COMPOSTELLE





Je n’ai pas fait le chemin de Compostelle

Avec un solide gourdin pour éloigner les chiens.





Je n’ai pas été jongleur, marionnettiste,

Encore moins dompteur de puces ou artiste.





Je n’ai pas fait mes classes de conscrit

Ni joué de l’orgue de Barbarie.





Je n’ai pas connu le zouave du pont de l’Alma

Ni fait le compte de mes joies et de mes peines

Sous le pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire.





Je n’ai pas fauché le vent

Comme le jardinier des Misérables.





Je n’ai pas planté mes choux dans « mon jardin imparfait,

nonchalant d’Elle » : la mort, la mort, toujours recommencée.





Je n’ai pas écrit de sonnets pour Cassandre,

Ni de recueils de vers pour « les oreilles d’Amarante. »





Je n’ai pas écrit Paroles ni Les Amours jaunes

Mais cette litanie,

Oui.





Montaigne pour son « jardin imparfait »,

Pierre de Marbœuf pour « Les oreilles d’Amarante »

et quelques autres faiseurs de rimes et de proses.

IL NE FAUT PAS PERDRE SON SOUFFLE

Il ne faut pas perdre son souffle
Tant qu'il y a du monde
Qui souffle et souffre
Il faut persévérer

Une librairie spécialisée de New York

Brooklyn « Sketchbook project »

possède l’exemplaire unique

fait de collages, peintures et dessins,

soutenus par de courts poèmes

que je leur ai envoyé

Le livret compte 33 pages

Ils l’ont mis en ligne

ici

sur ce lien

MARELLE





Marelle il suffit d’un mot

Pour ébranler le sens d’un monde

À tue-tête et à cloche-pied

Terre ciel enfer paradis

Et c’est pour de rire pardi !

Grenouille « Si la pluie te mouille »*

Rainette sur un nénuphar

À Giverny c’est nymphéa

Nymphes hermosas y feas

Une fée verte en style nouille

Mais dans le gosier de Verlaine

Ça fait violon des sanglots longs

Le mal au cœur le vague à l’âme

Vague divague sur la page

Coup de billard du vieux pillard

Des lavandières littéraires

De la lavande qui embaume

Le fouillis des mots d’un poème

Qui sous prétexte de marelle

Pour ébranler le sens du monde

S’est perdu dans le labyrinthe

Dont nul ne sort vivant ni mort





*Si la pluie te mouille mon amour nouveau (Anne Sylvestre)

PUR CHIFFON





Pur chiffon c’est papier

Pur papier c’est coton

Coton tige cigarette

Gare à toi tu es suivie

Une ligne et puis l’autre

Une vigne une feuille

« Dans l’eau de la claire

fontaine »* Je meurs de soif

devant tes trois voyelles

e de feu

a d’aqua

u de ru

Mon petit ru

se rue vers la pente

de l’espace blanc

qui alimente tout poème

tombe la neige

et que n’ai-je

un Ravel

pour pleurer

mon infante défunte





*Dans l’eau de la claire fontaine elle se baignait toute nue Georges Brassens