CE QUE N’EST PAS UN POÈTE





Un poète n’est pas un fakir écrivant sur sa planche à clous                                                              

Un poète n’est pas un milord, juste un esquire.

Un poète n’est pas un moineau qui picore ses grains de mots.

Un poète n’est pas un moinillon ensaché dans sa robe sacrée.

Un poète n’est pas un papillon qui rêve de Tchouang Tseu.

Un poète n’est pas ce doux violent producteur d’oxymores.

Un poète n’est pas un clodo fût-il céleste ou alcoolo.

Un poète n’est pas la fille de Minos et de Pasiphaé.

Un poète n’est pas un ver luisant sous de vastes portiques.

Un poète n’est pas un porteur de lentes ou de tiques.

Un poète n’est pas une figure absente de tout paysage.

Un poète n’est ni saint, ni démon, ni sage.

Un poète n’est pas cette momie que l’on défait mille ans après de ses bandelettes.

Un poète n’est pas…





Cette liste sans fin ne s’achève pas ici, on s’en doute,

 elle nous a été donnée par une dame Taupe

qui en creusant une de ses galeries

l’avait trouvée soigneusement enroulée

comme les peintres font de leurs œuvres

à ne montrer que longtemps après leur disparition

C’EST PAS VRAI !





cinq septembre





assis sur la colline en sortant du petit bois de pin

en y passant j’ai encore entendu 2 ou 3 cigales

avant la bise soit venue





je feuillette le catalogue du Vistemboir

dont j’ai rencontré l’éditrice hier à Aix en Provence

outre la qualité et l’originalité de ses publications

nous avons bavardé comme de vieux amis

qui ignoraient qu’ils étaient nés le même jour de mars

(mais elle 2 ans après)

et qu’ils avaient habité sans le savoir l’un en face de l’autre à Paris

rue de Vaugirard en Mai 68 (plutôt en juin juillet)





c’est un dimanche scintillant avec une voile blanche égarée

entre les pétroliers

et un petit bateau à moteur qui traverse la rade

en faisant les mêmes panaches que les avions du soir

partant pour l’Afrique





You don’t say

Melba Lison exceptionnelle tromboniste côté femme

C’est pas vrai !

premier jet

ENVELOPPÉ DE BLEU





quatre septembre





enveloppé de bleu

mer et ciel confondus

j’écris soleil se levant dans mon dos

mon stylo à pointe fine projette sur la page

comme une ombre chinoise

le petit train longeant la côte bleue passe là-bas

direction Miramas

(il glisse tel un requin)

Bali bronze

musique de percussions métalliques

accompagnée d’une flûte à bec d’azur

(décidément)

manuscrit premier jet

ASSIS SUR LA COLLINE

manuscrit premier jet




trois septembre

assis sur la colline à la sortie du bois de pin

une pincée de soleil après la petite pluie

 mer aperçue à l’horizon comme un toit d’ardoise

entre deux branches de pin

peintes (on dirait) par Cézanne ou Zao Wou-Ki

un hélico passe en direction de la Camargue

(mémoire : souvenir en creux

ai-je lu quelque part)

Settimana Romana*

(un titre dont l’ensemble musical qui le jouait

s’est effacé de ma tablette)

*Ramon Fossati Sextet

JE FAIS DES LISTES

manuscrit « tel quel »




Je fais des rêves qui me font et me défont

Je fais des fièvres des maux de tête des quintes de toux

Je fais des poèmes des mots de rien de doutes et de secrets

Je fais des prières au Grand Manitou et à la déesse Raison

Je fais des délices à goût de réglisse et de calissons

Je fais des bêtises des blagues et des pastiches

Je fais des vers qui se brisent à l’hémistiche

Je fais des listes répétitives sur mon arc musical

Kits de survie ouvertes à tous les sens