

Le gouffre obscur

Des mots flottants*





*Victor Hugo

AU BOUT DU CONTE TU NE RESSEMBLES À PERSONNE

PAGE source et ressource




AU BOUT DU CONTE TU NE RESSEMBLES À PERSONNE





Influences ou imitations délibérées, c’est ainsi, que peu à peu, pourvu que la tâche soit légère mais obstinée, paradoxalement, on en vient à ne plus ressembler à personne.

Sur mon échiquier poétique, je pousse les pièces d’une identité, que seul.e.s les imbéciles croient posséder.

Quand je lis vraiment, je disparais dans l’écriture intime de celui et de celle qui me font l’amitié de m’ouvrir à leurs lettres, sans cesse portées, au-delà de toutes mes attentes.

Les enfants nés dix ans avant moi, ont été déchirés par la guerre, « l’histoire avec sa grande hache », de l’auteur de « la disparition », qui s’est servi de la littérature pour s’inventer un monde et une famille, toujours prête à le quitter. Comme une mère qui vous amène dans un train partant pour le Vercors, -sans sauts à l’élastique -, avant d’être contrainte et forcée d’embarquer dans les wagons plombés de nuit et brouillard.





le rouge et le noir




LIRÉCRIRE

c’est ainsi que je sais le mieux oublier

qui je suis

pour entrer dans un monde

de fantaisies d’inventions

et de « réelles présences »

car moi aussi la vie douce et paisible

m’a une année un mois un jour

déchirée

en lançant ses flèches empoisonnées

contre celle qui était qui fut et demeure

ma moitié