FRANCHEMENT OÙ EN ES-TU ?





- Franchement, où en es-tu ?
- Avec le temps, ça devient inexplicable.

- J'entends bien, mais comment tu l'expliques ?

- Mais justement, je ne sais.

- Écoute-moi, si tu sais pas où tu en es, 
au moins peux-tu nous dire d'où tu parles ?

- Ah! la question qui tuait en Mai 68 !

- Oui, tu y es.

- Eh bien, d'où je parle ? Je vais y réfléchir,
mais Rassure-toi c'est toujours d'un lieu
où ma prise de parole n'est pas encore située
Outre Tombe.

Dialogues intérieurs I


Appel à contributions

Nous survenons en quelque sorte, au beau milieu d'une conversation qui est déjà commencée et dans laquelle nous essayons de nous orienter afin de pouvoir à notre tour y apporter notre contribution.

Paul Ricœur

POÈMES DE MARS EN VERS COMPTÉS









T’ES ROCK COCO

Disyllabes mars2021             

Miroirs Mouroirs Mélanges Des morts Vivants Des glanes Des fils Tendus Tramés Baroques

T’es rock Coco

Miroirs Beauté Kallos Cosmos Ordre et Beauté Le chat Botté De vair De vers Passés De mode Chienlit

Sorbonne Le doigt M’a dit Pensée Sauvage Bénie





POÈMES DE COVID EN RÉA POÉTIQUE

Trisyllabes mars 2020

Tout oublier phrases cul par-dessus gentillesse tout ouvrir à ton bic laissé seul sur la page Mon hôtesse tout futur enjambant passerelle au-dessus de l’abîme Tout connaître du regard des mourant.e.s à la douane du grand soir Tout écrire en réa poétique des poèmes de Covid des patient.e.s aimables qui sourient avant de trépasser Tout ainsi qui passa





DANS LE JARDIN ADO DE L’OULIPO

Tétrasyllabes mars 2019

Tétrasyllabes Du mois de mars Faut être fou Pour s’y adonner Ou bien avoir L’amour des mots

Vain passe-temps Des jours des nuits Des traversées Du sec désert Du cœur détruit

Tétrasyllabes Un deux trois quatre Savoir léger La main me guide À l’aventure Libre plaisir Sans la mémoire Je suis un autre Dans le jardin Adolescent De l’Oulipo

Tétrasyllabes Sans invectives Sans directives Dans l’insouciance D’une chanson Qui perd le fil

De ligne en ligne Qui vit de mots Qui meurt de rire





AU HASARD BALTAZAR

pentasyllabes mars 2018

Au hasard Balta Zar az-zahr le dé Laissons-le rouler S’égarer en ligne Monter sur la barge De ces poésies

Que personne plus Ne lit mais quand même On ne sait jamais Ça peut revenir Et sans barguigner

Au hasard d’un blog De pure utopie Où tout ce bazar De mots et de choses Graines d’ellébore Purgent Fantaisie

Au hasard balta Zar sur le bristol Un mot à l’endroit Deux mots à l’envers Cachés dans la coulisse Les secrets discrets Des faiseurs de vers Arlequins d’amours Splendides rêvées Douces Arlésiennes Mortes aux Alyscamps

Az-zhar azahar Fleurs de l’oranger Vont au vent léger

BRISEZ LES CADES AVANT QUE LES CADRES NE VOUS BRISENT

Gaston Bachelard

Hexasyllabes mars 2019





Un Mars et ça repart Mois nouvel d’un poème Ni tout à fait le même Ni tout à fait un autre

Babil babel soleil Naissant Quand l’alouette De joie s’oublie au rai Puis plombée va tomber

Les faux beaux jours ont fui O ma chère pauvre âme On dirait du Verlaine Mais c’est du seul Dorio

Profitez de chansons Quand Amour est présent Profitez de la pomme Jusqu’au dernier pépin

La première mésange Joue sur l’abricotier La vie est éphémère On n’y voit que du bleu

Saison des fleurs concrètes On étire le hamac Pour jouir de leurs blancs Où pointe rouge vif Le jaune des amours Du mimosa en boule Nostalgie du présent Houle du corps ballant

LE BEL OISEAU PHÉNIX









Printemps des yeux, rhizome, iris, Enivrez-vous.

C’est la saison des semaisons, Caressez-vous.





Agrandissant l’espace sur la Crau rehaussée

Les brebis me saluent : tu as soixante-seize ans !





Le temps s’endort, une fois l’an, on le réveille.





Foisonnement : en soi-même, combien de branches?

Cahiers, carnets, récits de vie pliés en quatre.





Les mots de tous les jours s’en vont comme fétus

Les fleurs de rhétorique brûlées brassées brouies





Pour laisser s’envoler le bel oiseau Phénix

des alphabets

et du hasard quasi céleste.

UN POÈME QUI N’EST PAS EN ODEUR DE SAINTETÉ









Quelquefois ça devient très compliqué

De pousser un mot après l’autre

Pour arrêter l’exercice quotidien

On ferait presque vœu de chasteté

Mais chaste fait passer à châtiment

Ou pire à « caste »

Alors une langue châtiée

Ou le cercle étroit des derniers poètes disparus ?

Non merci





Les Saints lit-on dans le bréviaire des religions

Ne font pas d’enfant

Ça tombe bien car mes poèmes n’ont jamais été

En odeur de sainteté





D’où celui-ci

Maladroit bricolé compliqué

Mais comme un pied de nez

Comme les élastiques de mes vers contournés

Un pied près de mon cœur





Italique Rimbaud Ma Bohème

GARE AU POÈTE !





Les poètes usant de vers polymorphes

Sont traités le plus souvent avec suspicion

Sur la scène du monde littéraire

Gare au gorille





Gare aux hétéronymes de Monsieur Personne

Pessoa le Portugais :

Combien suis-je ? Qui est moi ?

Questions d’un inquiéteur

Pour ne pas dire d’un sublime emm…





Enquanto en vir o sol luzir nas folhas

E sentit toda a brisa nos cabelos

Não quererei mais nada

« Tant que je vois feuilles luire au soleil

Et sens la brise en mes cheveux

Je ne désire rien d’autre »





À part l’écrire le chanter

Puis oublier mon feuillet

Dans la malle à poèmes

Des banquiers anarchistes

Gardeurs de troupeaux

Et autres buralistes

Qui offrent leurs cigares

Aux fumeurs versés dans la métaphysique