TU REPARS DE ZÉRO

TU repars de zéro 
Tu ne fais que passer par stylo interposé ou par pinceau chinant ses caractères énigmatiques
Tu peins le passage avec légèreté et forces manières avec les formes de tes mouvements
Tu repars
Tu fais le départ entre dire et faire entre faire et laisser dire
Tu as deux faires au feu la parole et l’écriture
Tu dis stop
Tu prends congé de ta Muse qui trop abuse
Tu lèves la main 
Tu lèves l’ancre et tu t’en vas couci-couça d’un dernier trait de plume
Jeter sur le papier tes dernières hypnographies

Jacqueline Saint-Jean poèmes

Calligraphies sans clé

Sinon l’Alpha du feu

et du refus

sur mes hypnographies

UNE SOUPE DE SOUVENIRS

Tu te souviens de l'autobus vert avec un toit blanc 
Mais était-ce un R ou un S ?
Tu te souviens de sa plate-forme arrière
Où tu montas un livre ancien sous le bras
Tu te souviens qu'un type vint vers toi
Tu te souviens qu'il avait tout d'un freluquet au long cou
Comme le héron de La Fontaine
Tu te souviens que le bus passa devant un cinéma qui programmait la Soupe au Canard
Tu te souviens de la séquence où Groucho Marx cigare au bec
tire le rideau d'une fenêtre pour empêcher un boulet de canon de traverser la pièce
Tu te souviens du contrôleur criant Gare Saint Lazare :

Terminus des Exercices de style !
Tu te souviens qu'alors tu t'es dit à tout hasard
Je vais coucher tout ça par écrit la main sur la charrue du vocabulaire

EN ENTRANT À L’ÉCOLE





Pour les enfants et pour les raffinés

La pluie fait du goutte goutte

Fenêtre ouverte je l’écoute

Il pleut ces lignes sur mon papier

Sur le cahier des écoliers

Il pleut il pleut bergère

Il pleut rue de la Bergeronnette

C’est la pluie petit patapon

La bonne petite pluie

La pluie pour les poètes

La pluie pour les enfants

Qui reprennent le chemin de l’école

La pluie fait du goutte à goutte

Elle tombe infinie

Je referme la fenêtre

Mon poème est fini

Martigues 2 septembre 2024

9 rue de la Bergeronnette

Jean Jacques Dorio

Pour Mathis

Mon petit-fils