UN JOURNAL DE CINQUIÈME SAISON

manuscrit avec hypnographies (03/01/2021)




Un journal de jours nuls jours lus

depuis les mots de la tribu

de l’attribut qui fait défaut

au dictionnaire à part soi-même





Un journal cinquième saison

Le murmure de ce qui reste

Après l’incendie de l’automne

de la vie de celle qu’on aime





Un journal d’un jour bien rempli

Aidé des bœufs poussant l’araire

aux champs de Naouzos un lieu-dit

Un chant d’oiseau qui veille et dort





Un journal qui laissait de l’encre
Sur les doigts de l’enfant des lettres

Transfiguré –il va de soi-

en abeille des jours heureux


	

MOTS ARRACHÉS

manuscrit avec hypnographies




Quelques mots arrachés au silence de la nuit

L’agate les corbeaux les pensées la poussière

L’enfance de Van Gogh Descartes cogitant

Ça ne mène pas loin mais ça fait exister

L’alexandrin boiteux la rime passagère

« Ça éloigne de soi » après un vieux rêve

Où l’on revoit sa grange pleine de totems

Une faux un marteau une pierre de Rosette

L’odeur du foin coupé des plumes de corneille

Échange de regards des objets au sujet

Les mots comme arrachés ont parlé dans la tête

Mais sur la page blanche ils n’ont fait que passer





02/01/20201

quelques mots arrachés

LE SPLEEN DE PARIS





Je relis le Spleen de Paris

De l’énigmatique étranger

Apatride et sans amis

Haïssant l’or comme nous Dieu

Mais comme il aime les nuages

qui passent…tout est pardonné.





La neurasthénie et le spleen

Se sont évanouis depuis

Du moins leurs mots mais par leurs maux.

(Un vers je l’avoue trop facile)





Le poète avait sa fierté

Son orgueil face à la Nature

« Enchanteresse et sans pitié »

Ses fleurs du mal étant flétries

Il se lança dans cette prose

Ivre de sens renouvelés





Relisez le spleen de Paris

Ses invitations au voyage

Offert à la sœur d’élection

Ses tulipes noires et ses dahlias bleus !


	

RUTABAGA





Le rutabaga ça va pas le faire

Et pourquoi pas ? le rut, la bagatelle

(Tiens jadis j’en ai fait une fredaine)





Le coquelicot, ça c’est beaucoup mieux,

Y en a même des fois des champs entiers

et la chanson de Marcel Mouloudji,

D’abord badine puis un trou au cœur.





Le frais cresson bleu du dormeur du val.

C’est la guerre, un bouquet de glaïeuls

fleurit ce pioupiou percé de deux trous.





Résumons. Rutabaga, bagatelle,

Telle une chanson, un ptit coqu’licot,

Les trous : côté verdure et côté droit.

Ajoutons aux glaïeuls, ce presque rien

apporté sur la tombe de sa fille

par le poète proscrit : du houx vert.





J’ai prêté l’oreille à la rumeur

des mots qui rêvent, le regard ouvert,

les yeux sur la mer, qui va, vient, et meurt.

une bagatelle (chanson jj dorio)