T’IMAGINES C’EST PAS RIEN

t’imagines c’est pas rien c’est quoi alors ? c’est trop long à t’expliquer

t’imagines c’est de l’occitan al lum rossèl d’una candèla censada eccartar la tronanda*

*à la lumière rousse d’une chandelle censée éloignée la foudre Ives Roqueta

t’imagines c’est chacun de tes doigts sauf l’index mis en quarantaine dans les caves du Vatican

t’imagines c’est un poème qui a fait une dépression nerveuse* il n’y a qu’un pessoïen pour trouver ça

*o meu poema teve un esgotamento nervoso Daniel Jonas

t’imagines sur une malle du grenier un chat-huant fumant la pipe de Magritte

t’imagines c’est l’horloge qui tourne dans la tête tranchée par la grande aiguille

t’imagine une voix d’outre-tombe qui déchire le papier

t’imagines tantôt la vie tantôt la mort et au milieu coule un fleuve noir

t’imagines des lettres minuscules qui magnétisent ton bas de casse

t’imagines c’est pas rien c’est quoi alors ? t’as qu’à tout relire

c’est un poème qui a fait une dépression nerveuse

 
  
 t’imagines c’est pas rien c’est quoi alors ?
 c’est trop long à t’expliquer
  
 t’imagines c’est de l’occitan
 al lum rossèl d’una candèla censada eccartar la tronanda*
  
 *à la lumière rousse d’une chandelle censée éloignée la foudre
 Ives Roqueta
  
 t’imagines c’est chacun de tes doigts sauf l’index mis en quarantaine
 dans les caves du Vatican
  
 t’imagines c’est un poème qui a fait une dépression nerveuse*
 il n’y a qu’un pessoïen pour trouver ça
  
 *o meu poema teve un esgotamento nervoso
 Daniel Jonas
  
 t’imagines sur une malle du grenier
 un chat-huant fumant la pipe de Magritte
  
 t’imagines c’est l’horloge qui tourne dans la tête
 tranchée par la grande aiguille
  
 t’imagine une voix d’outre-tombe qui déchire le papier
  
 t’imagines tantôt la vie tantôt la mort
 et au milieu coule un fleuve noir
  
 t’imagines des lettres minuscules qui magnétisent
 ton bas de casse
  
 t’imagines c’est pas rien c’est quoi alors ?
 t’as qu’à tout relire
   

AU PRÉSENT SCINTILLANT

écrire chaque jour

c’est se mettre en jeu

oublier son moi-je

en recopiant des citations

en traduisant

en inventant comme à l’instant

ce qui ne s’est jamais écrit

en laissant aller ses fragments

qui nous déportent

vers on ne sait trop quoi

vers on ne sait trop qui

J’ai beaucoup lu. J’ai beaucoup vu. J’ai beaucoup dit. Je ne comprends toujours pas. Je ne comprends presque rien. Presque. Je continue. Je cherche loin des pièges et des concepts plus obscurs qu’une forge désertée. Loin des singes grammairiens qui bombent leurs poumons vides. Je reconnais les poètes à leur innocence essentielle : leur refus obstiné des réponses, leur amour de la dispersion et du secret, du rire et du monde reconstitué dans quelques mots confrontés à Nature. Quelques-uns affirment même que « Étoile n’est pas un nom ». Ni, Mer …sans doute.

Et Amour ? Et Mort ?

La Poésie dit…ne peut être qu’une formule.

On fait.

Toujours au présent scintillant…d’un noir inscrit sur la mer…entre les vivants et les morts.

ALICE HORS DU TEMPS TRAVERSE LE NON-SENS

– Faut être louf pour lire Alice à cent sept ans

dit Père Noël à Mère l’Oie en sortant de la mare;

ils boivent les paroles traduites de l’anglich

et trinquent à Confusion dans un fracas de verre.

Grandir rapetisser c’est ce qui arrive aux v/d/ieux,

en suçant des gâteaux trempés dans l’eau de vie.

Ils lisent le passage où Chenille bleue suçant le narguilé

questionne notre héroïne : Mais toi qui tu es ?

– Je je ne sais plus très bien dit Alice.

Jé J’étais une petite fille quand je me suis levé ce matin

Mais Mai Paris Mai depuis j’ai subi tant de transfoformations

Que je je m’y perds. – Voyons, dit Chenille bleue, pour rassembler

tes Esprits, récite-moi « Vous êtes vieux Père William »

Alice soudain inspirée anticipe une chanson française

des années Caussimon-Ferré : « Monsieur William

vous manquez de tenue Qu’alliez-vous faire dans la V° av’nue ? »

Cette histoire continue à n’avoir ni queue ni tête

disent les vieux loufs, et leur sourire reste en suspens

un bout de temps entre deux pages de papier thé.

-Voilà ce qui se passe

Quand on s’nourrit de mélasse

dit la belle Métisse à Alice.

Père Noël et Mère l’Oie tirent leur dernier trait.

Ils sont assis en haut du pré

où tintent les clochettes des enfants buissonniers.

On entend une voix qui court comme le furet et chante

Ô mio tesoro  il est tard beaucoup trop tard

Il fallait s’arrêter à sept ans de te raconter des histoires

-Pas du tout d’accord dit Alice qui pioche un valet de cœur

avant de se glisser toute nue dans le lit de la Reine.

-Et maintenant parlez-moi du Danemark dit-elle.

Mais ceci est une autre paire de manches

Le spectre de Lewis refuse cette version

To be or not to be ce n’est pas la question.

Alice hors du temps traverse le non-sens

Des énigmes sans réponses : Je ne crois pas

que les histoires soient jamais achevées.