
il y a des livres cachés des lecteurs lectrices étranges étrangers étrangères sur l'étagère de cette bibliothèque enfiévrée
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

il y a des livres cachés des lecteurs lectrices étranges étrangers étrangères sur l'étagère de cette bibliothèque enfiévrée
ACROSTICHE
Poésie
Où es-tu
En quel endroit
Secret
Irradies-tu
Encor
Mise h
Ors jeu
Décapitée
Engluée
Dans le monde marchand
En évoquant ta perte
Me revient ce chant
Précieux qui décline
Les mille endroits du monde
Où l’on écrit ton nom
Il n’y a pas de liberté sans toi

face à la mer la mer de Poésie toujours menacée et toujours recommencée Quand le précieux poète-chercheur Octavio Paz suggérait aux journaux de publier un poème par jour laissant l'initiative aux lecteurs de s'en nourrir ou de le rejeter le journal "Le Monde" avait encore un critique qui s'intéressait à la parution de certains livres de poésie c'est fini ni ni le pire est qu'éditeurs poètes et revues spécialisées semblent en avoir pris le parti que les poèmes fleurs nouvelles même vouées à rapidement s'effacer ne soient plus lus dans l'espace public Bon vent cependant à Jean-Marie Corbusier poète attentif au(x) livre(s) des oublis et des veilles (un de ses titres) qui sera le rédacteur en chef du prochain Journal des Poètes
Que sais-je?
Tout change sans cesse, rien n’est stable.
À n’importe quelle opinion, aussi certaine qu’elle paraisse,
on peut en opposer une autre toute aussi certaine.
C’est un plaisir toujours renouvelé que de savoir jouir de nos lectures.
Celle du fils de Pierre Eyquem, qui s’inventa le nom de Michel de Montaigne,
devient peu à peu, les ans passant, une de mes préférées.
Beaucoup de passages me sont obscurs faits de « pièces décousues »
comme il disait, non sans malice, mais j’y reviens, je les relis et les relies
à celles pour qui j’ai plus de facilité à suivre son «allure poétique »,
fût-ce, à sauts et à gambades.
Je le parcours à sa manière, naturelle et ordinaire, sans contention,
mais je ne le lis jamais sans éprouver le besoin de passer à mon tour,
à une écriture qui « tient registre » de mes instants, d’une vie bien à moi,
qui en est « la matière ».
Une écriture, qui ne va jamais de soi, faite d’ajouts, de reprises et de pertes.
Mais qui me tient et « m’engage, à (ce) registre de durée », sans fin…et sans reproches.
« Et quand personne ne me lira », écrivait, ou dictait depuis sa tour « librairie », Montaigne.
Formule évidemment qui hameçonne son lecteur, mais que je reprends ici, volontiers,
en ces temps où le « numérique » me permet de dévoiler pour autrui mes fantaisies,
sous forme de poèmes, « essais » avec un « e » minuscule, « dictionnaire à part moi »…
dont je ne cherche aucune faveur dans le monde littéraire, mais dont je sais gré
à quelques lecteurs et lectrices bienveillantes de les accompagner
de leurs prolongements passagers.
Adieu donc, à Martigues ce 26 juin 2020
(patchwork in progress)
« C’est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être.
Nous cherchons d’autres conditions, pour n’entendre l’usage des nôtres, et sortons
hors de nous, pour ne savoir quel y fait.
Si, avons-nous beau monter sur des échasses, car sur des échasses
encore faut-il marcher sur nos jambes.
Et au plus élevé trône du monde, si ne sommes assis que sur notre cul. »
Michel de Montaigne

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BAIN DE MER
Premier bain de mer – l’été sans mer je meurs à petit feu –
Ici sur ma plage de 36 et de 68 je suis entouré d’enfants
qui rejouent le mythe des origines –la mer la mère toujours
recommencée – ils courent à la mer avec leurs petits seaux
ils passent le sable au crible de la grande illusion
ils n’arrêtent pas de bâtir et de débâtir leurs châteaux
en Espagne et surtout ils rient ils crient ils s’interpellent
ils portent l’eau de vie des poètes de sept ans et de soixante
dix-sept ans –disons- dans le plein soleil l’azur les bateaux
tout ce saint-frusquin que l’on vend dans les cartes postales
Mais ici chez moi sur ma page de sable et d’or ce ne sont
qu’émotions rêves et désirs que l’on dit au papier à la mer
qui nous vient du dedans comme un étourdissement passager
Fos sur Mer « la grande plage » 400m de sable
face aux navires porteurs d’essences noires
et de mythes secrets