ÊTRE ÉTONNÉ

hypnographies 7×7

Être étonné. Une rareté. Une poursuite de lézards sur le mur du jardin. Un poème court lu dix fois et dix fois fermé. Et la onzième il s’ouvre sur un mot qui l’éclaire. La fourmi minuscule qui se promène sur mes deux pages ouvertes dont le titre est Égarements.

Être étonné. De cette langue insensée, puisée on ne sait où, et que l’on lance dans un cri ou le silence de la page. Échos, présents d’un siècle depuis longtemps passé.

Être étonné. Mon hamac qui se gonfle sous le mistral. La pointe très haute d’un if ou d’un cyprès. Et puis ces mots qui soudain me traversent, ceux d’un mystique carne y hueso.*

*en chair et en os

LES HÉRAUTS NOIRS ET LES ENFANTS DE LA TRIBU

les hérauts noirs que j’ai tracés à la diable
une page "tel quel"
sur carnet papier kraft
format A6

LES HÉRAUTS NOIRS

ET LES ENFANTS DE LA TRIBU





Hay golpes en la vida, tan fuertes…Yo no sé !

Serán talvez los potros de bárbaros Atilas

o los heraldos negros que nos manda la Muerte*

Cesar Vallejo (1892-1938)





Les hérauts noirs

que j’ai tracés à la diable

Me regardent

Un à un





Certains me tirent avec malice la barbe

Comme le faisaient quand on apparaissait

Les enfants de la tribu

De ce peuple Panaré

vivant en surplomb de l’Orénoque





D’autres plus hostiles

Me lancent des cailloux

Avec leurs frondes





Une troisième figure tresse

des paroles apaisantes

Pour endormir dans le hamac familial

Son bébé





Et puis une rumeur commence

Une voix conte le récit du début de la nuit

Disputes et rires se succèdent

Bruits de bouches et de langues

Où passent les animaux

Du mythe et du quotidien





Je deviens l’un d’entre eux

Mais je ne sais lequel





*On prend des coups dans la vie, si forts…Je ne sais !

Ils viennent portés par les chevaux de modernes Attila

Ou comme les Hérauts noirs Que Mort nous envoie





(ma traduction 03/07/2020 jjd)

une voix conte le récit du début de la nuit

L’ÉTÉ MONTRE SON NOUVEAU CŒUR

l’été montre son nouveau cœur
L'été montre son nouveau cœur
Dans l'azur de la mer qui chante
Jeux de blancs mouettes et gabians
Amour niché au creux des criques
Sur le sable d'un sablier
comme arrêté ou sur les graves
Selon le vent on boit l'écume
Baisers salés des symphonies
La mer de Claude Debussy

(impromptu 
hypnographies
et manuscrit
Fos sur mer 30/06/2020)
extrait
mon premier concert
à la Philharmonie de Berlin
1963
(Un dictionnaire à part moi)

poèmedit parsonauteur

PLAGE D’ÉTÉ PLAGE D’HIVER

Rumeurs des vaguelettes mourant sur le sable
Rumeurs des vaguelettes mourant sur le sable
L'été mêlé aux odeurs de crèmes solaires
aux cris des enfants
aux voix des porteurs et porteuses
de smartphones

L'hiver sur la même plage
il n'y a personne
que le jeu infini des lumières
sur la mer

Et ton silence
Que je peins assis seul sur ma page blanche

Je te raconte
et te laisse résonner
dans les poèmes appris
en marge des bruits du monde

Marginal et pauvre 
en retrait des choses 
mais ayant ce pouvoir acquis
de tout dire
et sur tous les tons




 
d’une voix voilée
mais ce n'est pas intentionnel
ce serait bien et pour tout dire inespéré
qu'une autre voix
se fasse entendre
en marge des bruits du monde