7 POÈMES DE MAINTENANT LE CORPS AU NAGUÈREQue ton vers soit la bonne aventureÉparse au vent crispé du matinQui va fleurant la menthe et le thym...Et tout le reste est littérature.Paul VerlaineJADIS ET NAGUÈRE
c'est Dorio qui l'a faitMais Queneau l'a aidé7 POÈMES DE MAINTENANT LE CORPS AU NAGUÈREQue ton vers soit la bonne aventureÉparse au vent crispé du matinQui va fleurant la menthe et le thym...Et tout le reste est littérature.Paul VerlaineJADIS ET NAGUÈRE
pastiche d’une lettre vraie son auteur à découvrir est universellement connu
LETTRE VRAIE LETTRE PRESQUE VRAIE
date inconnue écrite à Martigues le 26 mars 2020
Quelqu’un a écrit une « lettre vraie ». C’est écrit en haut à gauche sur un papier un peu passé. Mais je ne sais qui ? Je ne sais quand ? Je ne sais où ? Je ne sais à qui ?
Cette lettre est apparue page de gauche et page de droite, quand j’ai ouvert au hasard ce livre intitulé, excusez du peu : Les plus belles lettres manuscrites de la langue française.
Celle-là, « la lettre vraie », elle est tout ce vous voudrez, sauf belle.
C’est du « radotage de vieille fille », je relève l’expression vers la fin, ou plutôt, c’était ma première impression, d’un blanc-bec.
Quant au fond, comme on disait naguère, je ne vous dis pas, c’est du mauvais tissu, que même si on en avait l’intention, on ne pourrait réparer.
Que l’on en juge par ces quelques prélèvements, que j’opère et vous livre en italique.
Je suis extrêmement ambitieux, je voudrais être très audessus (sic) des autres, surtout j’ai l’ambition de créer, construire n’importe quoi, mais construire, je ne peux pas voir une feuille de papier blanc sans avoir envie d’écrire.
Il y a une seule ligne avec deux ratures : c’est que j’ai en je viens d’en lire une. Il s’agit d’une œuvre.
Ma page blanche s’achève. Celle que je lis n’est qu’un extrait, la formule finale de politesse ou de mépris manque. Cependant ce que je vais recopier pourrait en tenir : follement, stupidement sentimental, couard et douillet.
C.Q.F.D.
Ps 1 En découvrant le nom de l’auteur les bras m’en tombent. C’est trop bête pour être vrai.
Ps2 Qui ? : je ne le vous dirai pas. À qui ? une cousine dont il était, dit-on, amoureux.
Ps3 Quand ? en 1926.
Ps4 Où ? dans une turne de l’E.N.S.
Oui là je viens de révéler le pot aux roses !
PEU DE LECTEURS Y MORDENTJ'ajoute une photocopiede cette "lettre vraie"En souhaitant que ça réveille leur curiosié
tout ceci est très banal
Texte de la lettre reproduite tel quel avec coquilles rares et mots que les fins de lignes séparentCette lettre pourrait apparaître dans l'ouvrage pour moi essentielde la sociologueNathalie Heinich : ÊTRE ÉCRIVAIN Création et identité (Editions La Découverte 2000)"Les êtres se définissent autant par leurs chimèresque par leur condition réelle"Paul Bénichou
"Je me présente -en avance vous verrez pourquoi - Vous m'avez reproché de n''être ni simple ni vrai, vousallez voir si cela m'est commode.J'ai un fond de caractère très hétéroclite.D'une part je suis extrêmement ambitieux. Maisde quoi? Je me représente la gloire comme unesalle de danse remplie de messieurs en habitset de dames décolletées qui lêvent(sic) leurs coupesen mon honneur. C'est tout à fait image d'Épinal, mais j'ai cette image là depuis mon enfance. Elle ne me tente pas et pourtant lagloire me tente car je voudrais être trèsaudessus(sic) des autres, que je méprise. Maissurtout j'ai l'ambition de créer : il me fautconstruire, construire n'importe quoi mais construire, j'ai fait de tout depuis des systêmes (sic)philosophiques (idiots bien entendus, j'avais 16ans) jusqu'à des symphonies. J'ai écrit mon premierroman à 8 ans. Je ne peux pas voir unefeuille de papier blanc sans avoir envied'écrire quelque chose dessus. Je ne ressensce sentiment par ailleurs ridicule : l'enthousiasmequ'au contact de certaines œuvres, parce que jeme figure que je pourraisles refaire, les produireà mon tour, et si je vous écris aujourd'huic'est que (j'ai etélémentsraturés) je viens d'en lire une etque j'ai été pris aussitôt du besoin de construire quelque chose : cette lettre."
premier jet brut comme on dit d’un vin de Champagne
Jean Dubuffet Jean Jacques Dorio
à Florence Gould à l’Asphyxiante Culture
LETTRE ARBRUT
D’UN MORALISTE JOYEUX
Je vous assure que la copie à la main est la chose la plus agréable qui soit pourvu que l’on n’oublie pas de s’appliquer comme un gamin
Je vous assure qu’il n’y a rien de plus original que de dérouler ainsi les lettres les mots les accents et les signes diacritiques
Je vous assure que l’on peut simultanément affirmer tout son contraire et une troisième manière que je nommerais faute de mieux la troisième dimension
Je vous assure qu’il n’y a rien de plus asphyxiant qu’un musée rien de plus stimulant rien de plus inquiétant
Je vous assure que j’ai oublié chemin faisant ce que je voulais vous rapporter d’Égypte (Maat déesse de la balance me dit le livre que j’ai ouvert pour me venir en aide)
Je vous assure que les épidémies ça me connaît la peste puisqu’il faut l’appeler par son nom avec ses gens aux longs becs de noir vêtus soufflant leur poudre de perlimpinpin pour conjurer le mal attribué naguère à la punition divine
Je vous assure qu’ « il m’est doux en cette mer de faire naufrage »* avec la sensation d’échapper à l’asphyxiante in/culture qui perd les gens du commun et les individus riches capitaines d’industries Titanic
*e il naufragar m’è dolce in questa mare (Leopardi)
Je vous assure que je suis fort de ma vulnérabilité fragilité perte d’un être qui m’était le plus cher au monde
Je vous assure que l’absence de démesure et la conscience des certitudes basées sur l’ignorance me permettent de poursuivre cette écriture chancelante mais résolue
Je vous assure que c’est la mouvance et non la fixité qui doit devenir l’élément de mire de la pensée son objet constant
Je vous embrasse joyeusement
Jean Dubuffet
alias JJD
source plagiée
Lettre de Jean Dubuffet
à la mécène Florence Gould
dans les années 60 (siècle XX)
fac-similé de la lettre de Jean Dubuffet JE VOUS ASSURE QUE LES MUSÉES SONT LA CHOSE LA PLUS DÉTESTABLE QUI SOIT