J’ay un dictionnaire tout à part moi Je passe le temps…quand il est mauvais et incommode Quand il est bon je ne veux le passer Je m’y tiens Montaigne Je vis un temps sans montre Montre au poignet Et montre comme on dit « il s’exhibe » « Il se montre » Je vis dans la durée vécue du maintenant, Dans les livres (ma patrie) Dans l’Histoire et ma micro-histoire (qui me fait vivre le temps présent comme l’avenir du passé) Dans l’écriture (antidote à une identité figée) Je vis Mes humanités contrariées Par les ravages de la modernité, Dont le consumérisme effréné Est le symbole Je vis en retrait Cultivant l’anticonformisme …et la convivialité
SONNET DU CRÉTINOS
Et il arrive que le sonnet nous fasse dire
Ce que nous ne pensons pas
André Ughetto 1
Personne ne t’a sonné
Dit le sonnet qui s’amuse
À faire bisquer René
Philosophe sans sa Muse
Ainsi l’art de moquer
renaît Je pense et j’en use
Car dire : bon, d’accord, ok,
C’est faire douter Janus.
Mon crétinos, * dit Maman
à Marcel, que de bêtises
sur le papier tu attises !
-Mais ne crains rien, c’est pour Hahn,
Reynaldo sur son piano
Chantera mon Cogito.
1 Trois pièces d’histoire de Provence
Éditions Tituli (2021)
*Conversation avec Maman Marcel Proust (Contre Sainte-Beuve)
TROIS SETS DE NUIT
C’est la nuit avancée Bientôt cinq heures J’ai fait un premier set 1 Autour de minuit Où j’ai poursuivi lisant mes livres de chevet la pensée prolifique de mes êtres de papier Un second vers trois heures Où j’ai écrit un poème À pas de mouche et quelques aphorismes Maintenant c’est la troisième manche Où vont se refermer (l’heure aidant) les portes de l’insomnie Après le dernier somme (s’il vient) J’aurai la chance en ouvrant mes volets d’apercevoir la mer en allée avec le soleil 2 (naissant) Et à nouveau commencera ce jour Où jouant avec l’éternité Je boirai le temps À grande gorgée 3 1 partie d’un concert de jazz 2 Rimbaud 3 Abbas Beydoum (Libanais né en 1945)
LETTRE D’UN MOINE RÉSIDANT À NEW YORK
De cada dit de ploma Ma plume dont chaque doigt Fait chant des Signes Je n’imaginais pas qu’un moine vivant à New York m’écrive un jour Il a lu mon poème sur la toile intitulé Au rythme du cinéma muet Lui aussi comme Montaigne et Brassens a des coliques néphrétiques Il me remercie pour mes bonnes paroles mesurées par des vers Et m’affirme que désormais il va remplacer chaque matin ses antalgiques opiacés Par la lecture de mes posts qui fleurissent dans mon jardin imparfait
SÉPARÉS EN MILLE MORCEAUX


Encres Vives Michel Cosem Mas de Pestel 46320 Issepts joindre un chèque de 6 € 20 merci jj dorio