UN PEU D’OR





3

Un peu d’or puisé par les orpailleurs

Un peu d’or dans le cœur de Félicité

Un peu d’or dans les plumes du paradisier

Un peu d’or sur les lettres du cimetière





Un peu d’or pour les temps incertains

Un peu d’or sur la syntaxe en fête

Un peu d’or pour l’homme des cavernes

Un peu d’or pour le Covid 19





Un peu d’or pour Poisson soluble

Un peu d’or avec des cors aux pieds

Un peu d’or ô mort vieux capitaine

Un peu d’or sous les doigts de Morphée





Un peu d’or le cri de la Nature

Un peu d’or pour le don des fées

Un peu d’or des pieds à la tête





Un peu d’or entre la mer des Crises

Et celle de la Sérénité





28/03/2020

C’est Dorio qui l’a fait

 Mais Queneau lui a soufflé

les deux derniers vers








7 POÈMES DE MAINTENANT LE CORPS AU NAGUÈRE
 
 
Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.
 
Paul Verlaine
JADIS ET NAGUÈRE
 

UN PEU D’ART

écrit tel quel
premier jet
28/03/2020
01h55




2

Un peu d’art chanter comme un cheval

Un peu d’art mon royaume pour un Chagall

Un peu d’art la fleur à la boutonnière

Un peu d’art taper sur son enclume





Un peu d’art au clair de la lune

Un peu d’art mon ami Queneau

Un peu d’art ma cousine Bette

Un peu d’art avec des chapeaux ronds





Un peu d’art du beurre dans les épinards

Un peu d’art pour percussions et épinette

Un peu d’art pour les temps difficiles

Un peu d’art dis-je en vers lyriques





Un peu d’art pour sortir du pétrin

Un peu d’art pour le galet de Ponge

Un peu d’art qui roule sur ce texte

Un peu d’art le livre se referme





c'est Dorio qui l'a fait
Mais Queneau l'a aidé


7 POÈMES DE MAINTENANT LE CORPS AU NAGUÈRE
 
Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

Paul Verlaine
JADIS ET NAGUÈRE
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

UN PEU D’AIR

1

Un peu d’air qui court dans les rues

Un peu d’air qui bat la campagne

Un peu d’air pour fendre les flots

Un peu d’R aimons Queneau





Un peu d’air sur l’identité

Un peu d’air bâti sur le roc

Un peu d’air sur les buildings de New York

Un peu d’air Do Rio de Janeiro





Un peu d’air qui va à tout vent

Un peu d’air sorti d’un accordéon

Un p’tit air de manouche à Saint Ouen

Un peu d’air de jazz blues rouge et blanc





Un peu d’air à voix de Sirène

Un peu d’air  pour nous dire Adieu

Un peu d’air sur nos joies nos peines

Un peu d’air dans l’inachevé









7 POÈMES DE MAINTENANT LE CORPS AU NAGUÈRE

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.
Paul Verlaine
JADIS ET NAGUÈRE




LETTRE CONSTRUITE COMME N’IMPORTE QUOI MAIS PAS PAR N’IMPORTE QUI

pastiche
d’une lettre vraie
son auteur à découvrir
est universellement connu

LETTRE VRAIE                                                         LETTRE PRESQUE VRAIE

    date inconnue                                           écrite à Martigues le 26 mars 2020





Quelqu’un a écrit une « lettre vraie ». C’est écrit en haut à gauche sur un papier un peu passé. Mais je ne sais qui ? Je ne sais quand ? Je ne sais où ? Je ne sais à qui ?

Cette lettre est apparue page de gauche et page de droite, quand j’ai ouvert au hasard ce livre intitulé, excusez du peu : Les plus belles lettres manuscrites de la langue française.

Celle-là, « la lettre vraie », elle est tout ce vous voudrez, sauf belle.

C’est du « radotage de vieille fille », je relève l’expression vers la fin, ou plutôt, c’était ma première impression, d’un blanc-bec.

Quant au fond, comme on disait naguère, je ne vous dis pas, c’est du mauvais tissu, que même si on en avait l’intention, on ne pourrait réparer.

Que l’on en juge par ces quelques prélèvements, que j’opère et vous livre en italique.

Je suis extrêmement ambitieux, je voudrais être très audessus (sic) des autres, surtout j’ai l’ambition de créer, construire n’importe quoi, mais construire, je ne peux pas voir une feuille de papier blanc sans avoir envie d’écrire.

Il y a une seule ligne avec deux ratures : c’est que j’ai en je viens d’en lire une. Il s’agit d’une œuvre.

Ma page blanche s’achève. Celle que je lis n’est qu’un extrait, la formule finale de politesse ou de mépris manque. Cependant ce que je vais recopier pourrait en tenir : follement, stupidement sentimental, couard et douillet.

C.Q.F.D.





