Je ne sais plus si la haie d’aubépine était blanche ou rose.
Je ne sais plus si après la pluie, mon parapluie refermé, je dis zut zut zut ou flic floc flac.
Je ne sais plus si elle s’appelait Gilberte ou Albertine.
Je ne sais plus qui a dit que ce serait un contre-sens complet que de réduire ma Recherche à une sorte de refuge dans le souvenir.
Je ne sais plus qu’elle est donc cette chose qui, déjà triste dans le bonheur, reste heureuse dans la tristesse.
Je ne sais plus si c’est Swann ou Madame Verdurin qui, un soir, me dit : N’est-ce pas que c’est beau, cette Sonate de Vinteuil.
Mais maintenant je sais que cette fameuse sonate jouée dans l’obscurité, pour mieux voir s’éclairer les choses, c’était, cent ans après c’est facile de le vérifier, la 14° de Beethoven.
Odette avec son accent imitable aurait dit, s’il vous plaît, rejouez-moi, Moonligth.
Écrire un poème
Mais jamais le même
Ça t’en bouche un coin
Écrire un poème
Sur un livre de Rhétorique
En mangeant des éclairs au chocolat
(Ça ressemble à du Pessoa)
Écrire un poème
Sur un horizon de chiens
Qui aboient
(Ça c’est du Lorca)
Écrire un poème
En comptant ses pieds
(Ça c’est désuet)Écrire un poème
À contre-courant
des rivières et des rus
(Quand personne ne le liru !)
Écrire ce poème
D’un trait de plume
Sur un bloc
À dessein-Muss es sein ?
- Es muss sein !(Le faut-il ?
Il le faut !)
Faire gaffe à ma pomme
C’est le leitmotiv des détectives privés
de la Série Noire
Qu’ils soient à Frisco
Ou à Manhattan sur la grande Pomme
Faire gaffe à ma pomme
C’est pas ce qui préoccupait Chevalier
Ma pomme c’est moi ah ah ah
Heureux comme un roi
Et con comme un panier
Chantait l’ami BrassensFaire gaffe à ma pomme
Caute Sois prudent mon ptit gars
Dans l’état de Poutine
Si tu veux pas y laisser
Tes tataouinesFaire gaffe à ma paume
Ne pas la montrer
à Celle qui croisant les lignes
de mon poème
va l’étrangler
avant qu’il ne naisse