MAI 68 EN PEINTURE





tableau exécuté le 04/07/2014 50×70 cm acryliques et papier découpé (pour le titre)

suivi d’une lecture de Danielle Nabonne ce 12/09/2023

Un cheval noir Du désordre les sabots Gueule ouverte loup La violence du désir Ô l’océan d’antan Nos bleus mouvants Je t’aime je pars Les non-dits les hasards La course sans délai La poursuite de nos Utopies Nous lisions dans les lignes De nos mains entrelacées Un avenir improbable Camarades Nous écrivions L’instant sa folle éternité Une étoile filait Vers l’infini Nous la suivions À la trace

ON VA BIEN VOIR : une entrée sur la page 1/16

on va bien voir
entrer sur la page
comme glisser sur une mer d’huile

on va faire le sauvage
mais sans jamais s’écarter 
de la syntaxe et de l’or
thographe

on va écrire à la mouche
à la chandelle
à la dent de crocodile
à l’or du temps
à l’heure du laitier

mais jusqu’à la fin
sur cette page
où l’œil a fait son chemin
sans hâte
remplissant ligne à ligne
ce vide bienfaiteur


Jean Jacques Dorio 12/09/2023

voix Dorio sur cantata sopra il passacaglio chant Christina Pluhar

PTIX PTIX PTIX

PTIX PTIX PTIX

Écrit de hamac
Je me balance la tête
Dans mes rêveries

Juste avant de faire la petite sieste dans le hamac bercé par une saute de vent soudaine (Brassens), je grapille encore quelques mots disséminés dans un poème pas très catholique. Mon œil s’amuse à détendre l’impossible (une expression qui semble dénuée de sens mais qui m’a échappée), s’oubliant dans ce sonnet en X, qui par « la magie de la rime » (onyx, phénix, Styx, nixe) permit à Mallarmé d’inventer le mot ptix : un hapax absolu, dit-on. Mais, miracle de l’instant et foin des mots savants, une cigale vient me visiter, qui sur un des amandiers servant de support au hamac, se met à gratter ses ailes. Ptix, ptix, ptix, un délice de berceuse qui m’endort derechef…16 juin 2020 et 11 septembre 2023

photo hamac amérindien arbre terrasse table porte fenêtre

sur la pochette de mon premier cd de chansons (de quatre sous)

enregistrées au studio le Petit Mas le 18 mai 2016

J’AI BESOIN ET JE N’AI PAS BESOIN D’ÉCRIRE

J’AI BESOIN ET JE N’AI PAS BESOIN
D’ÉCRIRE

Le travail du Temps est ce qui fait qu’on s’absente de soi
Jusqu’à l’ultime absence 
Il est altération
Il est l’Autre qui s’insinue dans la place du Même

François Hartog

J’ai besoin d’écrire
Travail sur le temps permet
S’absenter de soi

J’ai besoin de rire
	De rire de soi permet
De rire des autres

Ceux qui la ramènent
Ceux qui donnent des leçons
Ceux qui nous emmerdent

J’ai besoin de lire
Voyager à l’intérieur
Sillonner des pages

J’ai besoin d’un rien
D’une page des Essais
D’Azertyuiop

J’ai besoin des nuits
Ou je prose tous mes vers
Au lit Litanie

J’ai besoin de l’œil
Que Nature m’a fait
Marron point vert

J’ai besoin plaisan
Terie à part de mentir
Pour faire plus vrai

J’ai besoin de soins
Alternatifs : l’air de rien
La lyre d’Orphée

J’ai besoin de voix
Les chères qui se sont tues
Les Nouvelles Nées

J’ai besoin de voie
Celle qu’on ne peut nommer
L’Arcancielesque 

J’ai besoin de toi
Toi qui fus ma seule au monde
Toi qui nages dans mes pages

J’ai besoin et je n’ai pas besoin
De lèvres sur les livres
Empreintes de soupirs

J’ai besoin d’écrire
Le mot fin le fin mot
D’une histoire inachevée

La nuit du 10 septembre 2023