l’air de rien refrain connu l’air venu j’enchaîne les paroles l’air le feu le souffle du fluide gazeux l’air la brise que brisent ifs et cyprès l’air qui donne cet air de famille d’une liste à la Prévert l’air sur l’aire qui sépare le bon grain de l’ivraie l’air délivré par ce pauvre hère tuberculeux l’air de Corbière poète maudit mort à trente ans de phtisie l’air de Tristan à sa jument Souris à Sir Bob à son chien Pope l’air de Titan satellite géant de Saturne l’air de Saturne morne et taciturne du père Brassens l’air d’un vanneur de blé aux vents 1 cependant que j’ahane cet air oublié que je te chantais 1 Joachim du Bellay
LA NUIT EN MODE HYPNOSE
Laisse pousser les mots la nuit La source noire qui t’éclaire La voie lactée la Galaxie Le grain battu sur la grande aire Laisse Confusion t’envahir Le petit blues de l’écriture La traversée de tes silences L’absence de littérature Laisse les rêves t’envahir Songes et sommes se déploient Ton corps passant en mode hypnose Nul commentaire et nulle glose

COMME UN ENFANT
Comme un enfant me dis-je Plus tu vieillis plus tu accueilles les paroles des livres Comme un enfant écoute les contes Que Maman lui lit Comme un enfant tu prends la phrase Qui s’allonge se tortille Sombre et minutieuse comme une ancolie 1 Même si parfois les yeux t’en tombent Comme un enfant qui dort Tu poursuis dans ta tête les belles formes d’art au malheur exercées, Du côté de chez Proust 1 relisant Baudelaire 2 Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau 2
LE BLANC
Le blanc est écriture Du lyrisme la rupture Le blanc c’est ton visage En allé dans la nuit Le blanc c’est ma lumière Noire quand je te songe À blanc disent les enfants D'un rêve qui les ronge
LA FLAMME VACILLANTE DES POÈTES DE L’EXIL
E qualquer margem serve Para receber o lamento Que não cabe no papel Nuno Júdice (1949- ) Et il est une marge qui sert à accueilir le lamento qui déborde du papier (ma traduction) Le poème évoque les poètes de l’exil -littéralement hors sol- Le poète cite Ovide, Dante, Camões (beaucoup de noms, reconnaît-il, lui échappent) Je songe à Clément Marot Poète non pareil Auteur de grandes merveilles Dont le catholicisme fanatique Eut la peau Y sueño a Antonio Machado Qué con facilidad Confundia Belleza y Bondad 1 La nuit quand les mots traversent plus aisément l’Esprit L’esprit de résistance pour celui qui maintient en lui La flamme vacillante de la poésie 1 Et je songe à Antonio Machado Qui, naturellement, fusionnait en lui, Beauté et Bonté.
