ET QUAND PERSONNE NE ME LIRA





ET QUAND PERSONNE NE ME LIRA

Tout change sans cesse, rien n’est stable.

C’est un plaisir toujours renouvelé que de savoir jouir de nos lectures.

Celle du fils de Pierre Eyquem, qui s’inventa le nom de Michel de Montaigne,

devient peu à peu, les ans passant, une de mes préférées.

Beaucoup de passages me sont obscurs faits de « pièces décousues »

comme il disait, non sans malice, mais j’y reviens, je les relis et les relies

à celles pour qui j’ai plus de facilité à suivre son «allure poétique »,

à sauts et à gambades, comme disait ce cavalier émérite.

Je le parcours à sa manière, naturelle et ordinaire, sans contention,

mais je ne le lis jamais sans éprouver le besoin de passer à mon tour, 

à une écriture qui « tient registre » de mes instants, d’une vie bien à moi,

qui en est « la matière ».

Une écriture, qui ne va jamais de soi, faite d’ajouts, de reprises et de pertes.

Mais qui me tient et « m’engage, à (ce) registre de durée », sans fin…et sans reproches.

« Et quand personne ne me lira », écrivait, ou dictait depuis sa tour « librairie », Montaigne.

Formule évidemment qui hameçonne son lecteur, mais que je reprends ici, volontiers,

en ces temps où le « numérique » me permet de dévoiler pour autrui mes fantaisies,

sous forme de poèmes, « essais » avec un « e » minuscule, « dictionnaire à part moi »… 

dont je ne cherche aucune faveur dans le monde littéraire, mais dont je sais gré

à quelques lecteurs et lectrices bienveillantes de les accompagner

de leurs prolongements passagers.





Adieu donc, à Martigues ce 1°novembre 2020

UN DICTIONNAIRE À PART MOI  (travail en cours)

et quand personne ne me lira
lecture à voix basse

TOUT UN POÈME





J’aime la simplicité des relations humaines

et la complexité pour soi

qui cherche 





Que sais-Je ? interrogeait Montaigne

J’ajoute et ne corrige pas

 

J’ajoute

Je ne rature pas





 Certitude du matin devient incertitude du soir

et dans la nuit – souvent – j’y vois plus clair





Caminante no hay camino el camino se hace al andar*

Ce petit chemin qui n’existe qu’en le faisant

Tout un poème !





*Antonio Machado

« Le seul chemin qui vaille c’est celui que l’on découvre en marchant » JJD


	

MONTAIGNE

Que sais-je?

Tout change sans cesse, rien n’est stable.

À n’importe quelle opinion, aussi certaine qu’elle paraisse,

on peut en opposer une autre toute aussi certaine.





C’est un plaisir toujours renouvelé que de savoir jouir de nos lectures.

Celle du fils de Pierre Eyquem, qui s’inventa le nom de Michel de Montaigne,

devient peu à peu, les ans passant, une de mes préférées.

Beaucoup de passages me sont obscurs faits de « pièces décousues »

comme il disait, non sans malice, mais j’y reviens, je les relis et les relies

à celles pour qui j’ai plus de facilité à suivre son «allure poétique »,

fût-ce, à sauts et à gambades.





Je le parcours à sa manière, naturelle et ordinaire, sans contention,

mais je ne le lis jamais sans éprouver le besoin de passer à mon tour,  

à une écriture qui « tient registre » de mes instants, d’une vie bien à moi,

qui en est « la matière ».





Une écriture, qui ne va jamais de soi, faite d’ajouts, de reprises et de pertes.

Mais qui me tient et « m’engage, à (ce) registre de durée », sans fin…et sans reproches.





« Et quand personne ne me lira », écrivait, ou dictait depuis sa tour « librairie », Montaigne.

Formule évidemment qui hameçonne son lecteur, mais que je reprends ici, volontiers,

en ces temps où le « numérique » me permet de dévoiler pour autrui mes fantaisies,

sous forme de poèmes, « essais » avec un « e » minuscule, « dictionnaire à part moi »…  

dont je ne cherche aucune faveur dans le monde littéraire, mais dont je sais gré

à quelques lecteurs et lectrices bienveillantes de les accompagner

de leurs prolongements passagers.





Adieu donc, à Martigues ce 26 juin 2020

(patchwork in progress)





« C’est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être.

Nous cherchons d’autres conditions, pour n’entendre l’usage des nôtres, et sortons

hors de nous, pour ne savoir quel y fait.

Si, avons-nous beau monter sur des échasses, car sur des échasses

encore faut-il marcher sur nos jambes.

Et au plus élevé trône du monde, si ne sommes assis que sur notre cul. »

Michel de Montaigne

JE TIENS REGISTRE DE MES FANTAISIES





JE TIENS REGISTRE DE MES FANTAISIES

Je ne puis tenir registre de ma vie par mes actions,

fortune les met trop bas; je les tiens par mes fantaisies.

                         Montaigne





Je pousse les mots un à un

comme brins de tabac

dans la pipe cubiste

de Guillaume Apollinaire





Je pousse mémé dans les orties

Ma grand-mère les cueillait religieusement

et les passait au volant

pour nourrir ses aucous

– ses petits oisons cacardant –





Je pousse une à une mes citations

qui me somment de penser

de rêver de résister

au monde brinquebalant





Je pousse la chansonnette sous la Croix du Sud

un joropo llanero du Venezuela

buvant de petites bières glacées

sorties d’un frigo marchant au kérosène





Je pousse la porte bénie des insomnies

me détachant de moi

tressant la geste anthologique

de Montaigne & Compagnie





https://www.youtube.com/watch?v=NdeT4AZ5gWM

pajarillo : oiselet 
un joropo musique du llano vénézuélien
parcouru et vécu avec émotion
dans une "vie autre"

POUR SECOUER BRAISES ET CENDRES DE LA NUIT

double page sur carnet kraft A6




POUR SECOUER BRAISES ET CENDRES DE LA NUIT





J’ai repris mon papier Kraft et le format A6

Je vais essayer de l’étonner lui jouer des tours d’araignaies (sic)

-première erreur non volontaire d’orthographe

mais comme il est interdit ici de raturer

il n’est en revanche pas interdit d’en profiter

pour d’araignée faire une araigne –





Ce règne de l’écriture en pattes de mouches appliquées

afin de reprendre, l’exercice passé, le sommeil

J’ai repris mon carnet préféré d’insomnie

avec le stylo noir 0,7 médium ou 0,5 pointe fine

C’est parfait





Voilà

Le premier jet où le petit homme a laissé son cheval s’égayer

« à sauts et à gambades » comme celui du cavalier de Montaigne,

le premier jet est terminé





Il s’agit maintenant de faire plus mesuré

plus raisonné

mais toujours avec ces graines de folie

qui secouent braises et cendres de la nuit





8 juin 2020 3h56

diction