TROIS GERBES D’ÉTINCELLES NÉES DANS LA NUIT









UNE MINUTE APRÈS MINUIT





À force de recopier mes auteurs bienheureux

Je ne sais plus bien

Si c’est d’eux ou si c’est de moi

Lequel des deux a pris la main

Laquelle m’a donné ses excès d’images

et de piétinements

ceci pour le trop dire

Ou bien qui fait silence

autour du mot manquant

ceci pour le trop peu





Ce texte privé d’aura

Peur maintenant disparaître





10/01/2020

01h01





ENTOURLOUPE





Changement de décor

En changeant mon stylo

Qui gratte le papier

Méditation change d’âne





Une entourloupe de cette pointe fine

Qui profite de sa liberté

Pour écrire l’inverse de mes pensées





Ça promet !





10/01/2020

1h27





MUSE ET RUSE





Il y a beaucoup de ruse

Dans ces courts poèmes

Où la muse légère

Écrit ces historiettes Zen

Entraînant ces lecteurs

Dans un tourbillon sans fin





Applaudissez gaiement

Mais d’une seule main !





10/01/2020

1h31

JANVIER DÉCLINE SES SEPT PREMIERS JOURS





                               2011

Essais répétitifs d’alexandrins labiles





Mon premier vers le jour de l’an ouvre ses pas.

Un doux combat. Ainsi les mots se frottent aux choses.

Et le Sujet ? Soi comme un autre… animal !

En éveil, aux aguets, Sois ce fou qui dit vrai,

Cet oiseau de passage oubliant son destin.

Flux et reflux, encre et lavis, noirceur lumière,

Septième jour shabbat. Dieu nettoie ses outils.





                                 2012

Hendécasyllabes :

à travers le boitillement si neuf du vers de onze syllabes

Jean-Pierre Richard (Pêle-mêle)





Ce lieu tranquille où la vie entre les lignes

Passe sur un papier muet qui attend
L’image inattendue ou la citation
Ouvertes sur la musique de nos livres.
Je réveille le vieil hendécasyllabe
Qui ne sait désormais sur quel pied danser.
Subsister, persister : faire sûrement
Sa retraite. Savoir être à soi dit (Montaigne)





                                    2013

une année vouée aux décasyllabes





C’est le premier janvier deux mille treize

Sur cet agenda du Métropoli

tan museum of art : la mort n’y mord*

Une année vouée aux décasyllabes

Marcher sauvagement sur des sentiers

de traverse Il n’est meilleur souhait

que celui que l’on transmet sans rien dire

*Clément Marot




                                      2014

Les vagues ennéasyllabes mystérieux.

(Paul Valéry, Lettres à quelques-uns, 1945)





Vers impair ennéasyllabique

Tous les vers impairs manquent d’un centre

fixe et, par là, blessent le senti

ment naturel de la symétrie

qui est en nous. Ah ! ces chers gloseurs

Ah ! Verlaine et ton art poétique

Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.





                            2015

il rêvait qu’il traversait le Pont des Arts                           

un livre d’octosyllabes sous le bras





Où je suis né on me l’a dit*

Mais ceux-là même sont partis

depuis longtemps hélas. Mon père,

ma mère, essentiellement.

Dans une maison de village,

face à l’église qui sonnait

mâtines, midi, l’angélus.

*Georges Perros





                               2016

Un homme très savant, un professeur de poésie symboliste.

Il pourrait vous rédiger des prospectus en heptasyllabes.

Raymond Queneau (Le vol d’Icare)





Tout cela n’est pas sérieux

C’est ce qui fait son enjeu

Son adresse- au lecteur.

Nul objet ne s’y présente

Ni mimosa Ni éponge

Et pour comble de malice

Le sujet qui tient la plume

(Est resté dans la coulisse.)





                                  2017

le rythme de l’hexasyllabe est du même modèle

que celui de l’hémistiche de l’alexandrin





Dimanche jour premier

La manche est tirée

Cachant la main le poing

L’aube point à la ligne

Mots sortis de la bourse

Du bon père Larousse

Les petits parachutes

(Dans les pissenlits)





                                       2018            

C’est cinq cette année

C’est pentasyllabes





Tu es tu n’es pas

Signes sur la page

La prose du monde

Et toi à l’écart

Tu es la voix autre

Le secret des marges*

Tu n’es pas celui

(Que les autres voient)

*Dorio (Editions Rafaël de Surtis)








                                                     2019

l’emploi du tétrasyllabe est très rare

mais on peut citer les « Djinns » d’Hugo

(troisième et antépénultième strophe)





Tu recommences

Mais cette nuit

Tu écris en bleu

Tu lis un livre

D’anthologie

De coqlicots

Et de bleuets





                                                2020





le trisyllabe est plutôt lié

à un effet soit satirique,

soit plaisant…





Il ne sert

À rien

D’expliquer

Dorio

Dans le texte

Dorio

(A’Xist’pas)





(n’oubliez pas les diérèses)

TOUTES CES LIGNES QU’AXISTENT PAS





Et puis zut un peu d’récré

Au fil des lignes d’une écriture

de raccroc Faut s’accrocher

aux derniers wagons de l’Aléa

Des citations à la Queneau

Un kidan assis coi sur un banc





À quoi qu’i pense le quidam ?

Au papillon de ses nuits blanches ?

À la queue du petit singe

qu’enfant il tirait sur le manège ?





I pense peut-être à la petite épouse

et à notre destinée

ce poème de Verlaine chanté par Ferré





I pense aussi hélas à la môme Néant

de Feu Jean Tardieu

Celle qui pense plus à rin

Celle qui fait plus rin

Et qui clôt toutes ses lignes

en disant

A’xistent pas !

ÉCRITURE CACHÉE





À mesure que tu lis les images

et leurs grands reflets

tu dois chercher leur écriture cachée





Dans le moindre poème

ou sur la scène d’un drame

où parlent d’étranges personnages





À mesure que tu parcours

le flot d’un texte

dur comme grains de sable

doux comme des larmes





À mesure que le serpent d’étoiles

cède le ciel

à l’aurore des paroles

qu’il faut apprendre à partager





avec et sans les mots









italiques Jean Giono

SUR LE FLEUVE DE L’OUBLI ET DES RÉMINISCENCES JE PARCOURS MES IDENTITÉS





Si par une nuit d’hiver, nous promenant dans nos paradis sans paradis,

nous donnons le change sur le luth désaccordé de notre étoile morte.

En naviguant jusqu’à la fin, sur le fleuve de l’oubli et des réminiscences.





Aux voyelles passées à l’as

Des enfants perdus des banlieues

Enfermés dans leur drôl’ de sas

Je laisse cette craie des murs

De la Sorbonne et de Jussieu





En cet hiver deux mille vingt

Je JJ Dorio ci-gît

Aile arrachée pigeon berzingue

Picorant mes pages d’argile

Sur les maux de la société





Je par ci Je par là Je co

Gite Je suis René Descartes

Je m’enflamme Je mets le feu

Aux fausses lettres et au paraître

En proclamant Je est un autre





Je m’appelle Einstein on the beach

Je suis la chaise de Justice

Le coquillage millénaire

Dans l’oreille des poésies

Breton Soupault Bois et Charbon





Je suis le poème rêvé

Et la main en chair et en os

Qui l’engendra sur le papier

Et sur la peau du monde mort

Qui renaît sur un coup de dés





Je suis Nostalgie du présent

Scansion rythme événements

Mis à l’écart Mis en abyme

Je parcours mes identités

Lisez les recueils de poèmes présents
à Encres Vives
pour 6,10 euros
(franco de port)