DES BABELS DE SILENCE





Sans bouger dans la nuit

Sous la lampe notre culte

         Dans un livre de poèmes          

Nous feuilletons des terres

Des rivages et des voix

Des Babels de silence      

Aux croisements de pistes

Qui bruissent d’isthmes

Et d’intérieurs murmures





Quand le rite prend fin

Il reste quelques mots sur la page

Une forme un espace

quelques traces





Ou bien le blanc

Sur nos lèvres closes

Égarées

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AIMER L’UTOPIE

Jean Jacques Dorio

réécriture fin de l’été-automne 2020





première version imprimée

publiée par

Encres Vives n° 399

en octobre 2011





une page comme par magie

écriture et peinture 
sur le blog de Maria-Dolores Cano

à lire et découvrir en commentaire



	

COURS VITE ET VA LOIN

manuscrit avec hypnographies : jj dorio
la clownesse Cha-U-Kao
Toulouse-Lautrec (1895)

COURS VITE ET VA LOIN





Une voix intérieure me fait vibrer les lèvres

Je ne sais quelle muse obscure de la nuit

M’emporte au royaume où les morts et vivants

Croisent leurs expériences





Je vois les acrobates préparant leurs prouesses

Sur la boule lovant leur corps de serpent





Je vois Cha-U-Kao cette clownesse peinte

Par l’artiste nabot génie de la palette





Je fais du Grand Palais un bazar où l’on peint

La vie des grandes filles les secrets de famille





À minuit sonnerie mes rimes s’assonancent

Ma cavalière rit effeuillant la mémoire

Ses dents sont rouge sang Cours vite et va loin

Ici tout n’est que cendres





cours vite et va loin voix

LA PORTE DE MA MAISON D’ENFANCE

hypnographies dorio 03/08/2016




Cette rue qui longeait la rivière

Je ne l’emprunterai plus

Et la porte de ma maison d’enfance

Que nécessité me força à mettre en vente

N’est plus qu’un panneau de bois dur

Fermé pour moi à jamais





Mais je laisse là les souvenirs sans suite

J’ouvre la fenêtre

et laisse entrer quelques instants

la fraîcheur sur la passe maritime

d’une première nuit de septembre





Un poème nouveau m’attend

dans sa discontinuité essentielle

et son essai de recomposition





L’éclair d’un geste

Qui ouvre sans le vouloir

La porte de ce poème

Comme un éventail





LA NUIT DE TOUTES LES COULEURS





C’est la nuit de toutes les couleurs

la nuit de kaki et de noisettes

la nuit de fumée et de noix de galle





C’est la nuit de charbon et de pintes

la nuit du maréchal ferrant les éperons de Don Quichotte

la nuit des peintures corporelles qui donnent l’énergie cosmique





C’est la nuit des chants colorés et des têtes ornées d’autruche

la nuit plus noire qu’un chiffonnier

la nuit pourpre que l’on tord pour apaiser les anciens dieux





C’est la nuit de tous ces peuples qui ont disparu

sur les rives d’un chenal de maisons sur pilotis

la nuit du brésil et des cochenilles

la nuit des fards et des simulacres





C’est la nuit qui perd ses couleurs

la nuit du chasseur d’hommes

la nuit du banquier anarchiste

la nuit des initiations qui coupe les cheveux en quatre

la nuit de toutes les incertitudes funéraires





C’est la nuit qui reprend les mythes fondateurs

et les cloue aux poteaux bariolés du bateau ivre





C’est la nuit de la vie de château et de lune d’écailles

la nuit japonaise des six blancheurs

et du soleil sur la palette de Vincent

la nuit que l’on teint en rouge pour mieux l’enterrer

au petit matin

où l’on ira avec Nerval ignorant son point noir

hisser encore une fois son luth constellé

à la vieille lanterne





des nuits de toutes les couleurs

fin du cycle couleur des nuits
une nuit de toutes les couleurs
jjd 31/08/2020

diction avec impro au piano
jjdorio 31/08/2020

LA NUIT BLANCHE





La Nuit blanche c’est comme une poussière qui achève bien les stylos

La Nuit blanche c’est comme un visage en deuil de noir et de blanc

La Nuit blanche c’est le petit veau étoilé qui perce la poche sanglante de sa mère

La Nuit blanche c’est l’énergie qui oscille entre brillance et matité

La Nuit blanche c’est le révolver d’acacia

La Nuit blanche c’est le bonheur du silence tiré à quatre épingles

La Nuit blanche c’est l’œuf cosmique qui sort de la lagune de Tenochtitlán

La Nuit blanche c’est le lin et le lien de tous les travailleurs de la vingt-cinquième heure

La Nuit blanche se promène sur le dos des yacks noirs

La Nuit blanche jette son voile et ses graviers volcaniques

La Nuit blanche c’est le sel et le lait et l’hésitation du stylo sur la page de craie et de cendres

une minute d’un dessin de nuit blanche « affranchi de l’ordre du temps »
dorio 30/08/2020

écouter la nuit blanche