jj dorio auteur compositeur interprète philippe bruguière arrangement musical accompagnement en son studio du Petit Mas été 2019 aux Martigues

envoyé pour 15 € doriojeanjacques@gmail.com
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
jj dorio auteur compositeur interprète philippe bruguière arrangement musical accompagnement en son studio du Petit Mas été 2019 aux Martigues

envoyé pour 15 € doriojeanjacques@gmail.com
Dans ma poche il y a de petits morceaux d’argile de la Goajira
Une indienne au visage peint en noir nous fit ces petites formes à tête d’oiseau
Sans mains sans pieds
Mais avec une assise callipyge

Il y a aussi ces fragments d’os de seiche recueillis sur notre plage de Fos
que j’ai recouverts de signes que tu appelais mes chinoiseries

Il y a tes dernières paroles que tu m’écrivis les yeux humides
sur le canapé un matin de ce printemps maudit
Il y a tout ce que je suis en train de rassembler pour te reconstruire
Et qui m’échappe à jamais
Dans ma poche
Sur ma page
Dans ma tête ouverte à tous les sens
Et qui brise les cadres de ce pauvre petit texte
Sans voix
Sans toi
J’ai tourné et retourné sept fois la langue dans mon songe, tant et tant que je l’ai effacé. Et je suis là dans mon lit de réveil, la tête vide, sans images, après ce premier somme.
Dans un quart d’heure samedi va basculer vers ce jour où enfants on nous endimanchait.
Lors, il était interdit de marcher dans le ru, de bleuir ses doigts à la haie de mûres, de jouer au béret dans la fange du pré.
Comme souvent, mais à condition que l’on ait son cahier de nuit prêt à accueillir l’encre d’une plume, le vide créé dans ma caboche m’a permis, après un long temps de quasi hébétude, de faire émerger ses images d’un paradis enfantin que l’on croyait perdues.
Ma prose maintenant est passée, je peux refermer le cahier.
passage du 19 au 20/12/2020
Un ajout Moi et Soi
Cette histoire de soi qui s’écarte de moi, ce n’est pas que dans les livres. Je me réveille d’un court somme, (le premier de la nuit), avec la sensation d’une conscience paradoxale : je ne sais plus l’espace d’une seconde, où j’habite, quel jour on est, quelle est mon identité…Ça pourrait semer le doute, ça me donne l’énergie venue de ce courant mystérieux « antérieur à la connaissance ».
J’écris à l’oreille
C’est quelque fois nu
Et quelquefois rude
Nu comme les Sauvages
Que Montaigne admirait
Rude comme la Marseillaise
Qu’un sang impur
Fait couler dans les gosiers
Des sportifs et des mirlitaires
Mirliton tonton
Mirlitaine tontaine
J’écris à l’oreille
De sang et de neige
Les jeux de luges à Central Park
S’affichent sur mon smartphone
-Regarde pap’ ! s’écrie ma fille
en plein soleil
alors qu’ici c’est la nuit noire
On dirait une scène de Bruegel l’Ancien
C’est juste une autre manière
d’oublier le Covid

Bajo tu arco la noche duerme
Velan tus brasas
Octavio Paz
Sous ton arc dort la nuit dort
Veillent les braises
(ma traduction)
La nuit me tend son arc
El Arco y la Lira
Echos de Paz
Le bien nommé
L’arc et la lyre
La flèche de Zénon d’Élée
Qui vole immobile
Et la lyre d’Orphée
Qui fait danser les Muses
Paix aux mille soleils des insomnies
Litanies des commencements
Épiphanies des songes
Pierres vives où l’on grave nos chants
