LETTRE D’UN MOINE RÉSIDANT À NEW YORK





De cada dit de ploma
Ma plume dont chaque doigt
Fait chant des Signes



Je n’imaginais pas qu’un moine vivant à New York m’écrive un jour

Il a lu mon poème sur la toile intitulé Au rythme du cinéma muet

Lui aussi comme Montaigne et Brassens a des coliques néphrétiques

Il me remercie pour mes bonnes paroles mesurées par des vers

Et m’affirme que désormais il va remplacer chaque matin ses antalgiques opiacés

Par la lecture de mes posts qui fleurissent dans mon jardin imparfait



SI JE DOUTE

Si je doute
Ce n’est pas de mon existence
Comme l’auteur du Cogito

Si je doute
C’est de mes croyances
Qu’il faut toujours frotter
Aux ombres et aux lumières
Du langage et des sens

Si je doute
Ce n’est pas de la méthode poétique
Ce long immense et raisonné dérèglement 1
De toutes nos certitudes

Si je doute

1 Arthur Rimbaud

LE TEXTE ET SES LECTEURS





Le texte grandit avec ses lecteurs.

Il a été écrit loin d’eux, sans penser à personne, pour ce qu’on cherche en soi d’essentiel, mais le texte achevé, sans l’épreuve d’une lecture accomplie par les autres, il reste lettre morte, un jeu solitaire et stérile.

Ainsi, merci chère Marie et cher Jean-Marie, chère Esther et cher Marcel, […] par vos lectures bienveillantes de le raviver.

AUTREMENT DIT

Je passe toute la journée à ne pas écrire, mais ici et là en lisant je recopie de brefs passages sur un carnet noir à spirales papier kraft 18×13 cm Je passe la journée dans les bois et les arbres du baron perché, vicomte pourfendu et chevalier inexistant.

Mais la nuit, le moi qui a attendu pendant qu’on était avec les autres, 2 le moi se déploie : ni ego (niego je nie l’ego), ni cogito (je ne pense pas l’être, je peins le passage 3), ni poèmes colligés des revues mortes…

Mais la nuit je tisse avec obstination et persévérance les petites pièces d’un puzzle personnel qui en dépit des apparences, n’est pas un jeu solitaire. 3

1 Italo Calvino 2 Marcel Proust 3 Montaigne 4 Georges Perec