Cinq heures. Un lit solitaire Non glacé. Tout se tairait Sans le bruit des acouphènes. L’air est blanc comme les murs. À mes côtés se réveille Le grand Sphinx du deuil profond, Démesuré, qui m’affecte. Personne d’autre que moi N’est en mesure de dire Cet élan mystérieux En manque du mot absent Qui tombe en vers réguliers Sur l’énigme du Néant. Lecteurs, essuyez vos yeux.
Tag Archives: lit
TROIS JANVIER

Trois janvier petit jour gris
Tout seul dans mon lit
C’est dimanche du gâteau
des rois Mais l’épiphanie
du calendrier
en vérité mercredi
Un gabian dans le ciel crie
Autour du lit flottent
Mes murs blancs comme la neige
03/01/2021
TERRITOIRES D’ÉCRITURES
À l’approche du poème, aurore et crépuscule redeviennent la nuit, le commencement et le bout de la nuit. Le poète y jette alors son filet, comme le pêcheur à la mer, afin de saisir tout ce qui évolue dans l’invisible, ces myriades d’êtres incolores, sans souffle et sans poids, qui peuplent le silence.
Edmond Jabès (1912-1991)
J’ai un territoire, en apparence étroit, infime, invisible ; ma chambre, mon lit, cette carte où je prose ces quelques lignes, au milieu de chaque nuit, dans la plus extrême des solitudes.
J’ai un territoire concomitant, immense, impersonnel, en mouvement perpétuel du connu vers l’inconnu, où « un autre que moi » réside, se désaccorde à ses croyances en s’accordant à des auteur.e.s de toutes disciplines, qui instaurent d’autres distances à des connaissances à renouveler, une intensité et des rythmes qui opèrent mues et métamorphoses.
Ce que j’essaie de dire là, ne peut passer que par une écriture, hésitante, ralentie, sans prétention, dont les motifs tissés ont besoin au matin de reprises sur le clavier azertyuiop, de contrepoints…en suspens.
(texte en cours) nuit et matin du 21/11/2019

cette carte où je prose ces quelques lignes
photographiée sur fond d’une toile peinte
titre : l’horloge sidérale
Dorio
24/08/2016
UN POÈME DES DONS
UN POÈME DES DONS
(en cours d’élaboration)
Ce poème je l’ai écrit comme toujours sans bien savoir pourquoi
poussé par la gratuité des mots
leurs sens divers leurs variations vibrations bigarrures
Je l’ai écrit dans le désordre de mes pensées l’égarement et son contraire
que tu sauras peut-être toi qui lis nommer
Ce poème je l’ai écrit avec un crayon sur les marges d’un livre
au lit en pleine nuit
De quoi parlait-il mon poème de papier Je ne sais plus vraiment
Du jeu peut-être de la perte de tous nos « je » que l’on porte en soi
Ce poème parlait au papier comme au premier venu
à qui je l’offre à cet instant
Je t’en fais don ami.e mais je ne sais si tu le recevras
j’y compte un peu quand même
mais je ne suis pas assuré que tu t’y reconnaisses
Si cependant dans mon poème tu as mis le pied
– je n’ose pas écrire si tu y as pris ton pied
comme nous disions naguère –
peut-être ami.e me le rendras-tu revisité réécrit
réinterprété à ta manière unique et singulière
Et vraiment ce qu’à ton tour tu me donnerais
je le recueillerais avec grand soin fleurs du bien ou fleurs du mal
ces « extensions du domaine du don* » seraient notre reconnaissance
et notre capacité à vraiment dans chacun de nos poèmes
TOUT DONNER
*
italiques Michel de Montaigne
*le livre d’Alain Caillé sur lequel j’ai prosé ces quelques lignes