Ps 1 En découvrant le nom de l’auteur les bras m’en tombent. C’est trop bête pour être vrai.

Ps2 Qui ? : je ne le vous dirai pas. À qui ? une cousine dont il était, dit-on, amoureux.

Ps3 Quand ? en 1926.

Ps4 Où ? dans une turne de l’E.N.S.

Oui là je viens de révéler le pot aux roses !

PEU DE LECTEURS Y MORDENT
J'ajoute une photocopie de cette "lettre vraie"
En souhaitant que ça réveille leur curiosié




tout ceci est très banal
Texte de la lettre reproduite tel quel 
avec coquilles rares et mots que les fins de lignes sé
parent
Cette lettre pourrait apparaître dans l'ouvrage pour moi essentiel
de la sociologue Nathalie Heinich : 
ÊTRE ÉCRIVAIN Création et identité (Editions La Découverte 2000)
"Les êtres se définissent autant par leurs chimères
que par leur condition réelle"
Paul Bénichou
 
"Je me présente -en avance vous verrez pourquoi - 
Vous m'avez reproché de n''être ni simple ni vrai, vous
allez voir si cela m'est commode.
J'ai un fond de caractère très hétéroclite.
D'une part je suis extrêmement ambitieux. Mais
de quoi? Je me représente la gloire comme une
salle de danse remplie de messieurs en habits
et de dames décolletées qui lêvent(sic) leurs coupes
en mon honneur. C'est tout à fait image d'Épi
nal, mais j'ai cette image là depuis mon en
fance. Elle ne me tente pas et pourtant la
gloire me tente car je voudrais être très
audessus(sic) des autres, que je méprise. Mais
surtout j'ai l'ambition de créer : il me faut
construire, construire n'importe quoi mais cons
truire, j'ai fait de tout depuis des systêmes (sic)
philosophiques (idiots bien entendus, j'avais 16ans) jus
qu'à des symphonies. J'ai écrit mon premier
roman à 8 ans. Je ne peux pas voir une
feuille de papier blanc sans avoir envie
d'écrire quelque chose dessus. Je ne ressens
ce sentiment par ailleurs ridicule : l'enthousiasme
qu'au contact de certaines œuvres, parce que je
me figure que je pourrais les refaire, les produire
à mon tour, et si je vous écris aujourd'hui
c'est que (j'ai et éléments raturés) je viens d'en lire une et
que j'ai été pris aussitôt du besoin de 
construire quelque chose : cette lettre."

LETTRE ART BRUT D’UN MORALISTE JOYEUX

premier jet
brut
comme on dit
d’un vin de Champagne

Jean Dubuffet                                                                                         Jean Jacques Dorio

à Florence Gould                                                                                 à l’Asphyxiante Culture





LETTRE ARBRUT

D’UN MORALISTE JOYEUX





Je vous assure que la copie à la main est la chose la plus agréable qui soit pourvu que l’on n’oublie pas de s’appliquer comme un gamin

Je vous assure qu’il n’y a rien de plus original que de dérouler ainsi les lettres les mots les accents et les signes diacritiques

Je vous assure que l’on peut simultanément affirmer tout son contraire et une troisième manière que je nommerais faute de mieux la troisième dimension

Je vous assure qu’il n’y a rien de plus asphyxiant qu’un musée rien de plus stimulant rien de plus inquiétant

Je vous assure que j’ai oublié chemin faisant ce que je voulais vous rapporter d’Égypte (Maat déesse de la balance me dit le livre que j’ai ouvert pour me venir en aide)

Je vous assure que les épidémies ça me connaît la peste puisqu’il faut l’appeler par son nom avec ses gens aux longs becs de noir vêtus soufflant leur poudre de perlimpinpin pour conjurer le mal attribué naguère à la punition divine

Je vous assure qu’ « il m’est doux en cette mer de faire naufrage »* avec la sensation d’échapper à l’asphyxiante in/culture qui perd les gens du commun et les individus riches capitaines d’industries Titanic

*e il naufragar m’è dolce in questa mare (Leopardi)

Je vous assure que je suis fort de ma vulnérabilité fragilité perte d’un être qui m’était le plus cher au monde

Je vous assure que l’absence de démesure et la conscience des certitudes basées sur l’ignorance me permettent de poursuivre cette écriture chancelante mais résolue

Je vous assure que c’est la mouvance et non la fixité qui doit devenir l’élément de mire de la pensée son objet constant

Je vous embrasse joyeusement

Jean Dubuffet

alias JJD





source plagiée

Lettre de Jean Dubuffet

à la mécène Florence Gould

dans les années 60 (siècle XX)

fac-similé de la lettre de Jean Dubuffet
JE VOUS ASSURE QUE LES MUSÉES
SONT LA CHOSE LA PLUS DÉTESTABLE QUI SOIT