PAR HASARD OBJECTIF

voix




Par hasard objectif je rencontre l’ardoise

Qui tombe du toit et m’invite

A écrire un poème

Une femme s’y mire

Comme dans un miroir secret





Par hasard objectif

Je l’appelle Nadja et aussi Fortuna

Demandez-vous pourquoi





Le poème m’éprouve et me secoue les puces :

Ce monde qui paraît mort

À toute nouvelle révélation

Par hasard (objectif)

Monsieur le Poète

Pourriez-vous le réenchanter ?





28/01/2021

L’ART N’EST QU’UN JEU





1

L’art n’est qu’un jeu

Mais il faut jouer avec la joie

Et le sérieux de l’enfant

Qui s’oublie dans son Je naissant





Je te l’écris « plié de rire »

Et secoué de pleurs

Ça peut aller de pair





Dis la vie quand reviendras-tu ?

Quand sonnera l’heure

De la grande réouverture ?

Du souffle des tragédies

Et des comédies

Déployées sur la scène de la Cour d’Honneur

Ou dans les 24 images par seconde

D’un cinéma où rêvent

Nos inconscients





L’art n’est qu’un jeu

Mais trop masqué

Ce n’est plus du jeu

Mais une mascarade

A dit l’enfant

En tressant son berceau

De laines et de brins d’osier

Dont on fait les rêves





27/01/2021

2

ÉCOLE (et poésies)





J’ai tendu une corde de clocher en clocher,

et je danse.

Mon maître d’école avait inscrit la phrase sur une banderole

qui flottait sur nos têtes.





Moi, quand j’ai été instituteur,

j’ai remplacé le danseur de corde

par Moi dans l’arbre

T’es fou tire pas !

C’est pas des corbeaux

C’est mes souliers

Je dors parfois dans les arbres





Ha!ha! On en a fait des lectures et des variations

sur ce dormeur dans son arbre

Comme « le paresseux » accroché au palmier, au milieu d’une cour d’école,

de Caracas où j’enseignais le français à de jeunes enfants.

Des infantes plutôt, des fillettes à l’esprit vif et sautillant.

-Profé ! profé ! comment dit-on « pereza » en français ?

– On dit « paresseux ».





Dame souris trotte Rose dans les rayons bleus

Dame souris trotte : debout paresseux !





Avec Rimbaud, Vincensini et Verlaine.

3

Écrire n’est pas qu’un jeu…mais un peu tout de même.

Un jeu où l’on écrit avec le sérieux et toute la joie de l’enfant qui joue.

Un jeu où l’on suit des règles, bien qu’on aime les changer tout le temps.

Sauf cette main réglée, sur l’orthographe exacte, sur le sens et le non-sens,

les mots en vadrouille, mais tenus, même en faisant quelques écarts,

par la langue françoise.

On taille, on coupe, on bêche.

Et quand le journal, au sens du travail d’un jour, est fini,

on plante là ses outils jusqu’au prochain exercice,

et on passe à autre chose.

Sauf que, en ce qui concerne précisément, celui qui trace cet écrit,

son journal essentiel, se déroule la nuit.

Comprenne qui pourra.

Ceux qui dorment la nuit sont hors-course.

Les autres, éveillés, mais qui luttent pour dormir,

tournant et retournant leurs insomnies,

font un mauvais calcul.

Quand la nuit remue,

il faut sauter sur son manège,

et laisser aller.

Ça apaise, ça écrit.





13/07/2020

ALORS ÇA MARCHE LA POÉSIE ?

Telle une île

Ce texte

écrit au ghetto

de la Cité du Livre

en sortant

des méandres

de la nuit





Entouré de silence

Paradoxal

Imaginant les retouches

De ses deux ou trois lecteurs

Qui l’annotent

Dans leur tête





Telle une île

Mise en page

Par ses acteurs

Passant

Le pont des soupirs

Les yeux bandés

Tant leur mémoire est vive

Des odeurs et des sons

Des matières peintes

Ou jetées à la fresque





Et telle la bouche d’ombre

Balbutiant

Sous l’œil des Barbares

– Alors, ça marche la poésie ?


	

DES ESSAIS





Des Essais

Montaigne en fit des tonnes

Je n’ai pas asteure

Ses livres sous les yeux

Mais je me souviens

De quelques passes mémorables

Il appelait ça peindre le passage

Celui du temps

dont il goûtait

chaque seconde

quand tout bien

se goupillait

Mais quand il avait le bourdon

Il le traversait

à sauts et à gambades





Cette nuit

Moi aussi

C’est la cloche des morts

Qui m’a réveillé

Alors je prose

Cheval blessé

Qui rue

Et trempe généreusement

les doigts dans l’encrier





Comme vous pouvez le constater