PARLER DE RIEN









Parler de rien en se mordant la langue

En écrivant en vers cette petite prose





Parler de tout à son chat Archimède

Qui naquit à Syracuse à Pâques ou à Kairouan

Et chanter du Dimey

Un dix mai 68





Parler à Cohn Bendit

À Nanterre la Folie

Parler le nez en l’air

À Gavroche éternel

Mort sur la barricade

En sifflant tel l’oiseau

C’est la faute à Rousseau 





Parler et puis se taire

Faire ce pied de nez

À dame Camarde





 Sur les marches de la mort

Sur toutes les pages blanches

Écrire Liberté









Dimey Bernard est l’auteur de la chanson Syracuse

Mise en musique par Henri Salvador

Gavroche est la petite grande âme d’une scène des Misérables

écrite par Victor Hugo

Les deux derniers vers sont extraits de Liberté

De Paul Eluard

POÈME TU VAS VERS QUI VERS QUOI ?





Les mots c’est nous      les mots sans nous

 tout aussi bien

                       1

Un feu d’herbes sèches

un visage à peine un ciel léger





la chaleur qui vient à trembler

au bord de l’autre rive





à tenter le signe

à soustraire l’ombre de la nuit

aux confins de ma pensée





2

Ce matin à tirer la ficelle du temps

à répandre le jour par un ciel gris





à dire d’une voix étouffée

toute la neige à venir





comme l’air dans sa pauvreté

une étoffe mal seyante





et l’apparence du dire

à heurter quoi

au fond de quelques mots

perdus

avant d’être prononcés

3

Poème tu vas vers qui vers quoi

peu importe ici je m’arrête





je ne puis plus rien pour toi

ta liberté se donne par ma solitude

ce que l’on dira de toi ne me délivrera de rien

que ta chaleur soit comme l’obole des morts





une page blanche

à jamais





Jean-Marie Corbusier





Mille mercis de m'avoir envoyé  cette belle page de poésie 
J.M. Corbusier conclue ainsi l'éditorial du dernier Journal des Poètes (89° année)
"Le Journal des poètes est un grand voyage, car voyager, 
comme le suggérait Proust, c'est changer de regard."

« un feu d’herbes sèches voix » piano JJ Dorio
« la ficelle du temps voix » piano JJ Dorio
« poème tu vas vers qui vers quoi » en chanson JJD

	

CE QUE CONTINUE À NOUS DIRE CHARLIE

HYPNOGRAPHIES 17/10/2020
Dans le rythme des calligraphies :
ça repose des grands maux
(l'Histoire avec sa grande H) Georges Perec
ça libère la bonne énergie
celle des Lumières
(Traité sur la tolérance) Voltaire
nb le meilleur travail d'Historien que je viens de relire
pour ne pas faire que pleurer la décapitation d'un professeur d'Histoire
et "tâcher d'y voir clair"
est celle de Pascal Ory

CE QUE DIT CHARLIE
treize leçons d'Histoire

1 Sidération 2 Le Crayon guidant le peuple 3 Caricatures de Mahomet
 4 Religion (Guerre de) 5 Terrorisme 6 Liberté d'expression
 7 Laïcité 8 Place de la République 9 Je (ne)suis (pas) Charlie
 10 Hyper Cacher 11 Traité sur la tolérance 
12 Soumission 13 The massacre at Paris
Principe d'incertitude

	

RUMEURS DE PLAGE

écrit sur la plage
Rien de facile, et pourtant écrit dans ce paysage sans limites,
la plage, avec l'aide de la rumeur de la mer et le cri des enfants,
ivres de liberté.
Si une hirondelle de mer, une sterne au vol étourdi, passe et se
mêle à la polyphonie, à ciel ouvert, c'est un moment heureux,
avec ce monde-là qui se révèle à qui veut bien l'écouter.
Naturellement, il faut pour en jouir, avoir dit Non, résolument, 
aux pratiques que l'on voit proliférer autour de soi :
mots croisés, mot fléchés, et des plus grands maux, cette cap-
tation, l'œil rivé, un doigt glissant sur le portable, l'insupportable, 
comme l'avait baptisé à son apparition, mon ami ethnologue.
Cependant, lire "poètes et prosateurs", comme on disait jadis,
mais à petites doses, et en levant les yeux, ajoute au plaisir, 
et peut aussi le contrarier quelque peu...
Rien de facile, mais en attendant, nager insolemment, et oublier
nos infinis...
Un dictionnaire à part moi
17/08/2020

POÉSIE MODE D’EMPLOI ACROSTICHE





ACROSTICHE





Poésie

Où es-tu

En quel endroit

Secret

Irradies-tu

Encor





Mise h

Ors jeu

Décapitée

Engluée

Dans le monde marchand





En évoquant ta perte

Me revient ce chant

Précieux qui décline

Les mille endroits du monde

Où l’on écrit ton nom

Il n’y a pas de liberté sans toi





couverture ornée par mes soins
face à la mer la mer de Poésie
toujours menacée et toujours recommencée

Quand le précieux poète-chercheur Octavio Paz
suggérait aux journaux
de publier un poème par jour
laissant l'initiative aux lecteurs de s'en nourrir
ou de le rejeter
le journal "Le Monde" avait encore un critique
qui s'intéressait à la parution de certains livres de poésie
c'est fini ni ni 

le pire est qu'éditeurs poètes et revues spécialisées
semblent en avoir pris le parti que les poèmes fleurs nouvelles
même vouées à rapidement s'effacer
ne soient plus lus dans l'espace public

Bon vent cependant
à Jean-Marie Corbusier
poète attentif au(x) livre(s)
des oublis et des veilles 
(un de ses titres)
qui sera le rédacteur en chef
du prochain 
Journal des Poètes