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Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
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Martigues 13 décembre 2023
APPEL À TEXTES, courts poèmes, proses et prosèmes.
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Envoyez vos rebonds et vos gambades à l’adresse ci-dessous
avec vos noms et si possible votre date de naissance
ils apparaîtront plutôt deux fois qu’une sur le blog
doriojeanjacques@gmail.com
à titre d’exemple voir le prochain « post »
d’un poème et d’un dessin qui m’ont été envoyés par courriel
SE RÉINVENTER C’est quand vous voulez, quand vous en avez assez de brasser le vent des feuilles mortes de votre « époque » et que vous ressentez, à l’inverse, le besoin de vous replonger un instant dans les alizés spirituels qui passent sur les phrases impossibles à lire sans un long, immense et raisonné, dérèglement de tous les sens. C’est quand vous désirez entrer dans un monde où vos souvenirs se mêlent, telles « ces fissures, failles, bigarrures de coloration qui dans certaines roches révèlent des différences d’origine, d’âge, de formation. » C’est quand vous voulez amies lectrices, amis lecteurs, lisant et écrivant, associant et dissociant vos « idées », sans bouger ou en marchant, en silence ou faisant passer le texte en voix, entrant grâce aux pouvoirs d’un livre au pays de l’imagination mémorisée, vous perdant dans ses pages, corps et âme, pour avoir une chance de vous réinventer.
Avec Ortega y Gasset, Rimbaud et Proust.
UN TEXTE DE NUIT PAR TROP NÉGLIGÉ Réveil de nuit Plutôt que de gamberger dans le noir absolu Je prends la plume sous ma lampe de chevet Pour aller où elle me guidera Même si parfois je ne sais plus où je vais J’erre sur l’aire d’une surface blanche Pour un peu je badauderai en me faisant clown pour l’amour d’une écuyère du cirque Médrano Voilà je range plume et cahier J’éteins les feux et je réfléchis dans la nuit retrouvée comment je pourrais transfigurer en un poème ce texte par trop négligé
Pâle lune du matin semblable à une méduse Je note l’image sur mon carnet avant de me rendormir La nuit fut voyageuse en des mondes d’Odyssées Les pérégrinations d’Ulysse Les merveilleuses découvertes d’Alice Le mythe du chemin des Indiens morts recueilli par Compère Perrin 1
Avant de m’assoupir j’ai eu le temps de raviver les braises d’un feu de branches soutenu par quelques souches de mon olivier qui n’a pas résisté à la sécheresse de l’été J’ai revu ce faisant le foyer de la forge où le maître des lieux (« le faouré ») préparait les fers rouges puis blancs, afin d’en chausser les bœufs tenus par des sangles au « Travail » Ça sentait la corne brûlée, non la corne de brume d’où émerge mon radeau de survie de l’imagination poétique : épilobe, oxalide, phalaris, trois mots rares épinglés pour les écrire à l’encre de Chine sur un papier bible, fin comme le papier cigarette que j’achetais naguère en demandant au buraliste : un Job s’il-vous-plaît.
Il était pauvre comme Job, elle a remis sa rob C’est l’évocation de ce pauvre vieux assassiné dans la chanson du père Brassens parce qu’il n’avait pas un sou vaillant à donner « à une de vingt ans » dont il avait demandé les faveurs Assassiné Assassinat Ah ! Ça ira ça ira ça ira dit la Carmagnole, une femme qui haïssait Madame Véto Les neuf muses, seins nus, chantaient la Carmagnole Un retour de printenps pour une Révolution commencée dans la Joie terminée dans le Sang des têtes tranchées
Mon texte lui aussi est en train de perdre sa tête filant son mauvais coton Un bon prétexte pour le boucler mais sans se défiler Il t’appartient lecteur de réenrouler la bobine
1 COMPÈRE PERRIN : COMPADRE
Avoir pour ami un « ethnologue, directeur de recherche au CNRS, enseignant à l’EHESS, dont les travaux portaient sur la mythologie, le symbolisme et le chamanisme (entre autres) » et qui m’envoya, sitôt sortis, tous ses livres, m’a permis de lire une abondante littérature spécialisée. Il est vrai, qu’au début il lui arrivait de me dire les indiens nous pardonneront, phrase à méditer, mais qui, en l’occurrence, rappelait les liens personnels que nous avions tissés, « sur le terrain », allant tous les deux au printemps 1971, à la rencontre de nos premiers « sauvages », les indiens « Panarés » vivant principalement dans l’état Bolivar du Venezuela. Ils nous avaient accueillis alors que, en train de danser et chanter, ils pratiquaient le rituel de la récolte de la canne à sucre.
Cette nuit, je consulte son « dictionnaire comparé de Sciences Humaines » (écrit à quatre mains), qui au fil des pages me donne l’étrange sensation d’être à mon tour ce sauvage « acculturé ». Mais, enfin, découvrant l’article « Compadrazgo », ce rituel fréquent en Amérique du Sud, me ramène à nos relations personnelles, puisque nous devînmes « Compères » quand il eut le bon heur de me demander d’être le « parrain » d’une de ses filles.
Michel Perrin (1941-2015) : Le chemin des indiens morts, Les praticiens du rêve, Le chamanisme, Tableaux Kuna, Voir les yeux fermés, Visions Huichol.
https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi
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