




11 heures du matin
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour





Ici il n’y a que poèmes inédits
Chaque jour est ballade
Comme un poisson d’avril
Ici gentillesse et noblesse
grattent le palimpseste :
aise, soulas, druz, lyesse,
loin des vieulx corbeaus aigris.
Ici où présents sont
ces mots accordés
sans me vanter
Il faudrait souvent réécrire ses inédits
Faisant silence comme chemins
Que l’on ne trouve qu’ inattendus
Mais l’autre voix* elle est ainsi
Qui s’ajoute et nous ajoute…
Et à chacun de rectifier !
*la voz otra : à certains moments, longs ou brefs, répétés ou isolés,
tous les poètes qui le sont vraiment entendent l’autre voix.
Elle est étrangère et c’est la leur, elle est à tous et à personne.
Octavio Paz (La otra voz ) 1990

Il n’y a personne
À l’entrée du petit bois de pin
Ni le héros de l’Odyssée
Ni Ponge l’antipoète
Il y a ce promeneur solitaire
Qui prose ces quelques vers
En regardant les aiguilles
Danser au vent léger

Le Petit Robert ignore le sens
mais non le Robert Historique
On lit sur le dictionnaire des mots rares et précieux
cette définition d’un écrivain :
nom vulgaire d’un insecte coléoptère
du genre eumolpe
Il s’attaque aux filtres à café
et y dessine des sortes de caractères
(voir la photo de l’original ci-dessous)
Mais les filtres à café sont en réalité des feuilles de vigne
Les écrivains si l’on en croit un des plus prolixes de la profession
Boivent des tonnes de café pour noircir leurs feuilles de signes
Quant à la feuille de vigne
Celui qui écrit cette phrase
Ne la tient ni d’Eve ni d’Adam
Mais d’un chanteur poète facétieux
qui en recouvrit la belle enfant
qui se baignait toute nue
et qu’une saute de vent soudaine
avait privé de ses habits
