ON VA BIEN VOIR : une entrée sur la page 1/16

on va bien voir
entrer sur la page
comme glisser sur une mer d’huile

on va faire le sauvage
mais sans jamais s’écarter 
de la syntaxe et de l’or
thographe

on va écrire à la mouche
à la chandelle
à la dent de crocodile
à l’or du temps
à l’heure du laitier

mais jusqu’à la fin
sur cette page
où l’œil a fait son chemin
sans hâte
remplissant ligne à ligne
ce vide bienfaiteur


Jean Jacques Dorio 12/09/2023

voix Dorio sur cantata sopra il passacaglio chant Christina Pluhar

ENCORE DES SONNETS ? IL FAUT ÊTRE SONNÉ !

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Sur un thème connu me voilà variant
Mariant la contrainte avec la fantaisie
Dans la nuit solitaire triste oiseau se riant
De l’amour malheureux plantant ses banderilles

J’accumule mes plaintes mes peines et tourments
Je me perds dans les bois de ces amants d’Ovide
Transformés en tilleul en rameaux de gourmands
Sur la barque d’Amour je rame dans le vide


Quand finit ma complainte la nuit et le silence
Me laissent démuni passereau solitaire
Je refuse pourtant tout ce qui me fait taire :

L’absence de désir le malheur la souffrance
La langueur de mes rimes mes belles adversaires
Dernier vers Ô Lecteur en absence…Va riant !

Sonnet écrit d’un premier jet ce mercredi 19 juillet 2023
Avec l’aide de La Roque (Siméon Guillaume) vers 1551-1611

SOS COVID


SOS Covid
SOS se vident
Le stade et l’arène
Le forum
La fête foraine

SOS Covid
SOS on peine
à reprendre la main
en parlant dans un masque
pour sonner le tocsin
Persona per sonare

SOS Covid
Personne pour guérir
La vie des Trépassés
L’amour des traits passés
Sur un bristol de deuil
Sur les feuilles de nuit
Écrites au galop
Comme un malade

SOS Covid
SOS Maladeta
Sur les chemins de pierre
Où les cœurs essoufflés
Se ferment et se bronzent

SOS Covid
Trop d’egos
Trop de vide
Dans les paroles 
Des gens de télé
Et des spécialistes

SOS Covid
Le vide et l’énergie
Le lâcher prise
Le savoir de ne pas savoir
Le retrait
L’indicible

UNE PROSE ENDIMANCHÉE





J’ai tourné et retourné sept fois la langue dans mon songe, tant et tant que je l’ai effacé. Et je suis là dans mon lit de réveil, la tête vide, sans images, après ce premier somme.

Dans un quart d’heure samedi va basculer vers ce jour où enfants on nous endimanchait.

Lors, il était interdit de marcher dans le ru, de bleuir ses doigts à la haie de mûres, de jouer au béret dans la fange du pré.

Comme souvent, mais à condition que l’on ait son cahier de nuit prêt à accueillir l’encre d’une plume, le vide créé dans ma caboche m’a permis, après un long temps de quasi hébétude, de faire émerger ses images d’un paradis enfantin que l’on croyait perdues.

Ma prose maintenant est passée, je peux refermer le cahier.





passage du 19 au 20/12/2020

Un ajout

Moi et Soi

Cette histoire de soi qui s’écarte de moi, ce n’est pas que dans les livres. Je me réveille d’un court somme, (le premier de la nuit), avec la sensation d’une conscience paradoxale : je ne sais plus l’espace d’une seconde, où j’habite, quel jour on est, quelle est mon identité…Ça pourrait semer le doute, ça me donne l’énergie venue de ce courant mystérieux « antérieur à la connaissance ».