PAROLES VS PAROLES





NON paroles

ne sont pas

d’évangile

du Coran

de la Bible

De ces livres

Qui nous tuent

Dieu terrible

Et qui arme

l’abruti

le débile

OUI paroles

sont fragiles

qui hésitent

malhabiles

comme Achille

immobile

aux grands pas

et Cécile

le prénom

de ma fille

NON paroles

fanatiques

frénétiques

archaïques

qui fabriquent

les massacres

et l’horreur

OUI merci

aux Lumières

à Voltaire

aux laïques

à la Paix

d’une Éthique

partagée





trisyllabes d’octobre

Strom King état de New York
land art
photo Pauline Dorio
midi heure de New York
31/10/2020

J’AIMERAIS MIEUX PAS





J’aimerais mieux pas t’écrire poème

Il fait trop triste dans mon cœur
Et trop de morts en moi se meuvent





J’aimerais mieux pas

Mais voilà c’est le paradoxe

Le premier vers hardi se pose

Sans que je l’y invite

Sur cette page qui se défend

Mais n’en peut mais





J’aimerais mieux pas j’aimerais passer

Mais comme une mécanique

Ma main magnétique continue

À Dada sur mon papier





Lors me retrouve bon gré mal gré

Poète dépourvu incapable d’interrompre

Ce labeur contrefait*





Et puis flûte ! Réflexion faite

Je dois à mon grand dam le constater

En faisant à contre cœur ce poème

Tristesse et douleurs ont passé





Il était temps de l’avouer





*allusion à Clément Marot

prince des Poètes





POÈME TU VAS VERS QUI VERS QUOI ?





Les mots c’est nous      les mots sans nous

 tout aussi bien

                       1

Un feu d’herbes sèches

un visage à peine un ciel léger





la chaleur qui vient à trembler

au bord de l’autre rive





à tenter le signe

à soustraire l’ombre de la nuit

aux confins de ma pensée





2

Ce matin à tirer la ficelle du temps

à répandre le jour par un ciel gris





à dire d’une voix étouffée

toute la neige à venir





comme l’air dans sa pauvreté

une étoffe mal seyante





et l’apparence du dire

à heurter quoi

au fond de quelques mots

perdus

avant d’être prononcés

3

Poème tu vas vers qui vers quoi

peu importe ici je m’arrête





je ne puis plus rien pour toi

ta liberté se donne par ma solitude

ce que l’on dira de toi ne me délivrera de rien

que ta chaleur soit comme l’obole des morts





une page blanche

à jamais





Jean-Marie Corbusier





Mille mercis de m'avoir envoyé  cette belle page de poésie 
J.M. Corbusier conclue ainsi l'éditorial du dernier Journal des Poètes (89° année)
"Le Journal des poètes est un grand voyage, car voyager, 
comme le suggérait Proust, c'est changer de regard."

« un feu d’herbes sèches voix » piano JJ Dorio
« la ficelle du temps voix » piano JJ Dorio
« poème tu vas vers qui vers quoi » en chanson JJD

	

TROIS POÈMES POUR PERSÉVÉRER





3 poèmes écrits cette nuit (29 octobre2020)

après l’annonce du confinement général,

en temps de détresse.





Pandémie : la passé bat avec plus de force que jamais.





« il suffit que viennent à manquer les étais ou les soutiens concrets et relationnels de notre autonomie

pour que l’on se rende compte que cette vulnérabilité fondamentale, perdure la vie durant. »

Marie Garrau





1

La folle de Chaillot je ne sais plus qui c’est

Tayaut tayaut tayaut

Le roi de la pampa ça je connais bien mieux

Queneau Queneau Queneau

Fabliaux sur les parvis Poèmes in-folio

Mon dictionnaire de rimes ne connaît pas Dorio

Yoyo yoyo yoyo





2

Est-ce bien moi qui fait le zouave ?

Ou Reverdy dans la détresse ?

J’entends dans son gueuloir Gustave

Verlaine compose Sagesse

Est-ce le bon vieux temps douceâtre ?

Ou Breton au père Lachaise ?

Je cherche l’or du temps

A t-il fait inscrire sur sa pierre





Oui c’est bien moi qui fit ces tresses





3

Les pages de mes livres

Ont une vie difficile

Il y tombe des larmes

Aussi bien que des rires

Les pages de mes livres

Blanchissent dans la nuit

Putains se refont une virginité

J’aimerais que Villon les lise

Clément Marot et Jean Tardieu

Ce sont poètes qui m’inspirent

Les pages de mes livres m’obligent

à persévérer





Martigues nuit du 29 octobre 2020

PAROLES SUR LE PAPIER





EH, BIEN, ce sera une parenthèse (comme une confidence à ma lectrice).

Eh, bien, ce sera un récit pépère, mais comme si, de temps en temps,

on ajoutait une nouvelle couche (comme pour réveiller le lecteur).

Eh, bien, on ne sait trop jamais, chez ce romancier hors pair, d’où il sort

ses histoires abracadabrantesques (ce qui agace singulièrement le lecteur,

spécialiste des notes de bas de page.)

Eh, bien, sous la parenthèse, ils et elles, ne sont pas nombreux (ou nombreuses),

à saisir les railleries imperceptibles (c’est un grand livre à peau de bique).

Eh, bien, paroles sur le papier, comme le remarquait Ponge, (l’Enragé),

ne sont pas loin, au bout du conte, d’être annulées (« Il n’y a pas loin, de fait,

du papier au panier »).

annonce de confinement : mouvement 2