MOUVEMENT

20 hypnographies en mouvement




MOUVEMENT

J’ai fait mouvement sous l’aspect de l’éternel…
Plutôt de ‘l’éternité » lit-on dans l’Éthique

J’ai fait mouvement vers mes rêves éphémères
Sous forme d’un poème qui fait irruption

Cassant le cadre d’une page pour donner
ces images brisées de mes identités

Brisées comme celles d’un puzzle d’écriture
Que je m’efforce nuit après nuit de composer

APPÉTIT SANS EXCÈS

UNE PAGE
sortie des forges
du dieu boiteux

APPÉTIT SANS EXCÈS





Appétit

sans excès

Applaudissements

sans mains





Chouette

de Minerve

Volant le soir

à l’heure blème

de la philosophie





Jarre

de vin noir

où baigne

Diogène





Fables de

La Fontaine

Marquise

de Valéry





Dédicace

au lecteur

lectrice

inconnue





Écriture

à la gauloise

à la sergent major





Bouclier d’Achille

sorti des forges

du dieu boîteux

qui porte

les cornes

de Vénus

L’AUBE GRISE L’AUBE BLEUE













un poème écrit
à l’aube de ce jour
29 mai 2020
en vers trisyllabiques
dit par son auteur


L’aube grise
l’aube bleue
la méprise
Lao-Tseu

La douleur
retenue
la douceur
ingénue

Le travail
d’écriture
Hokusaï
la Nature

La souffrance
le remords
le silence
de nos morts

L’aube rouge
le vin noir
à Montrouge
chez Nadar

La pitié
la manière
psalmodier
Baudelaire

Le passage
d’un poème
dans la marge
où l’on aime
le langage
des promesses

(trisyllabes du mois de mai 2020)








mis en chanson
jj dorio

SILLONS TRISYLLABIQUES

année 2020

dite des devins

indication :

lire des yeux puis de la voix  ces textes écrits en trisyllabes

le lecteur idéal laisse le texte capter tout son présent          

n’oubliez pas les diérèses.

Janvier

PAROLES SANS ROMANCES TRACÉES À LA POINTE FINE

Il ne sert  à rien  d’expliquer  Dorio  dans le texte  Dorio  n’exist’pas  mais il trace  des sillons  en passant une araire  pointe fine  va et vient  de paroles  sans romances  Il ne sert  à rien  sur la page  des fragments qui se perdent  roue errante  d’une main  du tressage  sans dressage La sibylle  peut bien rire les idylles  et rondeaux  s’en aller  Je persiste  et je signe

Février

SOLITAIRES SOLIDAIRES DES RAISONS ET DES RIMES

Février  découpé  en vingt neuf  vers sans rimes  à jets d’encre  sur la page  puis clavier  pour l’écran Février  cette année  apporta corona  un virus  une grippe  pas d’Espagne  mais de Chine  Tchin tchin tchin Qu’opposer  à la mort  si ce n’est  la richesse  d’exister  avec et pour  nos semblables  solitaires  solidaires des raisons  et des rimes chuchotées

Mars

POÈMES DE COVID EN RÉA POÉTIQUE

Tout oublier phrases cul par-dessus gentillesse tout ouvrir à ton bic laissé seul sur la page Mon hôtesse tout futur enjambant passerelle au-dessus de l’abîme Tout connaître du regard des mourant.e.s à la douane du grand soir Tout écrire en réa poétique des poèmes de covid des patient.e.s aimables qui sourient avant de trépasser Tout ainsi qui passa

Avril

FANTAISIES D’INSOMNIES

Connerie c’est la guerre tragédie c’est Corneille Tu l’as dit c’est Bouffi comédie c’est Molière c’est parti mon kiki ouistitis c’est au zoo ou c’est pour la photo ‘piphanie dans le gâteau des rois hélianthes tournesols du Midi Tout ceci je l’écris dans mon lit d’insomnie que la vie est amère dit ma mère qui s’endort Bonne nuit

L’ÉCRITURE THÉRAPIE





L’ÉCRITURE THÉRAPIE

Pour toi, ce silence et l’infini d’une parole, d’une douleur toujours renouvelée, que grâce te soit rendue.

Max Alhau (Ici)

La mort de Josiane D.

a brisé le miroir  de Jean Jacques

Il l’écrit crûment

comme fragment d’un double

écartelé et décentré

Mais l’écrire n’est pas nostalgie

vers un bonheur du passé

L’écrire, et oser le faire lire,

manifeste la persévérance de nos voix

entre deux silences :

la voix de l’absent.e perdu.e

et celle des derniers lecteurs

qui vivent encore le rituel de poésie

entre « heureux mortels » qui font appel

aux Muses disparues

et à l’écriture d’un poème

qui par le travail sur la langue agit

Ainsi Je et Nous s’interpellent

Ce qui donne sens à l’écrit





Nous embrassons et ceux qui ont été

et ceux qui ne sont point encore,

non que les absents.

Michel de Montaigne

METTONS QUE JE N’AI RIEN DIT

hypnographies
Dorio
23/05/2020

je parle au papier
avec ma voix
23/05/2020
11h30




Mettons que je n’ai rien dit.

Mettons que je m’appelle Ishmaël

et que pour chasser le cafard

l’envie me prend de naviguer.

Mettons que cette écriture,  

se fait en mode survie.

Mettons qu’elle se perd

dans Méandre fils d’Océan

et de Thétis.

Mettons qu’elle se relance

par ricochets et palets

d’une marelle étourdissante.

Mettons que cet exercice

de chevet  anaphorisant

m’évite la prise d’anxiolytiques.

Mettons que je traverse ainsi

mes intimes altérités

croisant  personnes et personnages,

lieux, paysages, époques, pensées

perdues et retrouvées,

scènes autres et nourrissant

mes feuilles d’ombre.

Mettons qu’à la différence

de l’écriture d’une poésie

qui requiert un temps infini

de retouches et variations,

ce dictionnaire s’écrit

d’une traite et joyeusement

à part moi.

Mettons, en effet,

que je n’ai rien dit.





UN DICTIONNAIRE À PART MOI

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