À L’ÉCOUTE





À l’écoute des phrases des choses qui m’entourent,

Des portes, des fenêtres, des murs blancs de ma chambre,

des photos sur la commode, du verre d’eau et des boîtes

de faux médicaments, poudres de perlimpinpin,

des chiens qui couinent chez la voisine, des livres de chevet

qui croisent leur faire et leur laisser dire.

À l’écoute des choses qui occupent ma tête et que j’essaie

de déloger, plume à la main, avec tout ce qui se dérobe,

les rimes, les souvenirs et leur oubli.

À l’écoute des choses qui phrasent sur ce papier,

qui n’est pas du papier, des fenêtres et des portes,

des rimes sur les murs qui défient nos soucis,

et ce dernier vers déterrant les lucioles de nos

boustrophédons.

SURVIVANT AU COVID





Survivant au  covid

Je reprendrai la route
Vers quelque Atlantide

              Secrète –on s’en doute

          

Mais pour l’instant je suis

une à une mes lignes

Je les fais les grafigne

pour savoir qui je suis





« Savoir » ? un bien grand mot

C’est plutôt de pouvoir

qu’il s’agit sur la page

d’un blanc tirant le noir





Ce soir c’est rythmes et rimes

qui s’offrent à mon regard

Le Corps mis en abyme

L’Esprit loin du chambard

du raffut du raout

qu’entraîne le covid





En retrait et candide

Résolu – on s’en doute

Je reprendrai la route





07/12/2020

AU CHEVET DE MON LIT





Au chevet de mon lit ruminent mille livres

Je vais de l’un à l’autre Je m’y perds m’y retrouve

Éveillé endormi J’alterne mes présences

où j’écris pour « ma pomme » entre de légers sommes

où mon corps disparaît et ma plume s’absente





Au chevet de mon lit veuf de ma moitié

J’assemble comme un sou neuf des lambeaux

de tissus des textes que tu aimas

ma morte ensoleillée qui te rendaient

heureuse. Au chevet des nuits,

un peu le corps, un peu la plume,

le monde sourd, la langue aveugle,

échos muets de nos poèmes.





06/12/2020

manuscrit tel quel écrit en une heure de temps (environ)

FABULETTES DEVANT LA MER FRISQUETTE

la douce mer était frisquette

La douce mer hier était frisquette

Sa plage de sable balayée par Saint Mistral

Je lui ai fait quelques dessins à la hâte

Puis avant que la vague ne me les mange

Je les ai photographiés

Je vous les laisse regarder

l’enfant au bois flotté

La douce mer hier par bravade

A apporté ses bois flottés

-Ils viennent d’Afrique et d’Asie

ai-je dit à mon petit fils

Il n’a pas semblé convaincu





On a marché sur les rochers

Les roches blanches protégeant le port des voiliers

Qui imitaient les cris des mouettes

Au large pétrolier gaziers chimiquiers

Attendaient leur tour pour être délestés

Arrimés sur un quai de Lavéra

Ils viennent d’Afrique et d’Asie

Cette fois Mathis a dit oui

Puis avant de partir on a chanté

Les p’tits bateaux qui vont sur l’iau

Ont-ils des jambes

Et dans l’auto bien au chaud

On s’est écouté Flocon papillon

Chanté par notre amie Anne

Qui vient de nous quitter

Mais non ses fabulettes

Que les enfants de mon petit enfant

Écouteront avec amour et reconnaissance

ad aeternam

un chat est venu nous visiter